Lutte contre les deepfakes : l’Union interparlementaire demande une coopération internationale.
Deux représentants de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) ont pris part, hier jeudi, à une visioconférence sur la lutte contre les contenus sexuels de type « deepfake » générés par l’intelligence artificielle organisée à l’initiative de l’Union interparlementaire (UIP). Selon un communiqué publié vendredi par l’ARP, cette rencontre avait pour objectif de permettre aux participants d’identifier des mesures concrètes visant à renforcer le contrôle parlementaire de l’intelligence artificielle par les institutions législatives.
Deux membres de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) ont participé, hier jeudi, à une visioconférence sur la lutte contre les contenus sexuels de type « deepfake » créés par l’intelligence artificielle, organisée à l’initiative de l’Union interparlementaire (UIP).
D’après un communiqué diffusé vendredi par l’ARP, cette réunion visait à permettre aux participants d’identifier des mesures concrètes pour renforcer le contrôle parlementaire de l’intelligence artificielle par les institutions législatives et à élaborer des propositions législatives et des mécanismes juridiques plus efficaces pour combattre les violences numériques et mieux protéger les femmes contre les diverses formes de violences numériques.
Les discussions ont porté sur les modalités de renforcement de la protection juridique des victimes ainsi que sur le partage des expériences et des bonnes pratiques en matière de lutte contre l’utilisation abusive des technologies de l’intelligence artificielle, tout en respectant les droits et libertés fondamentaux ainsi que la dignité des individus.
Les parlementaires et experts présents lors de cette visioconférence ont souligné l’importance d’accroître la coopération entre les différentes parties prenantes, d’adapter les législations nationales et de développer les mécanismes de prévention et de sensibilisation, afin d’assurer un usage responsable des technologies modernes tout en préservant les droits et libertés fondamentaux.
Au cours de cette rencontre, les députés tunisiens Sami Raïs, président de la Commission de l’organisation de l’administration, de son développement, de la numérisation, de la gouvernance et de la lutte contre la corruption, et Aouatef Cheniti, membre de la Commission de la santé, de la femme, de la famille, des affaires sociales et des personnes handicapées, ont proposé l’organisation d’une conférence internationale réunissant des parlementaires, des experts et des représentants d’organisations internationales spécialisées, afin de favoriser l’échange d’expériences, d’examiner les pratiques comparées et d’identifier les défis posés par l’intelligence artificielle en matière de protection des droits et des libertés.
Sami Raïs a précisé que le cadre juridique tunisien inclut plusieurs textes susceptibles d’être développés pour répondre à ces nouveaux défis, notamment en élargissant la définition de la violence sexuelle afin d’y inclure les formes de violence sexuelle numérique résultant de l’utilisation abusive des technologies de l’intelligence artificielle.
Il a également appelé, par le biais de l’Union interparlementaire, à renforcer l’arsenal législatif concernant les droits des femmes, que ce soit par la révision des lois existantes ou l’adoption de nouvelles dispositions prenant en compte les défis et enjeux liés aux applications de l’intelligence artificielle.
De plus, il a insisté sur la nécessité de renforcer la responsabilité des grandes entreprises du numérique et de mettre en place des mécanismes juridiques et techniques plus efficaces garantissant le respect des droits des personnes et de leur image, afin d’empêcher la diffusion ou le partage de contenus et d’images à caractère personnel sans le consentement explicite de leurs titulaires.
Pour sa part, Aouatef Cheniti a souligné que les femmes impliquées dans la vie politique font partie des catégories les plus exposées aux attaques via les technologies de « deepfake » et aux contenus numériques malveillants.
Elle a estimé que la montée en puissance de ces pratiques pourrait, à l’avenir, décourager la participation des femmes à la vie publique et politique, à cause des craintes suscitées par l’exploitation de l’intelligence artificielle pour créer de fausses images et vidéos portant atteinte à leur réputation et à leur dignité.
La députée a également proposé de créer un comité ou un cadre consultatif réunissant des femmes victimes de violences numériques, afin de recueillir leurs témoignages et de documenter les différentes formes d’abus subies, dans le but de mieux cerner le phénomène et de formuler des réponses adaptées.
Elle a également souligné l’importance d’une coordination entre l’Union interparlementaire et les Nations unies, en particulier la Commission de la condition de la femme, pour assurer une meilleure articulation entre les dispositions de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et les nouveaux défis liés aux applications de l’intelligence artificielle, notamment les technologies de « deepfake », afin de renforcer la protection des femmes contre les nouvelles formes de violences et d’atteintes numériques.
