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Coupe du monde 2026 : l’équipe cap-verdienne a failli battre l’Argentine

L’Argentine a débuté son match contre le Cap-Vert avec une performance jugée décevante, inscrivant un but grâce à Lisandro Martinez dans le second quart-temps. Le Cap-Vert a égalisé à 2-2 au cours de la prolongation grâce à Sidny Cabral, avant que l’Argentine ne marque à nouveau par Romero, remportant ainsi le match.

De notre envoyé spécial à Buenos Aires (Miami),

Une pause fraîcheur aurait pu nous tromper. Face à la performance décevante de l’Argentine lors du premier quart-temps de ce seizième de finale contre le Cap-Vert, dans une ville de Miami qui s’était transformée en clone de Buenos Aires ces dernières 48 heures, nous avons pensé qu’un détour aux toilettes serait une bonne idée. Et au pire, si nous revenions avec une minute de retard au début du second quart-temps, il ne se passerait probablement pas grand-chose. Que nenni, Hortense !

C’est précisément à ce moment que les champions du monde en titre ont décidé de passer à l’action et d’inscrire un but inspiré de celui de Bergkamp contre l’Argentine au stade Vélodrome en 1998. Avec Lisandro Martinez dans le rôle de Franck de Boer et Leo Messi dans celui de l’inoubliable Dennis. Une passe magnifique de 25 mètres pour le premier, suivie d’un contrôle parfait et d’une frappe enroulée sous la barre par le second. Quel spectacle !

Le Cap-Vert

Et après ? Eh bien, après, plus rien jusqu’à la pause, comme si l’équipe de Scaloni pensait que l’essentiel était déjà accompli et qu’il était temps de retourner à leur sieste. Cependant, étant l’Argentine, championne du monde en titre, et avec le GOAT de la discipline sur le terrain, on aurait pu croire que l’Albiceleste souhaitait faire passer un message fort, surtout en comparaison avec les performances impressionnantes d’autres favoris comme la France ou l’Espagne. Et nous passerons sous silence les milliers de supporters argentins qui avaient fait le déplacement à Miami pour voir leur équipe… Le manque de respect était total.

Le retour des vestiaires a confirmé l’impression désagréable du premier acte, avec une équipe trop sûre de sa domination, persuadée qu’un adversaire comme le Cap-Vert ne pourrait pas constituer une menace. C’était méconnaître le karma et l’équipe de Bubista, quart de finaliste surprise de la dernière CAN, déterminée à profiter de cette arrogance.

Sur une belle action menée côté droit, l’ancien Lillois Rayan Mendes a profité des erreurs de la défense argentine pour servir Duarte, qui a fusillé Emiliano Martinez de près, permettant ainsi d’égaliser dans un silence de cathédrale. À deux mètres de nous, dans le box réservé à la presse, les deux journalistes cap-verdiens étaient sur le point de se lever de leur siège tandis que tout le banc des Requins Bleus se précipitait vers le buteur pour célébrer frénétiquement au coin du terrain.

La fin de la folie ? Que nenni !

Cela a suffi à réveiller fierté et détermination chez les Argentins, désormais confrontés à onze guerriers résolus à ne pas se laisser faire, eux qui n’avaient jamais perdu un match en Coupe du monde (trois nuls en phase de groupes) et que personne ne sous-estimait plus.

À trois reprises, les joueurs du Cap-Vert ont failli faire chavirer l’équipe de Messi. Une superbe claquette du gardien sur un coup franc de Messi dirigé vers la lucarne, un sauvetage miraculeux de Pico Lopes, Irlando-Cap Verdien né à Dublin, et une autre magnifique parade de Vozinha sur un coup de pied arrêté de la Pulga, légèrement dévié par un tibia adverse. Au final, cette vaillante équipe, que personne ne voyait à ce niveau de la compétition, a réussi à pousser les vainqueurs du Qatar 2022 en prolongation, un exploit historique mémorable.

Logiquement, lors de notre deuxième pause pipi (véridique), l’Albiceleste a repris l’avantage deux minutes après le reprise, grâce à un but de Lisandro Martinez sur corner. Mais il était clair que cette soirée serait mémorable et, après avoir fait le plus difficile (pensaient-ils encore), les Argentins ont observé, les yeux ébahis, le superbe but de Sidny Cabral, qui a miraculeusement enroulé un tir du droit depuis l’angle de la surface dans la lucarne opposée de « Dibu » Martinez (2-2, 103e).

« Dibu » sauve l’Albiceleste d’une humiliation historique

Blessez leur fierté, et les Ciel et Blanc ont alors misé sur leur cher numéro 10 et son pied droit pour placer un corner sur la tête de Romero, trompant une troisième fois un Vozinha désemparé (111e), l’image même de sa formation. La libération ? Pas vraiment. Car les Requins Bleus ne pouvaient se résoudre à quitter la Coupe du monde (par la grande porte) sans faire trembler une fois de plus Emiliano Martinez, qui a été leur sauveur dans une ambiance électrique, avant que l’arbitre ne mette un terme à ce match éprouvant pour le cœur.

Le visage de Scaloni après le but libérateur de Romero, la tête basse et les yeux essuyés avec les doigts, indique que la fête n’est pas au programme dans les jours à venir. Aucun soulagement. Les champions du monde en titre ont frôlé une humiliation mondiale, et il faut l’admettre, cela ne nous aurait pas déplu. Mais une revanche entre la France et l’Argentine en finale à New York le 19 juillet nous satisferait tout autant.