Le Defender bientôt « Made in USA » : l’accord surprise de Stellantis ?
Le groupe britannique Jaguar Land Rover a réalisé 28 155 livraisons en Amérique du Nord au premier trimestre, représentant 30 % de ses ventes mondiales. Un protocole d’intention non contraignant a été signé en mai 2026 entre Jaguar Land Rover et Stellantis concernant la production d’un Defender dédié au marché américain.
Le prochain Defender pourrait être fabriqué par Stellantis aux États-Unis pour le marché local. Cette stratégie permettrait à Land Rover d’éviter des droits de douane tout en générant des revenus pour Stellantis dans une usine qui n’est pas pleinement utilisée.
Parmi les accords remarquables dans l’industrie automobile, figure celui entre Stellantis et Jaguar Land Rover, un partenariat inattendu. Le groupe britannique vise à développer ses activités en Amérique, avec l’ambition de les égaler à son ensemble actuel. C’est une ambition considérable, presque irréaliste sur le papier, mais elle repose sur une réalité palpable : au premier trimestre, l’Amérique du Nord est devenue le principal marché du groupe avec 28 155 livraisons, représentant 30 % de ses ventes mondiales. À l’inverse, la Chine ne représente plus que 6,7 %. Comme de nombreux constructeurs, Jaguar Land Rover traverse des difficultés en Chine.
Il reste à voir si cette stratégie axée sur le marché américain, où 44 % des voitures vendues dépassent les 50 000 dollars, saura résister à une éventuelle détérioration de la conjoncture. Se fier à un seul marché, même s’il est riche, comporte toujours des risques.
Le point le plus concret de cette nouvelle stratégie demeure l’accord avec Stellantis qui, comme de nombreux acteurs du secteur, cherche des moyens d’économiser. L’idée est de produire un Defender spécialement conçu pour le marché américain, potentiellement dans une usine Stellantis sous-utilisée aux États-Unis. Aucune décision officielle n’a été prise, mais l’analyse économique est simple.
Il est à noter que cet accord reste un protocole d’intention non contraignant, signé en mai 2026 par les deux entreprises. Aucun site de production n’a été définitivement choisi, bien que des usines Stellantis en Amérique du Nord, comme celle de Toledo dans l’Ohio, qui produit déjà des Jeep, soient mentionnées dans la presse américaine. Par conséquent, le projet pourrait ne jamais donner naissance à un véhicule.
Le Defender actuel, produit à Nitra en Slovaquie, fait face à des droits de douane qui ont augmenté de 2,5 % à 15 % depuis les décisions commerciales de l’administration Trump. Produire localement permettrait d’éviter cette taxe.
Il est quelque peu ironique qu’un SUV symboliquement « britannique » puisse être assemblé dans une usine américaine, gérée par un groupe franco-italo-américain.
Un autre indicateur de l’évolution en cours est que JLR assouplit sa stratégie électrique pour l’Amérique du Nord. Tirant parti d’un assouplissement des normes d’émission et de l’abandon de certaines obligations concernant les véhicules électriques, le groupe compte introduire davantage de motorisations thermiques et hybrides.
La plateforme EMA, initialement créée pour des modèles électriques de taille moyenne, intégrera également des variantes hybrides. Le premier modèle sur cette base sera un nouveau Range Rover, qui héritera de l’esprit du Velar avec une silhouette plus basse, attendu d’ici la fin de l’année.
Un Defender compact, en versions électrique et hybride, suivra. En revanche, Jaguar s’engage résolument vers une transition 100 % électrique, avec la berline Type 01 toujours prévue avant la fin de l’année. Ce modèle avait suscité des critiques lors de la présentation de son concept-car, notamment en matière de design, mais celles-ci doivent être nuancées après la présentation de la Luce de Ferrari, qui a également été controversée sur ce point.
