Belgique

Réformes dans l’enseignement : syndicats et enseignants prévoient des actions à la rentrée

La CSC Enseignement a lancé une campagne « cartes postales » invitant ses affiliés à écrire aux ministres et députés pendant les vacances. Les syndicats ont déposé un préavis de grève qui commence le 17 août et couvre les actions jusqu’au 27 septembre, « au moins ».

Des actions pendant les vacances ?

La fin de l’année scolaire a été marquée par de nombreuses perturbations dans les écoles. Des manifestations, des piquets de grève et des annulations d’examens dans divers établissements ont caractérisé les dernières semaines. L’arrivée des vacances scolaires ne signifie toutefois pas la fin des actions. La CSC Enseignement lance ainsi une campagne « cartes postales ». « On demande à nos affiliés, où qu’ils soient, de leur lieu de vacances, d’écrire un petit mot à nos chers ministres ou aux députés pour rappeler que même en vacances, on ne les oublie pas, on pense à elles. Et donc, à la rentrée, on leur fixe une clause de rendez-vous », explique Roland Lahaye, secrétaire général de la CSC Enseignement. « Il y aura surtout une mobilisation pendant les vacances et un trait d’union avec la rentrée en l’absence de réponse du gouvernement », abonde Adrien Rosman, coordinateur communautaire au SETCA-SEL.

Des perturbations à attendre à la rentrée

Pour les syndicats de l’enseignement, la balle est désormais dans le camp du gouvernement. « La responsabilité, elle est dans le camp du gouvernement », indique Adrien Rosman au SETCA-SEL. « On attend que le gouvernement nous fasse des propositions sérieuses ou un retour à une situation apaisée. En l’absence de réponses satisfaisantes, il faut craindre une rentrée perturbée et donc, des actions de mobilisation, de sensibilisation, voire de grève à la rentrée », avertit-il. « La colère va continuer à s’exprimer avec des actions diverses et variées jusqu’à ce que le gouvernement comprenne qu’à un moment donné, il faut procéder autrement et revenir à un vrai dialogue social qui est normalement la solution au conflit dans ce pays », estime Luc Toussaint, président communautaire de la CGSP Enseignement.

Les syndicats demandent au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de revenir sur les réformes. « Il faut que les ministres reviennent à la raison, qu’elles comprennent, que ce sont elles qui ont engendré la colère », explique Roland Lahaye, à la CSC. Il attend de Valérie Glatigny et d’Elisabeth Degryse « un geste fort », c’est-à-dire « un retrait des principales réformes ». « Je pense notamment à l’augmentation de la charge, je pense à la gratuité, je pense à l’augmentation du minerval, au droit d’inscription dans les académies, mais pas que », précise le syndicaliste. Pour lui, ces réformes, que le gouvernement justifie par des raisons économiques et budgétaires, sont « dogmatiques ».

Préavis de grève déposé

Les syndicats font du retrait de ces mesures une condition pour un retour à la sérénité dans les écoles. Ils ont d’ailleurs déjà déposé un préavis de grève qui débute le 17 août et couvre les actions jusqu’au 27 septembre, « au moins », précise Roland Lahaye. « On restera dans le dialogue avec les parents, ça c’est certain, et on veillera à faire en sorte que notre mouvement ne perde pas pied avec le terrain », ajoute Adrien Rosman, au Setca-SEL.

Dans les rues de Charleroi, ce mardi, de nombreux enseignants ont défilé. Ils sont déterminés à rester mobilisés à la rentrée. « Nous, à Vauban, on a fait les piquets pendant 22 jours, mais c’est nécessaire. Donc si c’est nécessaire qu’on recommence et qu’on reprenne les actions à la rentrée, on le fera », explique une enseignante de l’Athénée Royal Vauban. Un de ses collègues résume ce qu’il reproche aux réformes souhaitées par le gouvernement. Il y a d’abord « les 22 heures » face à la classe, au lieu de 20, demandées aux enseignants du secondaire supérieur. « Et puis les mesures qui touchent les enfants, les repas scolaires, la gratuité. Je ne comprends pas que dans un pays riche comme le nôtre, on puisse faire des économies sur ce que les enfants mangent, sur les fournitures scolaires, etc. Je trouve ça aberrant », ajoute l’enseignant.

« Notre seule, notre vraie priorité, ce sont tous ces enfants, […] ce sont tous ces jeunes qu’on a dans nos classes », explique une autre enseignante. « Il y a une partie de nous qui est malade de voir ce qu’on est en train de leur faire », ajoute-t-elle. « Je serais 100 fois mieux dans ma classe avec mes gamins que j’adore, avec qui je passe du bon temps, que dans la rue en train de les défendre, mais si je ne le fais pas, on a le sentiment que personne ne le fera à notre place », continue cette enseignante avant d’imaginer « en rêve, que Mme Glatigny se réveille et se dise, Oh, pardon, excusez-moi, je me suis trompée, j’arrête tout ». À la rentrée, cette enseignante et ceux qui partagent son combat verront ce qu’il en est.