Météo en Belgique : d’autres épisodes caniculaires à prévoir cet été ?
En Belgique, Uccle a connu sa journée la plus chaude de l’année 2026, avec 35,3 °C relevés vendredi 26 juin. Selon Fred Decker, “l’anticyclone devrait plutôt concerner le nord-est de l’Europe en septembre 2026, apportant des conditions météo chaudes et sèches de la Scandinavie à la Pologne jusqu’en Ukraine.”

Après une première vague de chaleur exceptionnelle, qui a impressionné en Belgique et provoqué de nombreux records en Europe, une question se pose : l’été 2026 va-t-il poursuivre cette tendance ? Ces derniers jours, une chaleur intense a touché une grande partie du continent, avec des températures soit proches soit supérieures à 40 °C dans plusieurs pays, des records ayant été enregistrés notamment en Allemagne, en Pologne, en Autriche et en Tchéquie. En Belgique, Uccle a également connu sa journée la plus chaude de l’année 2026, atteignant 35,3 °C le vendredi 26 juin.
Pour y voir plus clair, il est nécessaire d’approfondir au-delà des prévisions classiques à 5 ou 10 jours. On aborde alors le domaine des prévisions saisonnières : des modèles spécifiques qui ne se limitent pas à prévoir le temps qu’il fera à un moment précis, mais qui évaluent les tendances générales sur plusieurs semaines ou mois.
Ces prévisions s’appuient notamment sur les modèles saisonniers du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, l’ECMWF (European Centre for Medium-Range Weather Forecasts). Son système saisonnier SEAS5 est mis à jour chaque mois, reposant sur 51 simulations, et fournit des tendances jusqu’à sept mois à l’avance. Copernicus souligne toutefois qu’il ne s’agit pas d’une météo détaillée jour par jour, mais d’une estimation probabiliste des grandes anomalies : plus chaud ou plus froid que la normale, plus sec ou plus humide que la normale.
Juillet : chaleur, soleil et blocage anticyclonique
Selon Fred Decker, les signaux sont clairs : juillet 2026 pourrait demeurer très estival sur une grande partie de l’Europe de l’Ouest et du Centre.
“Un anticyclone risque de rester en situation de blocage sur les îles Britanniques pendant une grande partie du mois de juillet 2026, apportant des conditions météorologiques très estivales, avec du soleil, de la chaleur, de la sécheresse et quelques orages sur une vaste zone de l’Europe centrale et occidentale.”
Ce type de situation est bien connu des météorologues. Lorsqu’un anticyclone se fixe durablement, il agit tel un couvercle : les perturbations atlantiques sont repoussées, l’air se chauffe progressivement, les sols s’assèchent, et les orages constituent souvent le seul moyen de rafraîchir la situation, mais de manière très irrégulière.
Pour la Belgique, ce scénario évoque un mois de juillet souvent chaud, ensoleillé et relativement sec, bien que quelques orages restent envisageables, surtout lors de conflits de masses d’air ou à la lisière de la zone anticyclonique.
La conclusion majeure : juillet risque de prolonger l’ambiance estivale, avec la possibilité de nouveaux pics de chaleur, sans pouvoir toutefois prévoir leur intensité précise à ce stade.
Août : un été qui pourrait perdre de sa superbe
Le scénario évolue ici de manière significative. D’après Fred Decker, août 2026 pourrait s’avérer très distinct de juillet.
“Août 2026 risque d’être radicalement opposé à juillet et peu estival sur une grande partie de l’Europe.”
Le prévisionniste mentionne une circulation plus dépressionnaire entre l’ouest et le nord du continent. En clair : les perturbations atlantiques pourraient suivre un chemin plus naturel vers l’Europe, avec plus de nuages, de vent, de pluie et une sensation météo parfois bien moins estivale.
“Les dépressions devraient circuler plus fréquemment entre l’ouest et le nord du vieux continent, apportant des conditions plutôt humides et relativement fraîches.”
Pour la Belgique, cela n’implique pas nécessairement un mois froid au sens strict. Les cartes des anomalies de température ne révèlent d’ailleurs pas un déficit thermique général. Cependant, la sensation peut être bien différente : moins de soleil, plus de zones pluvieuses, des journées grises, plus venteuses, donnant une impression de fraîcheur malgré des températures parfois similaires aux normales.
C’est un point capital : en été, un mois peut être statistiquement “normal” en température, mais paraître décevant si le soleil est absent et si les averses sont fréquentes.
Septembre : une rentrée sous influence instable ?
Encore une fois, la réponse est nuancée. Le scénario proposé par Fred Decker place l’anticyclone plutôt vers le nord-est de l’Europe, apportant des conditions chaudes et sèches de la Scandinavie à la Pologne et à l’Ukraine. Néanmoins, plus à l’ouest et vers le sud du continent, les basses pressions pourraient demeurer influentes.
“L’anticyclone devrait principalement affecter le nord-est de l’Europe en septembre 2026, fournissant des conditions météo chaudes et sèches de la Scandinavie à la Pologne et jusqu’en Ukraine.”
Inversement, le prévisionniste envisage un temps plus perturbé allant des îles Britanniques vers l’ouest et le sud de l’Europe.
“Des basses pressions risquent de dominer largement des îles Britanniques jusqu’au bassin méditerranéen, apportant de nombreuses pluies.”
Pour la Belgique, la situation pourrait donc rester indécise : selon le positionnement précis de l’anticyclone et des basses pressions, notre pays pourrait être situé dans une zone de transition. Cela pourrait signifier un mois potentiellement encore doux, voire chaud par moments, mais avec un risque accru de passages pluvieux ou orageux, surtout si les perturbations atlantiques parviennent à s’étendre vers nos régions.
Septembre pourrait donc ne pas ressembler à une prolongation tranquille de l’été, mais plus à un mois de transition, parfois doux, parfois instable.
