Belgique

Crise climatique : Marie-Colline Leroy (Ecolo) craint inaction du gouvernement

La réunion du Centre de crise national mardi a débouché sur une série de recommandations à l’intention de la population face à la canicule en Belgique. Marie-Colline Leroy, co-présidente d’Ecolo, a déclaré que la gestion des conséquences climatiques par la majorité actuelle « fait de tout cela une responsabilité individuelle ».


Alors que la Belgique traverse une vague de chaleur, la réunion du Centre de crise national qui a eu lieu mardi a donné lieu à plusieurs recommandations pour la population. « Ce gouvernement dit un peu : débrouillez-vous, buvez de l’eau, mettez un chapeau et appelez vos grands-parents, c’est bien gentil. Mais en fait, ce n’est pas ça faire de la politique », a réagi Marie-Colline Leroy, co-présidente d’Ecolo. « Faire de la politique, c’est plutôt agir pour protéger les personnes vulnérables, que ce soit les travailleurs ou les travailleuses, et assumer collectivement cette responsabilité », a-t-elle ajouté.

Selon la responsable écologiste, la gestion des conséquences climatiques par la majorité actuelle place la responsabilité sur les individus. Les citoyens devraient-ils éviter d’utiliser des climatiseurs sous risque de contribuer au réchauffement climatique ? « Poser cette question, c’est comme se demander si on doit mettre le chauffage en hiver chez soi quand on n’a pas d’autre option », a répondu Marie-Colline Leroy. « Est-ce que nos grands-parents, nos parents, ma mère voudraient avoir un climatiseur chez elles aujourd’hui ? Oui, probablement », a-t-elle poursuivi, tout en soulignant que ce choix est le reflet d’un manque de stratégie politique à plus large échelle.

Il y a quelques jours, Ecolo a proposé la création d’un « plan fraîcheur ». Marie-Colline Leroy a expliqué qu’il existe une crise actuelle et que des mesures rapides sont nécessaires. « Il y a des publics vulnérables, il faut donc veiller à ce que personne ne se retrouve dans des situations de santé problématiques », a-t-elle souligné. Elle a proposé d’activer rapidement un plan fraîcheur, avec des solutions immédiates dans les écoles et sur les lieux de travail, tout en projetant une végétalisation des espaces sur le long terme. « Ce n’est pas la dernière crise que nous allons connaître et ce n’est peut-être même que le début des vagues de chaleur », a-t-elle averti, conformément à la nécessité de préparer l’avenir.

Marie-Colline Leroy a exprimé ses inquiétudes quant à la majorité actuelle, redoutant que le gouvernement n’adopte une attitude passive, en espérant que la pluie viendra bientôt. « Jusqu’à la prochaine crise », a-t-elle prévenu, justifiant ainsi la nécessité d’un plan national.

Ecolo a été partie prenante du précédent gouvernement, la Vivaldi. Suite aux élections législatives de 2024, le parti se retrouve dans l’opposition. Que faisaient les écologistes lorsqu’ils étaient au pouvoir ? Marie-Colline Leroy a rappelé que lors de leur mandat précédent, ils avaient anticipé les crises, végétalisé des écoles et créé un plan d’adaptation à l’époque du ministre du Climat, Zakia Khattabi. Elle a exprimé sa préoccupation face à un éventuel abandon des efforts.

Les électeurs, en 2024, ont signalé un changement de préoccupations. « Je pense que les personnes se sentent attaquées sur leur emploi, se préoccupent de la garde d’enfants ou de trouver un médecin. C’est normal que ces priorités prennent le dessus », a commenté Marie-Colline Leroy, soulignant la nécessité pour les gouvernements d’agir avec responsabilité en dehors des périodes de crise. « On a bien vu dans les propositions politiques actuelles qu’il ne se passe pas grand-chose », a-t-elle ajouté, en référence au dernier tweet du ministre N-VA, Theo Francken, qui a minimisé la chaleur caniculaire.

Elle a également critiqué le ministre du Climat, Jean-Luc Crucke, qui a exprimé des difficultés à coordonner les mesures climatiques nationales. « Utiliser cette complexité institutionnelle pour se dire désolé j’ai essayé mais je ne peux rien faire, c’est un peu léger », a conclu la co-présidente d’Ecolo.

Historiquement, les écologistes ont milité pour la fermeture des réacteurs nucléaires belges. Actuellement, deux réacteurs, Doel 4 et Tihange 3, ont reçu une prolongation de dix ans. Le gouvernement actuel envisage également de discuter avec Engie pour relancer d’autres centrales nucléaires. « Quand on voit à quel point ces propriétaires se sont réjouis de la prise en charge par l’État de réacteurs qui n’allaient plus jamais pouvoir servir, cela ne constitue pas une solution », a déclaré Marie-Colline Leroy. Elle a interrogé pourquoi, avec des milliards à investir, on ne s’oriente pas vers le renouvelable, ajoutant que le ministre de l’énergie a bloqué un projet éolien offshore essentiel pour l’autonomie énergétique de la Belgique.