Belgique

Canicule en Belgique : déni devant la piscine et la bière

Le centre de crise s’est réuni hier pour discuter des événements climatiques extrêmes. Jean-Luc Crucke, ministre fédéral du climat, propose un plan interfédéral pour mieux se préparer à la canicule, mais le sentiment d’urgence ne semble pas partagé par tous.

Buvez de l’eau !

Avec la chaleur actuelle, il est conseillé de boire de l’eau, de porter une casquette, de fermer les fenêtres durant la journée et de penser aux personnes vulnérables : tel est le message des autorités publiques rassemblées hier au centre de crise.

La réunion du centre de crise indique qu’il y a une crise. Mais quelle crise exactement ? Les principaux responsables politiques ne semblent pas vraiment la percevoir.

Un plan interfédéral proposé par Jean-Luc Crucke, mais peu de réactions

Jean-Luc Crucke, ministre fédéral du climat, a proposé un plan interfédéral pour mieux se préparer aux événements climatiques extrêmes. Toutefois, il s’agit surtout d’une invitation aux autres niveaux de pouvoir à s’organiser pour faire face à des situations comme cette canicule. Jean-Luc Crucke espère que ces instances répondront à son appel pour mieux anticiper les enjeux à venir, mais le sentiment d’urgence n’est pas vraiment partagé à la rue de la Loi.

Résignation, déni, sidération, lassitude. Cette situation ne concerne pas uniquement les élus, car une grande partie du public ne considère plus le climat comme un enjeu. Nos sondages le confirment. Ce phénomène est sans doute un réflexe humain face à l’anxiété des constats scientifiques, qui prévoient des canicules de plus en plus fréquentes et intenses dans les années à venir. Le déni semble plus blâmable chez les politiques. On peut citer l’intervention surprenante du ministre de la Défense, Theo Francken, de la N-VA, qui a critiqué le catastrophisme des journalistes et conseillé à chacun de profiter du beau temps dans sa piscine avec une bière. Ses propos font écho aux idées de ceux qui combattent la science climatique.

Préparer l’adaptation

Des mesures doivent pourtant être prises en matière d’adaptation, sans céder au catastrophisme ni au déni. D’autres pays offrent des exemples de plans d’action pour éviter les îlots de chaleur, établir des normes de construction, adapter les horaires de travail et installer la climatisation dans les lieux publics (la liste est longue).

L’adaptation et la prévention des risques climatiques doivent devenir des priorités au même titre que la décarbonation. Jean-Luc Crucke rencontre des difficultés pour convaincre ses collègues de la nécessité de coordonner les politiques publiques, car certains au sommet de l’État semblent penser qu’une piscine et une bière sont les meilleures solutions à la canicule. Le déni climatique s’est bien installé à la rue de la Loi.