
Attente de plus d’une heure au 1733 pendant la canicule : saturation expliquée
Les opérateurs des centrales d’urgence répondent actuellement à trois numéros : le 112, le 1722 et le 1733. La médecin Catherine Claus affirme avoir constaté que les patients attendaient depuis une heure au 1733 sans qu’aucun opérateur ne décroche.

Trois numéros, une même centrale
Cette situation a directement affecté le 1733, le numéro permettant de contacter un médecin de garde. En effet, les opérateurs des centrales d’urgence répondent actuellement à trois numéros : le 112, le 1722 (qui est activé lors d’événements météorologiques pour les interventions non urgentes des pompiers) et le 1733.
Les appels au 112 bénéficient cependant d’une priorité absolue. « La mission principale des centrales d’appel est de traiter les appels d’urgence au 112, qui doivent en permanence être traités en priorité afin de garantir une réponse rapide aux situations mettant potentiellement des vies en danger« , soulignent les autorités compétentes.
De fait, lorsque le nombre d’appels au 112 augmente, les demandes faites au 1733 peuvent être considérablement retardées, comme cela a été le cas dimanche. À la demande du ministre de l’Intérieur Bernard Quintin, une réflexion est en cours pour revoir l’organisation des centrales et permettre de traiter les appels au 1733 indépendamment de ceux au 112.
« Nous avions des médecins disponibles, mais les patients n’arrivaient pas jusqu’à nous »
Sur le terrain, la docteure Catherine Claus, coordinatrice médicale des quatre postes de garde de Charleroi et présidente du service de garde de médecine générale de Charleroi, a identifié le problème grâce aux patients.
« Ce sont les patients qui nous ont expliqué qu’ils attendaient depuis une heure au 1733 sans qu’aucun opérateur ne décroche. Ils finissaient par venir au poste de garde ou se rendaient aux urgences pour essayer d’obtenir des soins. »
Selon elle, le plus surprenant est que les médecins étaient bien présents. « Nous avions cinq médecins en consultation durant la journée, ainsi que les médecins chargés des visites à domicile. Ils étaient disponibles, mais recevaient très peu de demandes par rapport à un week-end habituel. »
« Nous n’avons reçu aucune information »
La médecin déplore surtout le manque de communication de la part des autorités. « Nous n’avons reçu aucune information. Si nous avions été avertis que le 1733 rencontrait de grandes difficultés, nous aurions pu nous organiser différemment. Le SPF Intérieur dispose pourtant des coordonnées des responsables des postes de garde. »
Ce lundi, elle affirme avoir cherché des explications auprès du SPF Intérieur et demandé confirmation que le 1733 fonctionnait de nouveau normalement, sans obtenir de réponse.
Pour la Dre Claus, cet épisode démontre qu’il est essentiel de renforcer les moyens humains assignés au 1733 lors de situations exceptionnelles.
« Tout le monde savait que nous traversions une période de canicule. Comme on renforce les effectifs des pompiers, il faudrait aussi anticiper le nombre d’opérateurs dédiés au 1733. C’est un outil auquel nous travaillons depuis des années et qui peut être très efficace s’il dispose des moyens nécessaires.«
Le SPF Santé publique, responsable de l’organisation du dispositif des médecins de garde, précise qu’un groupe de communication a été mis en place pour informer les postes de garde en cas de problème.
« Dès que nous avons été informés de la situation, un message a été diffusé via ce canal. Toutefois, certains postes de garde n’y étant pas inscrits, il est possible que cette communication n’ait pas atteint l’ensemble des destinataires concernés« , indique sa porte-parole, en ajoutant que l’administration étudie diverses pistes pour améliorer la situation.
