Incendies : « Une situation exceptionnelle » et sapeurs-pompiers « en rupture capacitaire »
Des centaines de pompiers ont lutté contre des incendies dans les départements de l’Hérault, de l’Aude, du Var et des Bouches-du-Rhône depuis mercredi. Selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, il manquerait 50.000 pompiers volontaires d’ici 2030 pour faire face aux enjeux du changement climatique et à la hausse des interventions.
Les incendies de forêt se propagent dans les départements de l’Hérault, de l’Aude, du Var et des Bouches-du-Rhône, où des centaines de pompiers se battent depuis mercredi contre des feux alimentés par le vent, la sécheresse et la chaleur. Cette situation est qualifiée d’« exceptionnelle » par les syndicats de sapeurs-pompiers, qui font face à un manque d’effectifs.
Eric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, a expliqué sur France Info le 27 juin qu’il y avait eu une « augmentation de 51 % des prises d’appels chez les sapeurs-pompiers » pendant la période de canicule de la semaine du 22 juin. Cette demande pourrait encore s’intensifier tout au long de l’été.
Frédéric Monchy, président du syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels (SNSPP-PATS), s’inquiète des difficultés à gérer la saison à venir. Selon lui, « la profession s’apprête à connaître une saison de feux de forêt particulièrement exceptionnelle et compliquée ». Au 2 juillet, « on parle de 2.000 hectares brûlés en plus par rapport à l’année dernière » à la même date.
Monchy souligne que les crises s’enchaînent, des feux de forêts aux inondations, « en été comme en hiver ». Ces phénomènes requièrent beaucoup de disponibilité de la part des services. Tom Burggraeve, secrétaire général adjoint du Syndicat national des sapeurs-pompiers volontaires (SNSPV), dont les équipes basées dans le nord de la France s’apprêtent à se déployer vers le sud, note que les casernes « sont toujours en recherches de sapeurs-pompiers volontaires » pour des interventions locales.
Le défi ne réside pas seulement dans le recrutement de sapeurs-pompiers, car beaucoup souhaitent s’engager contre les conséquences du changement climatique, tels que les feux de forêts et les crues. Le véritable enjeu est de les fidéliser. Burggraeve insiste sur la pression subie par les équipes et dénonce un système qui « n’est pas fait pour que ça fonctionne bien ». Cela est dû à divers facteurs comme les emplois du temps de pompiers professionnels, les difficultés administratives, incluant de nombreux refus de mutations, et surtout, une question budgétaire qui ralentit l’embauche de nouveaux agents. « Quand 450 pompiers entrent, 450 pompiers sortent », déplore Tom Burggraeve.
Frédéric Monchy rappelle que « nous sommes toujours en carence et ça ne concerne pas que les départements du sud de la France ». Il estime que sa profession est « à la limite de la rupture capacitaire » et souligne qu’il faudrait au moins 25 % d’effectifs de pompiers professionnels supplémentaires pour couvrir le risque courant. Il ajoute que les épisodes caniculaires récents et à venir rendent la situation encore plus pressante.
Selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, il manquerait 50.000 pompiers volontaires d’ici 2030 pour faire face aux enjeux liés au changement climatique et à l’augmentation des interventions.
