Canicule en Europe : record de chaleur en France, alertes rouges au Royaume-Uni
Au moins 94 millions d’Européens, en majorité des Français et des Espagnols, devaient faire face à plus de 35°C à un moment de la journée, selon les calculs de l’AFP. La canicule a d’ores et déjà entraîné un pic inédit, « rarement voire jamais observé », de recours aux soins d’urgence en début de semaine, pour des personnes de tout âge, notamment des jeunes, âgés « de 15 à 44 ans », a annoncé l’agence sanitaire nationale.
Au moins 94 millions d’Européens, principalement des Français et des Espagnols, ont été confrontés à des températures dépassant 35°C à un moment de la journée, selon des calculs de l’AFP.
Cette situation résulte de la présence d’une vaste masse d’air chaud venant d’Afrique, comprimée par de fortes pressions en altitude au-dessus de l’Europe de l’Ouest.
Jim Skea, président du Giec, groupe d’experts mandatés par l’ONU sur le climat, a averti que le continent sera « inévitablement » soumis à d’autres épisodes de chaleur extrême à l’avenir, notant que le réchauffement actuel dans certaines zones ou dans les océans dépasse désormais les prévisions scientifiques.
Lundi et mardi, l’Espagne a enregistré les journées les plus chaudes depuis 1950, avec des températures moyennes de 28,08°C et 28,17°C. Au Royaume-Uni, une alerte rouge pour chaleur extrême a été émise dans plusieurs régions, le pays ayant battu mercredi son record de chaleur pour un mois de juin avec 36,1°C à Gosport, surpassant le précédent record de 35,6°C datant de 1976.
À Amsterdam, les piscines de plein air sont devenues gratuites et des restrictions ont été mises en place pour des sites comme l’Atomium de Bruxelles, le Louvre et la Tour Eiffel à Paris.
À partir de jeudi, des vagues de chaleur devraient toucher la Pologne, et le Danemark, l’Autriche, la Croatie et la Hongrie se préparent également. Une alerte maximale est prévue à Vienne pour le week-end.
La France, qui fait face à une canicule depuis le 17 juin, a vu ses températures atteindre 40°C ou plus dans plus de 50 départements, en particulier dans l’ouest et le sud. La moyenne des températures enregistrées dans 30 stations de référence en France a atteint 30°C mercredi, battant le précédent record établi la veille, et des températures avoisinant les 40 à 42°C sont attendues ce week-end.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a alerté sur les dangers que cette vague de chaleur pose pour la santé publique, annonçant des fermetures d’écoles et des risques accrus pour la population. Il a souligné l’urgence pour les dirigeants de prioriser les investissements dans des systèmes de santé résilients face au changement climatique.
Le réseau électrique rencontre également des problèmes, avec environ 68 000 foyers privés de courant en Bretagne en raison d’un incident sur un transformateur. De plus, un réacteur de la centrale nucléaire de Golfech a dû être arrêté à cause du réchauffement excessif des eaux utilisées pour son refroidissement.
Au Royaume-Uni, le gestionnaire NESO a averti d’éventuelles difficultés d’alimentation électrique. En France, la canicule a déjà entraîné un pic de recours aux soins d’urgence, notamment pour des jeunes âgés de 15 à 44 ans, avec un nombre accru de noyades comptabilisées depuis le 18 juin. Les critiques se multiplient concernant l’impréparation des autorités, surtout en ce qui concerne l’isolation des établissements scolaires et hospitaliers, de nombreux bâtiments vétustes étant gravement affectés par la chaleur.
Yann Le Baron, secrétaire national du syndicat Unsa Santé-Sociaux, a déclaré que tant les patients que les soignants souffrent de la chaleur dans les hôpitaux, où des solutions de fortune sont mises en œuvre pour atténuer les effets de la canicule.
