Canicule : « Chaque élément représente un mini-radiateur… » Combien de jours pour rafraîchir ?
Après une semaine de températures records, l’Hexagone a retrouvé une météo plus clémente ce lundi. Selon Sihem Guernouti, chercheuse spécialisée en thermique du bâtiment, il faut généralement entre trois à cinq jours pour rafraîchir un logement, mais cela dépend de nombreux facteurs comme le type de bâtiment et son environnement.

Après une semaine de températures records, la France a connu une météo plus douce ce lundi. Néanmoins, de nombreux logements ont des difficultés à se rafraîchir et certains thermomètres intérieurs continuent d’afficher des températures très élevées.
Alors que les températures devraient de nouveau grimper vers la fin de la semaine, il ne reste qu’un court laps de temps pour rafraîchir appartements, maisons et immeubles. Petit état des lieux avec Sihem Guernouti, chercheuse spécialisée en thermique du bâtiment et microclimat urbain.
Après la vague de chaleur que nous venons de traverser, combien de temps faut-il pour rafraîchir un logement ?
En général, cela prend entre trois et cinq jours. Cependant, cela dépend beaucoup du bâtiment et de son environnement. On ne peut pas utiliser les mêmes critères pour un appartement en ville ou une maison à la campagne.
Dans le premier cas, on est face à un environnement très minéral, où les surfaces ont emmagasiné de la chaleur et continuent de la restituer. C’est ce qu’on appelle l’inertie thermique. Dans un environnement urbain dense, les différents éléments entretiennent cette chaleur entre eux, créant des îlots de chaleur urbaine.
Dans le second cas, le refroidissement sera beaucoup plus rapide, car la maison est généralement entourée de végétation et est mieux exposée à la ventilation.
Le même phénomène se produit-t-il à l’intérieur de nos logements ?
Exactement. Les murs et les différentes surfaces de l’habitation ont également emmagasiné de la chaleur. Et selon les propriétés intrinsèques de l’enveloppe du bâtiment, c’est-à-dire le matériau de chacune de ces surfaces, le temps nécessaire pour se rafraîchir variera. Par exemple, si les murs sont en matériaux massifs et lourds, comme le béton ou la pierre, ils ont une forte inertie. Cela signifie qu’ils protègent davantage de la chaleur dans un premier temps, mais qu’ils en emmagasinent également plus. À l’inverse, le bois chauffe rapidement mais ne retient pas la chaleur.
Il faut également tenir compte de l’exposition de ces surfaces. Si le logement est orienté au nord, à l’ouest, à l’est ou au sud, cela fait une différence. La toiture, bien entendu, est particulièrement sollicitée. Pour les logements sous les toits, c’est même une double peine, car l’air chaud a tendance à monter, et ces logements récupèrent la chaleur de tout l’immeuble.
Retrouvez ici notre dossier consacré à la canicule
En général, chaque élément du logement, jusqu’aux meubles et aux objets domestiques, agit comme un mini-radiateur, stockant de la chaleur qu’il faut évacuer.
Comment tirer le meilleur parti de ces quelques jours plus frais ?
Il est essentiel d’ouvrir les fenêtres. Cela peut sembler évident, mais il faut le faire le plus possible aux moments propices au rafraîchissement. Dès que la température extérieure est inférieure à celle de l’intérieur, les fenêtres doivent être ouvertes. En revanche, il est crucial de limiter autant que possible le réchauffement. Cela signifie que même si les températures sont plus basses que celles de la semaine précédente, il faut continuer à protéger le logement pendant les heures les plus chaudes, fermer les volets, déployer les stores ou continuer à utiliser des couvertures de survie sur les vitres, comme beaucoup l’ont montré sur les réseaux sociaux.
