Tunisie

« Essais Party » de Sylvain Monteleon : Symo ne perd jamais sa tunisianité.

Le peintre Sylvain Monteleone présente ses œuvres récentes dans une exposition intitulée « Essais Party » à la Galerie Hédi Turki de Tunis. À plus de soixante-dix ans, il continue de puiser son inspiration dans les traces laissées par ses parents et dans les senteurs de Tunis.

L’œuvre de l’artiste est depuis toujours marquée par un profond engagement humain. Son regard est attentif aux grandes causes de son époque, à la dignité des peuples et aux luttes pour la justice.

La Presse — Samedi dernier, à la Galerie Hédi Turki de Tunis, le peintre Sylvain Monteleone dévoile un échantillon de ses œuvres récentes lors d’une exposition au titre intrigant et révélateur : « Essais Party ». Fidèle à son goût pour les jeux de mots, les calembours et les détournements de sens, l’artiste offre bien plus qu’une simple série d’œuvres. Cet événement marque également une nouvelle étape dans son parcours créatif avec l’adoption d’une nouvelle signature : « Symo », une contraction des premières syllabes de son prénom et de son nom.

Ce choix évoque certaines figures emblématiques de l’histoire de l’art et du cinéma. Sergio Leone signait ses premiers westerns sous le nom de Bob Robertson, tandis qu’Ennio Morricone composait parfois sous celui de Dan Savio.

Pour Sylvain Monteleone, devenu Symo, ce changement de signature ne se limite pas à une simple anecdote. Il symbolise une renaissance artistique, une façon de revisiter son identité tout en respectant son univers.

L’exposition propose un véritable pot pourri de créations récentes. Plusieurs séries de peintures sur toile côtoient des œuvres plus singulières, telles que Psych’effet miroir, où l’image se dédouble et questionne le regard des spectateurs. Trois empreintes, marquées par le passage du temps, dialoguent avec quatre gravures portant le titre évocateur de Grave Heure, évoquant une méditation poétique sur la mémoire et la condition humaine. Plus loin, l’artiste nous entraîne au-delà du Tepidarium, dans des territoires où le réel s’efface au profit de l’imaginaire.

Les personnages de Symo semblent flotter dans un univers inconnu, suspendus entre rêve et souvenir. Ses gravures rappellent des masques, des totems, des présences mystérieuses qui font écho à des mythes fondateurs tout en soulevant des interrogations contemporaines. Ses dessins deviennent autant de fils d’Ariane, guidant le visiteur à travers un labyrinthe de formes et de symboles. Ses roses figées apparaissent comme autant d’hommages silencieux à Jéricho, à la fragilité des civilisations et à la permanence de la mémoire.

L’engagement profondément humain de l’artiste traverse toujours son œuvre. Son regard est attentif aux grandes causes de son temps, à la dignité des peuples et aux luttes pour la justice.

Cette conscience éveillée se manifeste dans ses compositions, ses couleurs, mais aussi dans l’énergie de ses traits et de ses signes graphiques.

À travers cette exposition, Symo souligne également son attachement indéfectible à la Tunisie. Malgré les années et ses voyages, il reste profondément enraciné dans le pays de sa naissance. À plus de soixante-dix ans, il continue de puiser son inspiration dans les souvenirs laissés par ses parents, dans les senteurs de Tunis, ainsi que dans les formes et les lumières de son quartier. Son œuvre est empreinte de cette mémoire intime qui nourrit chacune de ses créations.

Ainsi, derrière ce nouveau nom se dessine la continuité d’un parcours exceptionnel. Symo ne fait pas disparaître Sylvain Monteleone; il prolonge son histoire. Une histoire de passion, fidèle à ses origines et d’une quête artistique ininterrompue.

Cette naissance symbolique en dit long sur le chemin parcouru par l’un des peintres les plus singuliers de la scène artistique tunisienne.