Belgique

Différences entre les vigilances de Météo-France et les avertissements de l’IRM ?

L’Institut Royal Météorologique utilise quatre couleurs pour signaler le niveau de danger des vagues de chaleur, tandis que Météo-France adopte une méthode plus complexe prenant en compte un nombre important de paramètres. En France, les indices biométéorologiques sont privilégiés pour établir une vigilance canicule, alors qu’en Belgique, seuls les seuils de température sont considérés.


Que ce soit du côté de l’Institut Royal Météorologique ou de Météo-France, quatre couleurs sont utilisées pour signaler le niveau de danger de chaque vague de chaleur (vert, jaune, orange, rouge). Cependant, les experts météorologues des deux pays n’utilisent pas les mêmes méthodes pour décider de la couleur affichée sur la carte.

L’Institut Royal Météorologique se base uniquement sur la température prévue pour émettre un avertissement. En fonction de cette température et du seuil franchi, une couleur est choisie en conséquence. Le découpage est effectué par province.

Pour Météo-France, la prise de décision est beaucoup plus complexe et prend en compte un nombre de paramètres bien plus important.

### Une décision plus complexe du côté de Météo-France

Une autre différence fondamentale réside dans le fait qu’en France, ce ne sont pas les températures brutes prévues qui sont examinées, mais les indices biométéorologiques, appelés IBM. Ces indices prennent en compte les conséquences sanitaires de fortes chaleurs. Ils sont calculés en considérant les températures minimales et maximales, en moyenne, sur trois jours consécutifs. Ils constituent un outil d’aide à la décision pour les prévisionnistes, mais l’étude ne s’arrête pas là pour déclencher une vigilance canicule.

L’expertise humaine est essentielle pour déterminer le niveau de vigilance en tenant compte de certains facteurs aggravants ou atténuants. Voici quelques-uns des facteurs pris en compte : la durée de l’événement, la précocité de la vague de chaleur, un pic de chaleur intense, la pollution atmosphérique, l’humidité de l’air, et la pression sur les services hospitaliers.

### Les acteurs de cette décision

En ce qui concerne les acteurs impliqués dans la prise de décision, une différence fondamentale existe : en France, la progression à travers les trois premiers niveaux de vigilance est décidée de manière autonome par Météo-France. Cependant, l’entrée en vigueur d’une vigilance rouge doit être discutée entre les ministères de la Santé et de l’Intérieur ainsi que les prévisionnistes.

### Une réponse opérationnelle automatique ou presque lors d’un déclenchement de vigilance en France

L’activation du plus haut niveau d’alerte, soit la vigilance rouge canicule, permet aux préfets de mettre en place des mesures spécifiques pour protéger la population. Lorsqu’un département est placé en vigilance rouge, une alerte est automatiquement envoyée aux services chargés de coordonner les secours dans différents secteurs.

On y retrouve notamment :

Au niveau du SIDPC, qui représente la préfecture, différentes actions sont mises en œuvre selon la couleur de la vigilance.

Dès qu’une vigilance orange ou rouge est émise, le préfet demande à Météo-France de suivre l’évolution de la situation. Une estimation des ressources à mobiliser, humaines et matérielles, est réalisée, ainsi qu’une vérification de la disponibilité des divers services d’astreinte.

Lorsqu’une vigilance orange est en place, le préfet peut mobiliser des services départementaux tels que les pompiers. Il peut également activer le Centre Opérationnel Départemental, une cellule de crise où des décisions stratégiques sont prises. Enfin, il peut mettre en œuvre des mesures telles que l’élargissement des horaires des lieux frais comme les parcs, l’adaptation des horaires de travail, la fermeture des écoles, la mobilisation des services de santé ou l’annulation/interdiction de certains événements sportifs ou culturels.

En cas de vigilance rouge, toutes les actions que le préfet peut mettre en œuvre sont immédiatement appliquées, avec en plus une alerte envoyée à toutes les mairies du département concerné par la vigilance.

### Deux systèmes différents, un même objectif

Malgré leurs différences, les deux services météorologiques visent le même objectif : protéger la population face à un risque climatique devenu plus fréquent et plus intense à cause du réchauffement climatique.

L’IRM privilégie ainsi une approche essentiellement climatique du danger avec des seuils fixes prenant seulement en compte la température. Météo-France, pour sa part, a progressivement développé une méthode centrée sur les conséquences humaines et sanitaires des épisodes extrêmes.

Cette différence de philosophie explique pourquoi, lors d’une même vague de chaleur européenne, les cartes d’alerte belge et française peuvent paraître raconter des histoires différentes. En réalité, elles décrivent simplement deux manières complémentaires d’évaluer un même risque : l’une par le thermomètre, et l’autre par ses conséquences sur la société.