
CTAF : le blanchiment d’argent ne cesse de dominer la criminalité financière en Tunisie
La Tunisie a enregistré une augmentation des déclarations d’opérations financières suspectes, passant de 446 en 2020 à 1 334 en 2025, selon la Commission tunisienne des analyses financières (CTAF). Les déclarations liées au financement du terrorisme ont reculé, représentant environ 4 % des dossiers entre 2021 et 2025, puis près de 1 % au cours des trois dernières années.
La Tunisie connaît une augmentation significative des déclarations d’opérations financières suspectes, passant de 446 en 2020 à 1 334 en 2025, soit un presque triple en six ans, comme le révèle un rapport de la Commission tunisienne des analyses financières (CTAF) rattachée à la Banque centrale de Tunisie.
Dans le même temps, les déclarations liées au financement du terrorisme ont considérablement diminué, représentant environ 4 % des dossiers entre 2021 et 2025, puis seulement près de 1 % au cours des trois dernières années. Celles-ci sont désormais largement supplantées par les cas de blanchiment d’argent, qui constituent au moins 96 % des signalements.
Ces informations proviennent d’une note analytique stratégique intitulée “Financement du terrorisme en Tunisie : enseignements tirés des dossiers transmis entre 2020 et 2025”, qui repose sur l’analyse de 69 dossiers transmis au procureur de la République. Cette étude a pour but d’identifier les principales typologies de financement illicite et de renforcer les mécanismes d’alerte précoce pour les institutions financières et les autorités de contrôle. Selon la CTAF, cette augmentation des déclarations de soupçon illustre une amélioration du dispositif de renseignement financier, une meilleure conformité des institutions concernées, ainsi qu’une sensibilisation accrue aux risques liés à la criminalité financière.
Les banques et l’Office national des postes sont les principaux acteurs à faire ces déclarations, suivis par les compagnies d’assurance et de réassurance, les institutions de microfinance, les établissements de paiement et les sociétés de leasing. Le rapport met également en exergue que les infractions les plus fréquemment associées aux cas étudiés sont les infractions fiscales (28 %), le trafic de migrants (27 %) et les escroqueries (9 %), ainsi que diverses formes de fraude, de contrebande et de vol.
Les transferts financiers internationaux et les transactions en espèces se présentent comme les principaux modes opératoires, chacun représentant 29 % des cas analysés. Le commerce international et les associations sont également les secteurs les plus concernés, chacun englobant 26 % des déclarations, suivis par les sociétés de services avec 7 %.
La Commission rappelle que ces résultats reposent sur les déclarations transmises par les banques, les institutions financières, les services postaux, les compagnies d’assurance et les sociétés de leasing, conformément à la loi organique de 2019 relative à la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent. Enfin, la CTAF annonce avoir renforcé son dispositif depuis 2021 grâce à la plateforme électronique GoAML, intégrant des améliorations dans le traitement, l’analyse et la détection des opérations suspectes, ce qui renforce l’effectivité du système national de renseignement financier.
