Cancer du pancréas : une découverte qui pourrait changer la donne.
Un traitement ciblé associant le médicament expérimental zoldonrasib à la chimiothérapie a montré une réponse tumorale chez 82 % des patients atteints d’un cancer du pancréas avancé, contre 61 % dans le groupe recevant gemcitabine et nab-paclitaxel. L’étude a été réalisée sur 81 patients n’ayant pas reçu de traitement préalable et a mis en évidence que l’ajout du traitement ciblé n’a pas entraîné de nouveaux effets secondaires.
Un nouveau traitement ciblé pourrait représenter une avancée majeure dans le traitement du cancer du pancréas à un stade avancé, selon une étude clinique américaine qui a révélé des résultats préliminaires considérés comme prometteurs.
Ces résultats, présentés lors du congrès de la Société européenne d’oncologie digestive 2026 à Munich, montrent que l’association d’un médicament expérimental avec une chimiothérapie entraîne une réduction significative des tumeurs, sans effets secondaires inattendus.
Le cancer du pancréas demeure l’un des cancers les plus agressifs et les plus difficiles à traiter. Il est souvent détecté à un stade avancé en raison de symptômes peu visibles au début de la maladie. Le taux de survie à cinq ans ne dépasse pas environ 3 %, malgré les traitements disponibles.
D’après les chercheurs de l’Institut du cancer Dana-Farber à Boston, environ 90 % des patients ont une mutation du gène KRAS, la mutation KRAS G12D représentant une part importante des cas. Cette mutation, longtemps jugée difficile à cibler, fait l’objet de nouvelles approches thérapeutiques.
Parmi celles-ci se trouve le médicament expérimental zoldonrasib, qui cible directement la protéine mutée responsable de la croissance tumorale, à la différence de la chimiothérapie qui affecte toutes les cellules à division rapide.
L’étude a porté sur 81 patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique n’ayant pas reçu de traitement antérieur. Ils ont été répartis en deux groupes : le premier a reçu le zoldonrasib associé au protocole FOLFIRINOX modifié, tandis que le second a été traité avec une combinaison de gemcitabine et nab-paclitaxel.
Les résultats indiquent une réponse tumorale chez 82 % des patients du premier groupe, contre 61 % dans le second. Le contrôle de la maladie a été observé chez 96 % des patients traités par FOLFIRINOX et 90 % dans l’autre groupe.
Au-delà de la réduction tumorale, les chercheurs ont également constaté une diminution significative des marqueurs sanguins liés au cancer. Tous les patients évaluables ont montré une baisse d’au moins 50 % de ces marqueurs. De plus, une disparition complète des signes de cancer dans le sang a été notée chez 47 % des patients du premier groupe et 71 % du second.
Concernant la tolérance, les scientifiques rapportent que l’ajout du traitement ciblé n’a pas entraîné de nouveaux effets secondaires. Les effets indésirables observés sont ceux habituellement associés à la chimiothérapie, tels que nausées, diarrhées, fatigue et baisse des globules blancs, sans aucun décès attribué au traitement.
Les chercheurs estiment que le ciblage de la mutation KRAS G12D constitue l’une des voies les plus prometteuses dans la recherche contre le cancer du pancréas. Ils soulignent que ces résultats ouvrent la voie à des combinaisons thérapeutiques potentiellement plus efficaces et mieux tolérées.
