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Mythos d’Anthropic, l’IA surpuissante en ligne : guerre froide technologique.

Claude Mythos 5, surnommé Mythos, est lancé par Anthropic le 9 juin 2026 et devient un outil surpuissant en cybersécurité. Deux semaines plus tard, le 26 juin, l’administration américaine autorise Anthropic à remettre en ligne Mythos, bien que l’accès soit limité à une centaine d’entreprises et agences gouvernementales américaines.


Son nom complet est Claude Mythos 5, mais il est plus souvent appelé Mythos par ses proches, dont le cercle s’est considérablement restreint.

Cette intelligence artificielle, développée par Anthropic, a été lancée le 9 juin 2026. Elle se distingue par des capacités inégalées en cybersécurité, pouvant détecter des failles logicielles de manière très efficace. Bien que cet outil soit extrêmement puissant, il présente un risque : le piratage assisté par l’intelligence artificielle pourrait devenir beaucoup plus simple. La NSA suit le dossier de près. Trois jours après son lancement, l’administration américaine impose une restriction à Anthropic, qui doit suspendre Mythos.

Deux semaines plus tard, le 26 juin, l’administration américaine donne son accord à Anthropic pour relancer Mythos, même si Fable 5, sa version grand public, reste inaccessible. Les utilisateurs sont néanmoins sélectionnés par Washington et doivent être uniquement américains : le secrétaire au commerce, Howard Lutnik, parle de « partenaires certifiés », un « groupe restreint d’organisations de confiance » comprenant environ une centaine d’entreprises, d’agences gouvernementales et d’opérateurs critiques.

L’administration Trump établit des règles là où, a priori, elle semble en faveur d’une dérégulation.

Pour Nicolas van Zeebroeck, professeur à la Solvay Brussels School of Economics, spécialisé dans l’économie numérique, il y a une volonté de reprendre le contrôle. La lutte entre la start-up et le gouvernement américain s’est intensifiée, se concentrant sur l’utilisation militaire des outils d’Anthropic. Selon lui, « Anthropic a subitement exprimé des réticences et a dit non, nous ne voulons pas que nos outils soient utilisés à des fins militaires. En agissant ainsi, ils se sont mis le gouvernement américain à dos. Il y a donc une dimension de jeu de bluff derrière, qui est aussi, à mon avis, une manière de mettre la pression sur Anthropic. Ce qui est intéressant dans cette dernière séquence, c’est que nous semblons maintenant nous diriger vers une volonté des parties de trouver un terrain d’entente plus négocié. » Les détails de ces négociations restent, pour le moment, inconnus.

Le 22 juin, les Five Eyes, l’alliance des agences de renseignement du Royaume-Uni, des États-Unis, d’Australie, du Canada et de Nouvelle-Zélande, avertissent que « l’intelligence artificielle redéfinit le risque cyber » dans un document intitulé « L’impact de l’IA sur les cyber-risques : pourquoi les dirigeants doivent agir maintenant ». Le moment choisi pour ce rapport n’est pas anodin, étant donné le contexte autour d’Anthropic.

Les agences de cybersécurité des cinq pays signalent que les modèles d’IA avancés progressent à un rythme tel qu’ils pourraient dépasser nos connaissances actuelles en cybersécurité dans un futur proche, peut-être même dans les mois à venir. Avec le développement rapide de l’IA, les menaces deviendront plus élevées et les systèmes de défense deviendront rapidement obsolètes.

Le risque de piratage assisté par l’IA pose un véritable problème géostratégique, selon Nicolas van Zeebroeck : « Ce qui est en train de se passer, c’est que l’intelligence artificielle devient un enjeu de sécurité, un enjeu se rapportant à la stratégie ou à la force géopolitique. On le constate bien entre les États-Unis et la Chine. »

Le professeur van Zeebroeck analyse le conflit entre Anthropic et le gouvernement américain, et plus largement, les tensions entre les blocs états-unien et chinois : « Si l’IA est perçue comme le moteur futur de la croissance de la productivité, alors ce devient un enjeu de compétitivité commerciale et industrielle mondiale. Maîtriser cette technologie de manière exclusive est en train de devenir essentiel. Ce que nous observons aujourd’hui n’est pas seulement une volonté de régulation, mais un désir de transformer un avantage technologique en un rapport de force favorable d’un point de vue géostratégique mondial. »

Aujourd’hui, l’IA constitue un nouveau champ de rivalité pour les superpuissances. « Elle constitue le reflet de ces nouveaux rapports de force », conclut l’expert en économie numérique.

Dans ce contexte, les Européens semblent en retrait. Bien que l’Europe possède des technologies clés pour la fabrication de microprocesseurs (comme ASML aux Pays-Bas et Imec à Louvain, en Belgique), elle dispose de modèles et d’alternatives, comme la société française Mistral AI. Toutefois, Nicolas van Zeebroeck souligne que le véritable défi réside dans l’échelle de ces alternatives : « Nous n’avons pas l’infrastructure massive des grands opérateurs américains, qui ont investi des centaines de milliards de dollars ces dernières années dans des infrastructures colossales, y compris en Europe. Or, sans ces infrastructures, il est difficile de concevoir des modèles d’intelligence artificielle performants. »

L’autre aspect préoccupant est le message envoyé par le gouvernement américain en interdisant l’utilisation de Mythos en dehors des États-Unis : « C’est un symbole bien plus significatif. C’est une prise de conscience brutale que les États-Unis ne sont pas seulement un allié, mais qu’ils ont des intérêts qui ne sont pas nécessairement alignés avec ceux de l’Europe. Les États-Unis ne craindront pas de restreindre l’exportation de certaines technologies, y compris vers leurs partenaires européens. »

En somme, Mythos représente un enjeu de sécurité nationale, commercial et géostratégique, définissant qui peut participer ou non à ce nouveau paysage technologique.