Un jour, une carte : les ultra-riches, migrants d’un type particulier.
Les Emirats arabes unis, et plus particulièrement Dubaï, s’imposent comme des destinations attractives pour les grandes fortunes internationales. Selon le rapport annuel de Henley & Partners, environ 142.000 millionnaires auraient changé de pays jusqu’à l’an dernier.
Les Emirats arabes unis en tête
Premier enseignement : certains pays se distinguent comme de véritables pôles d’attraction pour les richesses, alors que d’autres semblent reculer. En dehors de l’Europe, les destinations les plus prisées sont Singapour, la Nouvelle-Zélande, et en particulier les Emirats arabes unis, qui occupent la première place. Dubaï a notamment émergé ces dernières années comme une plateforme mondiale pour les grandes fortunes. Sa fiscalité avantageuse, sa sécurité et la simplicité des affaires en sont les principaux atouts. Toutefois, il reste à déterminer si cette attractivité pourra perdurer face aux turbulences géopolitiques. Le conflit au Moyen-Orient a rappelé à beaucoup qu’aucun refuge n’est complètement à l’abri.
Le cas des Etats-Unis est particulièrement intéressant et paradoxal. Ce pays demeure la plus grande puissance mondiale en matière de création de richesse. Cependant, un nombre croissant d’Américains aisés se tournent vers des résidences, voire des nationalités, à l’étranger. Ce choix n’est pas nécessairement synonyme de départ, mais constitue plutôt un plan B.
Combien sont ces migrants fortunés ?
Jusqu’à l’an dernier, le rapport annuel de Henley & Partners fournissait des estimations sur les déplacements des grandes fortunes. L’édition 2025 avançait le chiffre d’environ 142.000 millionnaires ayant changé de pays.
Cependant, cette méthodologie est maintenant contestée. De nombreux experts estiment qu’il est pratiquement impossible de mesurer avec précision les mouvements des très grandes fortunes. En effet, les plus riches ne choisissent plus nécessairement un seul pays. Ils se comportent de plus en plus comme des investisseurs : une résidence dans un pays, une nationalité dans un autre, des actifs dans un troisième,… Le rapport évoque d’ailleurs des « portefeuilles de juridictions », similaires aux portefeuilles financiers, mais appliqués aux pays.
Cette tendance entraîne également une forme de concurrence entre les États pour attirer ces richesses. Cette compétition a même engendré l’émergence d’une industrie spécialisée. Des cabinets assistent les millionnaires dans leurs démarches : changer de pays, obtenir un permis de résidence, parfois même un second passeport. Ce sont en quelque sorte des « passeurs » de riches, avec une différence : ils agissent en toute légalité… du moins en théorie.
