
Les personnages féminins dans les jeux vidéo : controversies et accueil défavorable.
PlayStation a annoncé le nouveau jeu God of War Laufey lors de sa conférence State of Play, le 3 juin dernier, où le personnage féminin, Laufey, alias Faye, va remplacer Kratos. Selon un rapport de l’association Women in Games (WIG) de 2026, 79% des femmes françaises se sentent mal représentées à travers les personnages féminins dans les jeux vidéo.

«C’est une abomination féministe, un désastre pour la franchise », « God of War de la lessive », « De la merde woke qui ruine ma franchise préférée »… Tels sont les commentaires laissés sur X en réponse à l’annonce du nouveau jeu God of War Laufey faite par PlayStation le 3 juin dernier.
Dans cet opus, le personnage féminin, Laufey, également connue sous le nom de Faye, remplacera la figure emblématique de la série, Kratos. Ces réactions négatives sont fréquentes, et elles soulignent la réception souvent défavorable des personnages féminins dans l’univers des jeux vidéo.
Un rejet des personnages féminins…
God of War est une série où l’on incarne Kratos, le Dieu de la guerre qui a supplanté Arès sur le Mont Olympe. Ce personnage masculin, emblématique par sa musculature, ses tatouages, son crâne rasé et sa grande barbe noire, incarne une virilité traditionnelle. Cependant, pour le prochain volet de God of War, c’est Faye, sa femme, qui sera mise en avant. PlayStation a révélé cette information lors de la session State of Play, le 3 juin dernier.
Rapidement, des milliers de commentaires et des détournements sexistes sont apparus sur la toile. Sur X, par exemple, des extraits détournés de God of War Laufey montrent Faye dans des rôles de soumission envers Kratos, la présentant en train de préparer des repas pour lui et obéissant sans réserve. De telles vagues de sexisme et de misogynie se manifestent régulièrement. Des personnages de la célèbre série The Last of Us, comme Ellie et Abby, ont également été moqués et rejetés, tout comme Aloy d’Horizon Zero Dawn, qui subissent des critiques sur leur design jugé trop « masculin », en raison de leur musculature ou du manque de caractéristiques féminines accentuées.
…Sauf s’ils sont sexualisés
Selon un rapport de l’association Women in Games (WIG) de 2026, 79 % des femmes françaises estiment être mal représentées par les personnages féminins des jeux vidéo. Cette perception s’explique par le fait que de nombreux protagonistes sont souvent représentés avec des attributs qui renforcent les stéréotypes de genre.
WIG cite, dans un rapport de 2024, une étude du Geena Davis Institute on Gender In Media. D’après cette étude, les personnages féminins ont dix fois plus de chances d’être montrés dans des vêtements sexy ou de se retrouver dénudés à l’écran par rapport à leurs homologues masculins. L’exemple le plus emblématique est celui de Lara Croft, connue pour son design « sexy » apprécié par les hommes. Les seules fois où elle a été critiquée ont été lorsque sa poitrine a été réduite dans les versions récentes.
La situation est similaire avec le nouveau personnage de GTA VI. Pour la première fois, le jeu mettra en avant une femme, Lucia, et peu de réactions négatives ont accompagné ce changement important pour la licence, parfois critiquée pour ses relents misogynes et son approche acerbe de la société américaine. Cependant, beaucoup se sont réjouis de son apparence : « jolie et badass » ou « canon ».
Vers des dérives ?
Cependant, un personnage a particulièrement suscité la controverse cette année : EVIE, du nouvel opus de Stellar Blade 2 : Blood Rain, développé par le studio Shift-Up et présenté au Summer Game Fest 2026. La polémique provient de la juxtaposition de ses traits juvéniles et de ses formes accentuées, ainsi que de sa combinaison très moulante. Certaines critiques vont jusqu’à qualifier ce design de « gamine sexualisée », affirmant que si le studio continue dans cette voie, il risque de s’autodétruire. D’autres estiment que cela est une particularité culturelle propre au Japon et à la Corée, et qu’il ne devrait pas y avoir de problème dans ces contextes.
Ce n’est pas la première fois que le studio coréen utilise la sexualisation de ses personnages pour attirer des joueurs. Dans le premier opus, EVE avait eu droit à une tenue « nude », la rendant presque nue, ainsi qu’à un costume de lapin façon Playboy. Il est donc difficile de croire en une direction artistique prétendument innocente, surtout lorsque le directeur du studio, Hyung Tae Kim, annonce dans une interview pour IGN qu’il prévoit des tenues « encore plus attrayantes » pour son nouveau personnage, après avoir confirmé qu’elle est plus jeune que sa prédécesseure.
Les chiffres de Women In Games renforcent l’idée de comportements sexistes et misogynes au sein de l’industrie. Dans son rapport de 2026, l’association révèle une diminution du pourcentage de femmes dans les studios de développement, passant de 24 à 20 %, et que parmi les joueuses, 40 % déclarent avoir déjà été confrontées à des comportements sexistes.
