
L’équipe nationale à la croisée des chemins : ne pas se tromper
Il est nécessaire de désigner un sélectionneur qui ne traîne pas de casseroles à sa suite. Le football tunisien, avec un seul stade valide, n’est plus en mesure de se faire respecter.
Trouver un sélectionneur de qualité et assainir les vestiaires et l’entourage de l’équipe pour bien repartir.
La Presse — De nombreuses critiques et inventions ont été formulées pour dénigrer cette équipe nationale. Ce qui étonne le plus, c’est que certains médias étrangers ont pris le rôle d’enquêteurs pour s’acharner sur ce « onze » constitué par la FTF, en cette année de Mondial 2026.
Au final, l’Histoire retiendra, comme elle a retenu les noms des équipes tunisiennes qui ont contribué à relancer le football africain en 1978 selon les estimations de la FIFA, que cette même équipe a été décevante lors du Mondial 2026.
Quoi qu’il en soit, le monde continue de tourner et le prestige du football tunisien, bien que sérieusement affecté, ne sera pas évalué uniquement sur cette prestation médiocre, dont les vérités pourraient un jour être révélées par ceux qui, complices, sont restés silencieux et ont couvert de nombreuses dérives. Que va-t-il se passer maintenant?
Il est inutile de revenir sur les demandes de dissolution de ce bureau fédéral discuté. Le sport tunisien, et notamment le football, n’est pas en mesure de supporter les sanctions qui suivraient. Notre sport a perdu sa position de force, ne pouvant plus imposer son point de vue comme il le pouvait autrefois.
Notre football, avec seulement un stade homologué, n’est plus en mesure de revendiquer le respect. Nous craignons même de devoir un jour solliciter que nos rencontres internationales se déroulent dans un stade voisin, en raison de l’absence de terrains homologués.
Dans ces conditions, comment sortir la tête de l’eau ?
Il suffit de nommer un sélectionneur qui n’a pas de passif controversé. Cependant, les candidats ne sont pas très nombreux. S’il est étranger, il devra avoir suffisamment de caractère pour dissoudre les clans qui se sont formés au sein de l’équipe et éviter de se laisser influencer par ceux qui cherchent à tirer profit de la situation. Plus facile à dire qu’à faire.
S’il est tunisien, il convient de bien réfléchir avant de le désigner parmi les personnes susceptibles d’accéder à cette responsabilité. Voilà pourquoi ceux qui ont été proposés hésitent ou déclinent l’offre. Ils souhaitent préserver un minimum de bon sens en refusant, et préfèrent rester dans leurs positions actuelles, à l’étranger, où ils sont respectés et protégés par leurs succès.
Nul n’est irremplaçable
Actuellement, l’ambiance est contaminée par des agents de joueurs qui ne se désisteront pas de leurs actions nuisibles, tant qu’il n’y aura pas une clarification des responsabilités dans un cadre véritablement professionnel. À cela s’ajoute un regain de régionalisme, particulièrement virulent ces derniers temps, qui représente un danger pour la sécurité du pays. Les dernières sélections pour ce Mondial et les motivations perçues de la FTF n’ont pas facilité la situation.
Autant dire que le public et les joueurs ne ressentent plus ce lien invisible, mais intense sur le plan émotionnel, qui les unit pour défier leurs adversaires.
Cependant, une solution sera trouvée et nous pourrons envisager de retrouver la crédibilité perdue, essentielle à toutes les actions futures. Comme l’a souligné Renard durant son bref passage, « tout n’est pas à jeter ». Ceux qui ont contribué à cette ambiance de méfiance doivent être écartés en priorité, peu importe qui ils sont. Nul n’est irremplaçable. En revenant aux fondamentaux qui faisaient autrefois la force de cette équipe, nous pourrions rebondir et retrouver le plaisir de l’effort.
Cependant, tout dépendra de la position que prendra la Tutelle en tant que garante de l’éthique sportive et de la solidarité nationale. Si l’impunité est choisie pour ne pas créer de vagues, il sera nécessaire d’être prêt à revivre le même scénario dans quelques mois.
Moralité de toute cette histoire : il est impératif de ne plus se tromper.
