Thomas Docquir, premier Belge danseur étoile à l’Opéra de Paris : « Je ne parviens toujours pas à réaliser »
Thomas Docquir a été nommé « danseur étoile » à l’Opéra de Paris à l’issue de la représentation du ballet de La Bayadère à l’opéra Bastille, marquant une nomination historique pour ce jeune danseur né à Sambreville. Il s’entraîne entre 6 et 7 heures par jour, 5 à 6 jours par semaine, afin de répondre aux exigences nécessaires pour intégrer le cercle des danseurs étoiles.
L’Opéra de Paris a désormais une étoile belge dans ses rangs. Dimanche soir, Thomas Docquir a été sacrée « danseur étoile » à l’issue de la représentation du ballet de La Bayadère à l’opéra Bastille. Cette nomination historique marque un tournant pour ce jeune danseur originaire de Sambreville. « Je ne parviens toujours pas à réaliser« , a-t-il déclaré au micro de Julie Morelle et Olivier Nederlandt.
Thomas Docquir a débuté la danse à l’âge de 8 ans en Belgique, nourrissant un rêve secret de reconnaissance. Il y a 20 ans, à l’Académie de danse de Dinant, sa professeure Michelle de Koning avait décelé son potentiel : « Il avait une grâce. Il avait déjà un joli coup de pied quand il était petit. Il avait vraiment tout pour être danseur.”
Aujourd’hui, Thomas Docquir a atteint le grade le plus élevé d’un danseur de l’opéra de Paris, une compagnie très structurée. « C’est à la fois une récompense et le début d’autre chose. Et c’est une responsabilité aussi d’interpréter les plus grands rôles du répertoire du ballet classique et de faire rayonner l’image de l’Opéra de Paris partout dans le monde« , explique-t-il. Pour lui, la distinction entre « premier danseur » et « danseur étoile » est cruciale. À 28 ans, c’est un rêve devenu réalité et le début d’une nouvelle étape dans sa carrière.
Ça va me permettre de m’épanouir encore plus dans ce que je fais.
Bien que ce nouveau statut entraîne une certaine pression, Thomas Docquir estime que cette nomination envoie le message qu’il est « apprécié en tant qu’artiste et reconnu« .
Quelles sont donc les exigences pour entrer dans le cercle restreint des danseurs étoiles ? La liste des qualités requises est longue. La première exigeance est d’être en forme physiquement. Quel que soit le grade à l’Opéra de Paris, de grandes qualités athlétiques sont indispensables. L’entraînement peut atteindre jusqu’à 6-7 heures par jour, 5 à 6 jours par semaine.
Il est également crucial d’être à la fois bon techniquement et artistiquement : « Avoir des choses à raconter sur scène, avoir une fibre artistique en plus ; et être un bon partenaire aussi« , souligne Thomas Docquir.
Il se considère comme un athlète, mais avant tout comme un artiste :
Je sculpte. Je travaille mon corps pour le mettre au service de mon art.
Pour lui, ces heures d’entraînement en studio sont nécessaires pour pouvoir narrer une histoire sur scène : « Pour se libérer complètement en scène, […] oublier l’aspect technique et athlétique de notre discipline et se rendre au service de l’émotion, du partage avec le public, et de la magie. »
► Écoutez ci-dessus l’intégralité de cette interview dans le podcast du Monde en direct.
