
Avenir de Petkovic : une montagne sans souris !
La réunion du Bureau fédéral de la Fédération algérienne de football (FAF), tenue ce samedi au Centre technique national de Sidi Moussa, n’a débouché sur aucune décision concrète concernant l’avenir de Vladimir Petkovic. Le contrat de Petkovic, rémunéré à hauteur de 130 000 euros mensuels, lui confère une protection juridique et financière considérable.
La réunion du Bureau fédéral de la Fédération algérienne de football (FAF), qui s’est tenue ce samedi au Centre technique national de Sidi Moussa sous la présidence de Walid Sadi, n’a abouti à aucune décision concrète sur l’avenir de Vladimir Petkovic. Alors que l’on s’attendait à ce que le sort de Vladimir Petkovic soit tranché, rien de significatif n’a été décidé.
La seule annonce officielle, diffusée par le journal télévisé de 20h de la télévision publique, stipule que « la commission technique nationale est désormais chargée de produire un rapport d’évaluation complet sur la participation de l’équipe nationale au Mondial, incluant un bilan du travail du sélectionneur. C’est sur la base de ce document que la FAF prétend vouloir statuer sur le sort de Petkovic ». Comme le dit l’adage : La montagne qui accoucha d’une souris.
Un message calibré pour les médias, pas pour les supporters
Ce que le journaliste de la télévision publique a communiqué au nom d’un responsable fédéral ressemble davantage à une communication de façade qu’à une véritable feuille de route. La formulation, « une décision qui servira les intérêts de la FAF et de la sélection », est suffisamment floue pour ne rien engager. Derrière ce discours poli se cache une réalité bien plus contraignante.
Vladimir Petkovic dispose d’un contrat solide, prolongé il y a seulement quelques semaines par Walid Sadi lui-même. Ce document lui assure une protection juridique et financière importante. Mettre fin à cette collaboration de manière unilatérale engagerait la FAF à des indemnités dont le montant pourrait être particulièrement lourd pour les finances fédérales. C’est précisément cette contrainte contractuelle qui explique l’immobilisme apparent de samedi.
Le paradoxe est sévère pour la Fédération : c’est la décision de Sadi de prolonger le technicien bosnien, prise dans un cadre de confiance avant le Mondial, qui prive aujourd’hui l’institution de toute véritable marge de manœuvre.
Le contrat de Petkovic, véritable nœud gordien de la FAF
Avec une rémunération de 130 000 euros mensuels selon les termes de son nouveau contrat, Petkovic aurait cependant, selon plusieurs sources, exprimé sa disposition à partir lors d’une rencontre avec Walid Sadi à Vancouver, après la défaite contre la Nati. Mais une intention verbale ne se traduit pas automatiquement en rupture contractuelle.
La FAF se trouve ainsi dans une situation délicate. Elle ne peut avancer sereinement sur la question d’un successeur, ni officialiser un départ sans en assumer le coût. Les spéculations sur un éventuel licenciement de Petkovic avaient envahi les médias dès le lendemain de l’élimination, certains mentionnant même des contacts avec l’entourage d’Éric Chelle, sélectionneur du Nigeria. Ces pistes demeurent, pour l’instant, sans fondement officiel.
La piste Anthar Yahia en veille, la succession toujours sans réponse
Pressenti par une partie du public pour reprendre les commandes de la sélection, Anthar Yahia ne semble pas être la solution choisie par la direction fédérale. Deux obstacles freinent sa candidature : le fait que Petkovic est toujours officiellement en poste et les réserves de la FAF quant à l’expérience de l’ancien capitaine des Verts pour gérer un vestiaire sous pression internationale.
La prudence affichée par l’instance fédérale sur la succession de Petkovic fait écho aux avertissements de nombreux observateurs, qui conseillent à la FAF de ne pas « corriger une erreur par une autre ». Le temps presse cependant. La CAN 2027, organisée en Tanzanie, en Ouganda et au Kenya, impose des qualifications imminentes. Chaque semaine perdue dans cette incertitude est une semaine de préparation en moins pour les Verts.
Un dossier ouvert sur toutes les hypothèses
Le feuilleton est loin d’être terminé. Le dossier du sélectionneur national reste suspendu à un rapport de commission dont la date de remise demeure inconnue. La FAF, coincée entre l’exigence populaire d’un changement et les contraintes financières d’un contrat qu’elle a elle-même signé, progresse prudemment.
Ce samedi, le CTN de Sidi Moussa n’a pas été le lieu d’une décision historique. Ce fut, au mieux, une réunion de gestion du temps. Le véritable verdict sur l’ère Petkovic et sur la capacité de la FAF à rebondir après cet échec mondial reste à écrire.
