L’Algérie, décrite par USA Today, est une puissance économique sous-estimée.
L’Algérie est désormais un hub d’investissement incontournable, avec des échanges commerciaux atteignant près de 3,5 milliards de dollars en 2025 entre les États-Unis et l’Algérie. Le secteur agricole contribue à hauteur de 15 % au PIB et génère plus de 2,4 millions d’emplois, avec le projet méga-laitier « Baladna » évalué à 3,5 milliards de dollars.
L’Algérie figure dans un rapport américain détaillé qui met en avant sa transformation en une destination d’investissement émergente en Afrique du Nord. Ce changement est soutenu par des réformes structurelles significatives et des mégaprojets ciblés dans des domaines tels que l’énergie, l’agriculture, l’industrie, les infrastructures et le tourisme.
Dans une analyse économique spéciale parue le 3 juillet 2026, le quotidien américain USA Today indique que l’Algérie est en pleine transition économique.
Avec une amélioration du climat des affaires, des réformes structurelles et des projets ambitieux, le plus grand pays d’Afrique se positionne en tant que hub d’investissement clé, placé à la croisée des chemins entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient.
Intitulé « Algérie : la prochaine frontière de l’investissement en Afrique du Nord », le rapport souligne que le potentiel économique du pays est encore largement sous-estimé au regard de sa taille.
Deuxième économie de la région, l’Algérie jouit de nombreux atouts, parmi lesquels une population majoritairement jeune et un réseau d’infrastructures en plein développement.
Le document met également en lumière un changement significatif dans les relations entre l’Algérie et les États-Unis. Alors que la coopération bilatérale a longtemps été centrée sur des questions de sécurité, elle évolue désormais vers des axes économiques et d’investissement.
En 2025, les échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Algérie ont atteint près de 3,5 milliards de dollars, illustrant la volonté d’Alger de diversifier ses partenariats et de consolider sa présence sur le marché américain.
Des partenariats économiques en pleine expansion
Cette dynamique s’est concrétisée fin 2025 avec le lancement d’une offensive diplomatique économique vers les États-Unis. En mai 2026, une délégation de 24 entreprises publiques et privées, dirigée par le Conseil renouveau économique algérien (CREA), a participé au sommet de l’investissement SelectUSA dans le Maryland avec l’objectif d’attirer de nouveaux investissements industriels et commerciaux.
Le secteur de l’énergie reste le principal moteur de cette croissance. Avec les dixièmes plus grandes réserves mondiales de gaz naturel et les troisièmes de gaz de schiste, le pays s’appuie sur son géant national Sonatrach, la plus grande entreprise d’Afrique par chiffre d’affaires, qui a enregistré des revenus de 77 milliards de dollars.
Sonatrach met en œuvre un plan d’investissement ambitieux de 50 milliards de dollars pour la période 2026-2030, dont 70 % sont affectés à l’exploration et à la production. Des discussions avancées ont lieu avec les géants américains ExxonMobil et Chevron pour le développement des champs gaziers non conventionnels.
En matière de transition énergétique, l’Algérie a de grandes ambitions avec un objectif de 22 GW de capacité de production d’énergies renouvelables d’ici 2030. De plus, le pays envisage d’exporter plus d’un million de tonnes d’hydrogène vert par an d’ici 2040, notamment via le projet South H2 Corridor, un réseau de pipelines de plus de 2 000 milles reliant l’Algérie à l’Europe, tout en s’engageant à atteindre zéro émission de torchage de méthane d’ici la fin de la décennie.
Les nouveaux moteurs de la croissance : Agriculture et Mines
Dans le secteur agricole, l’Algérie intensifie ses efforts vers la sécurité alimentaire. L’agriculture représente désormais 15 % du PIB et crée plus de 2,4 millions d’emplois.
Le rapport met en exergue le projet méga-laitier algéro-qatari « Baladna », estimé à 3,5 milliards de dollars et couvrant 117 000 hectares dans le Sud. Ce projet, entré dans sa deuxième phase en avril 2026, vise à satisfaire 50 % des besoins nationaux en lait en poudre et à créer 15 000 emplois en Algérie, avec une importation initiale de 30 000 vaches laitières américaines, pour atteindre un total de 240 000 têtes.
Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Oualid, a indiqué que près de la moitié de la production agricole provient désormais des régions du Sud, autrefois considérées comme arides, grâce aux technologies modernes et à l’exploitation des nappes phréatiques.
Dans le domaine minier, le gisement de fer de Gara Djebilet est décrit comme l’un des plus grands réservoirs inexploités dans le monde, avec 3,5 milliards de tonnes. L’exploitation pilote a débuté en partenariat avec des consortiums chinois, en même temps que l’on construisait une ligne ferroviaire minière de 590 milles reliant le site à Béchar et au réseau industriel national, ouvrant la voie à une production potentielle de dizaines de millions de tonnes par an.
Modernisation des infrastructures et réformes financières
L’Algérie renforce ses infrastructures de transport avec plus de 90 000 milles de routes, 1 000 milles d’autoroutes, et un réseau ferroviaire enrichi de 1 000 milles de voies supplémentaires entre 2020 et 2025.
Le port stratégique de Djen Djen est également en cours de transformation pour devenir une plateforme logistique clé en Méditerranée.
Avec une population de 47 millions d’habitants, dont 70 % ont moins de 40 ans, et un PIB établi à 269,3 milliards de dollars en 2024, l’économie algérienne bénéficie d’une base démographique et financière robuste.
Dans le secteur des télécommunications, le pays se prépare au déploiement de la 5G afin de soutenir l’industrie intelligente et l’agriculture de précision.
Parallèlement, les réformes financières s’accélèrent par la numérisation des douanes, des impôts et du foncier, le libre transfert des bénéfices, ainsi que par la modernisation bancaire, illustrée par l’introduction en bourse du Crédit Populaire d’Algérie (CPA) et la montée de la finance islamique.
Le nouveau code de l’investissement propose des avantages fiscaux et douaniers pouvant aller jusqu’à cinq ans pour les grands projets, un atout important pour attirer des capitaux étrangers.
Tourisme, Pharmacie et Start-ups : Les secteurs de demain
Le rapport décrit l’Algérie comme « l’une des dernières frontières touristiques inexploitées de la Méditerranée ».
Avec ses 1 000 milles de côtes, des sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO comme Timgad, Djemila ou le Tassili n’Ajjer, et des paysages variés du grand Sahara à Djanet et dans le Hoggar, le gouvernement vise à attirer 12 millions de visiteurs par an d’ici 2030, contre 2,2 millions en 2023. Pour soutenir cette ambition, Air Algérie a investi 2 milliards de dollars dans la modernisation de sa flotte.
Dans l’industrie pharmaceutique, l’Algérie est devenue un leader sur le continent avec un taux de couverture locale des besoins en médicaments allant de 80 % à 83 %, contre seulement 54 % avant 2020.
Cette progression s’appuie sur un réseau de 230 unités de production, représentant plus d’un tiers de la capacité totale d’Afrique. Le groupe public Saidal et des acteurs privés tels que Biopharm s’engagent désormais à produire localement des matières premières, de l’insuline et des traitements contre le cancer.
Enfin, l’économie numérique fait face à une croissance sans précédent. Le nombre de start-ups a bondi de 250 entreprises en 2020 à plus de 10 000 aujourd’hui, soutenu par de nouveaux mécanismes de financement en capital-risque, confirmant l’orientation résolue de l’Algérie vers l’avenir.
