La guerre en Iran impacte la croissance de l’économie belge : pessimisme.
L’année dernière, la croissance belge était d’environ 1%. Actuellement, l’inflation en Belgique est à 4%, ce qui est plus élevé que dans le reste de la zone Euro qui est de 3,2%.
L’année dernière, la croissance en Belgique s’est élevée à environ 1%. Elle devrait chuter de moitié d’ici 2026, atteignant environ 0,5%. Cette situation s’explique par la vulnérabilité de l’économie belge face aux chocs énergétiques. La guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz ont eu un impact direct sur cette croissance. « Si cette situation devait perdurer, elle risque de provoquer une nouvelle série d’effets négatifs autorenforçant », explique Pieter Timmermans, CEO de la FEB. Actuellement, l’inflation en Belgique est de 4%, plus élevée que dans le reste de la zone euro qui est à 3,2%.
Dans son étude, la FEB a interrogé ses membres ainsi que divers secteurs d’activité en Belgique. Les résultats montrent un pessimisme grandissant chez les entrepreneurs : 45% des secteurs rapportent une baisse de l’activité, alors que ce chiffre n’était que de 20% il y a six mois. Par ailleurs, 80% des secteurs font état d’une diminution de leur rentabilité au cours des six derniers mois, par rapport à 40% en novembre 2025. Enfin, 60% des secteurs prévoient une réduction d’effectifs dans les six mois à venir.
« L’indicateur général du sentiment économique en avril place la Belgique tout en bas du classement. Cet indicateur prend en compte le ressenti des entreprises et des consommateurs au sein de l’Union européenne. Plus la guerre au Moyen-Orient se prolonge, plus le risque d’érosion de la confiance des ménages et des entreprises augmente », selon l’étude de la Fédération des entreprises de Belgique.
La FEB s’inquiète particulièrement de la succession de crises affectant l’économie belge. « Nous avons connu des crises en 2008 avec la crise financière, suivie de la crise de compétitivité entre 2012 et 2014. Notre baromètre conjoncturel était alors en dessous de zéro, avant de remonter. Toutefois, depuis 2020 et le Covid, notre indicateur est presque toujours sous ce seuil. Cela fait six à sept ans que nous stagnons, essayant de ne pas sombrer. Nous respirons un peu, puis nous replongeons. C’est une vraie différence par rapport aux périodes précédentes », souligne Edward Roosens, chef économiste de la FEB.
Tous les secteurs interrogés n’ont pas répondu de la même manière à cette nouvelle crise. L’industrie belge demeure particulièrement éprouvée, notamment dans les domaines de l’acier, du verre, du papier, du textile, de la chimie et de la construction mécanique. La situation est également préoccupante dans le secteur de la construction. « Le conflit au Moyen-Orient entraîne une hausse des coûts des matériaux de construction, affectant la rentabilité du secteur et poussant les consommateurs à hésiter dans leurs projets », observe la FEB.
Le secteur commercial ne fait pas preuve d’un optimisme meilleur : « L’activité économique a chuté ces six derniers mois, tant dans la distribution alimentaire que dans le commerce de détail non alimentaire. Concernant les perspectives pour les six mois à venir, le secteur s’attend à une nouvelle baisse par rapport aux niveaux d’activité déjà très faibles. »
En revanche, le secteur des technologies telles que l’informatique ou l’électronique se porte mieux.
La FEB constate également une détérioration des chiffres de l’emploi, en particulier avec de nombreuses pertes dans l’industrie.
D’une part, la Fédération des entreprises de Belgique apprécie certaines mesures récentes du gouvernement fédéral, telles que la limitation de la durée des allocations de chômage et la flexibilité accrue du marché du travail. D’autre part, elle déplore que la majorité Arizona ait ignoré l’accord social du 22 avril. En pleine crise énergétique, un compromis avait été trouvé entre employeurs et syndicats pour atténuer l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur l’indexation des salaires. « Cela nous aurait rendus moins vulnérables. Le gouvernement a choisi de ne pas honorer cet accord, manquant ainsi l’opportunité de réduire structurellement la sensibilité de l’économie belge aux chocs inflationnistes », a déclaré Pieter Timmermans lors d’une conférence de presse.
En l’absence de mesures concrètes, la FEB demande des actions gouvernementales sur trois axes : la réduction des coûts salariaux, la simplification administrative, et un ensemble de mesures sur le marché du travail. « Ce n’est qu’en améliorant la compétitivité, en dynamisant le marché du travail et en réduisant les charges administratives que nous pourrons renforcer durablement notre tissu économique. Nous pensons que 2027 pourrait être légèrement meilleur, à condition que le gouvernement travaille continuellement sur la compétitivité des coûts salariaux », a ajouté M. Timmermans.
Enfin, au cours de sa conférence de presse, le président des employeurs belges a aussi abordé la proposition des Engagés de taxer les plus grands patrimoines, une idée vivement critiquée par Pieter Timmermans, qui a soutenu Fabian Pinckaers, le patron d’Odoo, ayant menacé de quitter la Belgique si une telle taxe était instaurée.
« Monsieur Pinckaers a raison. C’est une proposition encore pire que celle du PTB. Quand on demande à quelqu’un s’il faut taxer les riches, il dira toujours oui, pensant qu’il ne l’est pas. Mais au final, lorsque l’on cherche à taxer les riches, tout le monde se retrouve pris au piège. On commence par des seuils élevés pour quelques personnes, et ensuite, avec le contrôle budgétaire suivant, la tentation d’augmenter les taxe apparaît encore. De plus, ici, on cherche à taxer ce qu’on appelle le capital fictif. Penser que posséder des actions d’une entreprise équivaut à avoir du cash est une erreur. Pour payer cette taxe, il faudra vendre des actions, ce qui aura des conséquences sur l’entreprise. Ce raisonnement est celui d’un comptable. Il semble que certains partis politiques ne pensent qu’à augmenter la fiscalité », a-t-il déclaré, tout en énumérant les diverses taxes instaurées ces dernières années par le gouvernement fédéral. Il a ensuite conclu : « Si l’on souhaite vraiment freiner la croissance économique, nous continuons sur cette voie. Mais cela signifiera un appauvrissement de notre pays. »
