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Macron et Meloni à Antibes pour apaiser les relations France-Italie

Emmanuel Macron et Giorgia Meloni se sont rencontrés jeudi à Antibes pour relancer la relation franco-italienne. Les échanges commerciaux ont atteint 112 milliards d’euros en 2025.


Emmanuel Macron et Giorgia Meloni se sont rencontrés jeudi à Antibes dans le but de rétablir une relation franco-italienne entachée de tensions récentes. Ce sommet express, le premier depuis l’arrivée de la dirigeante italienne au pouvoir, se déroule dans un contexte politique chargé et pourrait être le dernier pour le président français avant 2027.

Les deux dirigeants ont soigné leur accueil. Accueillis avec des sourires, des embrassades « sur les deux joues » et une visite du musée Picasso, Emmanuel Macron a lancé : « Allez, viens, viens ! », invitant Giorgia Meloni à le suivre. L’objectif affiché était de mettre de côté les tensions politiques et personnelles accumulées depuis 2022. La relation entre Paris et Rome n’a pas été simple, marquée par des divergences idéologiques et des accrochages publics, notamment sur les questions migratoires et politiques.

Concernant les relations franco-italiennes, l’Élysée cherche à dépasser « l’écume et le commentaire » liés aux tensions. L’objectif est clair : un « retour aux fondamentaux de la relation franco-italienne ». Les bases restent solides, avec des échanges commerciaux atteignant 112 milliards d’euros en 2025. La coopération s’étend des domaines de la défense à l’énergie, en passant par l’espace, permettant aux deux pays d’avancer ensemble, malgré les divergences politiques.

Sergio Fabbrini, professeur de relations internationales à l’Université Luiss de Rome, estime que Giorgia Meloni « a misé sur l’alliance avec Donald Trump », mais que leur récente confrontation « démontre que les nationalistes et les nationalismes ne parviennent pas à s’allier ». Selon lui, cela la contraint à « revenir dans le giron de l’Union européenne ».

Au-delà des symboles, ce sommet vise aussi à obtenir des résultats concrets. Les deux pays doivent signer une feuille de route sur la défense, mettant l’accent sur le système anti-aérien SAMP/T déjà livré à l’Ukraine. Paris et Rome travaillent également sur une éventuelle mégafusion dans le secteur des satellites entre Airbus, Thales et Leonardo, un projet stratégique dans un contexte géopolitique tendu. « On s’aperçoit que le spatial est absolument (devenu) central pour les militaires », a souligné Hervé Derrey, directeur général de Thalès Alenia Space, lors d’un forum économique franco-italien.

Malgré les tensions passées, les deux capitales reconnaissent la nécessité de coopérer. « C’est une relation d’évidence […] Nous avons besoin l’un de l’autre », reconnaît l’Élysée. Du côté italien, on insiste sur l’« importance stratégique » de la coordination avec Paris. Le sommet devrait se conclure par des signatures d’accords et un dîner de travail. C’est une rencontre courte mais symbolique. Reste à voir si ce rapprochement se maintiendra dans le temps, alors que des échéances politiques se profilent des deux côtés des Alpes.