« Trump appelle les États-Unis ‘chef-d’œuvre de l’humanité’ pour le 250ème anniversaire »
Dan Jahncke, 44 ans, juge l’ordre d’évacuation « compréhensible mais regrettable » et souligne que le 250e anniversaire de son pays « c’est une occasion monumentale, qui ne se présentera qu’une fois dans ma vie ». Le président américain Donald Trump a livré un discours patriotique et rendu hommage à de nombreux anciens combattants, qualifiant les États-Unis de « chef-d’œuvre de l’histoire de l’humanité ».
Alors que les premiers éclairs illuminent le ciel, Dan Jahncke, 44 ans, considère cet ordre d’évacuation comme « compréhensible mais regrettable ». Pour cet homme venu du Michigan, le 250e anniversaire de son pays représente « une occasion monumentale, qui ne se présentera qu’une fois dans ma vie ». Autour de lui, le désordre s’installe. Tandis que certains se dirigent calmement vers la sortie, sous le regard vigilant des policiers, d’autres restent sur les pelouses, les avions militaires continuant à survoler l’événement avec un bruit assourdissant.
À un moment donné, des spectateurs pensant que l’alerte était levée commencent à courir pour retourner à leur place. Cependant, leurs espoirs sont rapidement anéantis par un message du Secret Service leur ordonnant de quitter les lieux immédiatement. Ce message est accueilli par des huées et des chants « USA! USA! ». Lynn Surayan, 43 ans, coiffée d’une casquette Trump, déclare : « Tout le monde a attendu pendant des heures dans les files de contrôle de sécurité. Je comprends que la météo soit une préoccupation, mais les images satellite ne montrent pas vraiment grand-chose », dit-elle.
Arrivée d’Hawaï pour l’occasion, elle exprime sa « déception » : « D’autant plus qu’on ne comprend pas vraiment ce qui se passe. On ne sait pas si on va pouvoir rentrer de nouveau. Faire repasser le contrôle de sécurité à des dizaines de milliers de personnes pour les faire revenir… ». Elle attend avec impatience le discours présidentiel et le feu d’artifice prévu ensuite.
Après avoir été repoussée vers les sorties par la police et les gardes nationaux, la foule se disperse dans les rues environnantes, balayées par le vent et la pluie. Certains ont prévu des ponchos et des imperméables, tandis que d’autres sont simplement habillés de shorts et de t-shirts, majoritairement aux couleurs rouge, blanche et bleue des États-Unis.
Beaucoup de spectateurs patientent devant les sorties, espérant pouvoir de nouveau accéder au Mall. Ni l’orage ni l’évacuation ne diminuent leur détermination. « Franchement, je préférais rester et me faire tremper plutôt que de partir », confie Catherine Witt, 69 ans, retraitée d’Atlanta. « On était prêts. On s’attendait à ce qu’il pleuve. » Venue avec son fils, elle raconte avoir attendu une heure et demie avant de pouvoir entrer : « Il faisait une chaleur étouffante, mais on était contents d’être enfin dedans. Maintenant qu’on est dehors, est-ce qu’on est plus en sécurité face à la météo ? Non. Alors pourquoi faire sortir tout le monde ? ».
Les orages, fréquents durant l’été dans cette région, entraînent l’application de protocoles stricts pour les événements publics en extérieur en cas d’éclair. En juin dernier, à Philadelphie, près de Washington, un match de Coupe du monde a été interrompu pendant plus de deux heures à cause de la météo.
Très tard dans la nuit de samedi, après la fin de l’épisode orageux et devant une foule conséquente, Donald Trump prend finalement la parole. Dans un discours empreint de patriotisme, il rend hommage aux États-Unis, qu’il qualifie de « chef-d’œuvre de l’histoire de l’humanité ». « On adore Trump, on a adoré son discours », confie Richard Sullivan, 70 ans, venu de Virginie avec son épouse Nancy. « Il a évoqué notre grande histoire et a eu un mot pour les anciens combattants présents. Il nous rend fier d’être Américains. »
Dimanche débute et le Mall peut alors s’embraser, prêt à accueillir un feu d’artifice que le président américain a promis grandiose.
Dans son discours, Donald Trump a célébré les États-Unis, les qualifiant de « chef-d’œuvre de l’histoire de l’humanité », tout en renouvelant ses attaques contre ses adversaires politiques qu’il qualifie de « communistes ». Bien qu’il ait rendu hommage à de nombreux anciens combattants, très respectés aux États-Unis, il n’a pas tenu le meeting de campagne électorale qu’il avait annoncé. « Ce drapeau est l’étendard de la plus extraordinaire, de la plus exceptionnelle, de la plus incroyable nation à avoir jamais existé sur Terre », a-t-il proclamé, décrivant les États-Unis comme « la terre de la liberté ».
Le président républicain en a également profité pour répéter sa rhétorique actuelle contre la « menace communiste » que représente, selon lui, l’opposition démocrate, à l’approche des élections cruciales de mi-mandat en novembre. « Nos soldats ne se sont pas battus sur les champs de bataille à travers le monde pour que cette affreuse menace ressurgisse ici, en Amérique », a-t-il déclaré. « Nous ne laisserons pas ça arriver. »
