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France – Irak : « C’était interminable » face à l’orage à Philadelphie

Le match France-Irak, disputé à Philadelphie, a été interrompu pendant deux heures en raison d’une alerte orage. À la reprise du jeu, les joueurs français ont marqué un but neuf minutes après être retournés sur le terrain, grâce à Kylian Mbappé.

De notre envoyé spécial à Philadelphie,

Un certain sadisme se dégage de la situation, reconnaissons-le. À force de nous annoncer l’imminence d’une alerte orage en plein match entre la France et l’Irak (3-0), lundi à Philadelphie, nous avions presque fini par espérer qu’elle se matérialise, juste pour observer un pays qui s’arrête quelques minutes pour de minimes gouttes de pluie et des éclairs plus esthétiques que menaçants. Nous avons eu ce spectacle, peut-être même un peu trop.

Alors qu’un déluge s’abattait sur le Lincoln Financial Field peu avant la mi-temps, une annonce est tombée sur les écrans géants du stade, alors que les joueurs regagnaient les vestiaires : « A sévère thunder storm is approaching. » Conséquence immédiate : match interrompu, et les spectateurs sommés de quitter leur place pour trouver refuge, alors que le stade dispose d’un toit minuscule ne couvrant qu’environ 2 % des tribunes.

L’alerte orage tant attendue était donc bien là, et plus intense que prévu. Dans la tribune de presse, à l’abri, des officiels de la FIFA tentent de rassurer : « On pense que le match reprendra quinze minutes après la fin de la mi-temps. » Au final, il aura fallu attendre cent cinq minutes de plus. Deux heures au total, avant que la seconde période ne puisse reprendre, conformément à la réglementation en vigueur aux États-Unis, qui stipule qu’une manifestation en extérieur peut être interrompue ou retardée si des éclairs sont détectés dans un rayon de 13 km.

« On s’adapte aux lois locales », selon Deschamps

« C’est une question de sécurité, je n’en veux à personne, » a sobrement déclaré Didier Deschamps. « À partir du moment où il y a un risque, on s’adapte aux lois locales. » Cela s’est vérifié à plusieurs reprises, car le sélectionneur a dû faire face à des reports successifs de quinze minutes pour la reprise, en raison de petits éclairs dans le périmètre. « On attendait, parce qu’on avait des créneaux, et ils étaient sans cesse repoussés, » a soupiré DD.

Le stade a été évacué à cause d'un risque d'orage à Philadelphie lors de France-Irak
Le stade a été évacué à cause d’un risque d’orage à Philadelphie lors de France-Irak - A. Huot de Saint Albin / 20 Minutes

Alors, que faisaient les joueurs français, qui menaient 1-0 à la mi-temps grâce à un nouveau but de Kylian Mbappé, pendant ces deux longues heures durant lesquelles la pluie et les éclaircies se succédaient sans qu’aucun ne sache quand le jeu allait reprendre ? « On a joué aux cartes, » a plaisanté le sélectionneur. « Non, on attendait, on était tranquilles, je plaisantais avec les joueurs. » Parmi eux, Manu Koné, qui fêtait sa première titularisation en Coupe du monde, a vu son mental être mis à l’épreuve.

« C’était interminable à l’intérieur, mais nous sommes restés professionnels. Nous nous sommes dit qu’il fallait rester concentrés, intenses. On a fait de la mobilité, le coach nous parlait. C’était long, j’avoue. »

Énorme travail mental et émotionnel

« Au départ, comme on ne savait pas trop, on restait un peu actifs, on faisait un peu de vélo. Après, quand on a vu qu’on n’avait pas d’heure (de reprise), on discutait, on rigolait, » a ajouté Jules Koundé sur M6. « Chacun s’activait comme il pouvait, certains jouaient un peu au ballon, d’autres s’hydrataient et mangeaient, » a complété Maghnes Akliouche. « Il fallait surtout être prêt pour le moment où les arbitres allaient dire qu’il fallait aller s’échauffer. »

Le plus difficile durant cette interruption fut de ne pas craquer mentalement, « pour ne pas sortir du match, » selon Akliouche, comme l’ont souligné tous les joueurs français interrogés après la rencontre, y compris Kylian Mbappé :

« C’était une soirée très longue, on a passé beaucoup de temps dans le vestiaire. Nerveusement et émotionnellement, c’était très difficile parce qu’on devait rester concentrés et concernés. Rester deux heures dans le vestiaire et maintenir une vraie concentration, c’est très difficile. Le staff et les joueurs ont fait un grand effort pour essayer de garder tous les joueurs concernés. »

Et cet effort a porté ses fruits. À 19h30 (2h30 en France), les joueurs ont finalement regagné la pelouse pour un nouvel échauffement, « le plus important, pour ne pas prendre de risques, » selon Deschamps, pendant que les spectateurs, trempés jusqu’aux os, avaient enfin la permission de regagner leurs sièges, alors que la sono diffusait La Macarena et Hey Baby de DJ Ötzi pour tenter de réchauffer l’atmosphère. La fin du calvaire ? Pas complètement.

Inondations de certaines zones du terrain

Car, bien sûr, pendant ces deux heures de pause, la pluie est tombée en continu, et non sans intensité, sur l’enceinte des Eagles de Philadelphie, dont l’immense vestiaire a été utilisé comme zone mixte. Certaines zones du terrain étaient alors complètement gorgées d’eau. Lors de l’échauffement, alors que le ballon ne bougeait pas dans certains endroits, Kylian Mbappé et plusieurs membres du staff tricolore étaient en émoi.

« Ce n’était pas de l’agacement, » a expliqué Mbappé. « La partie où on attaquait était inondée, ils ont passé vingt minutes à nettoyer la partie où on défendait, et pas celle où on attaque. Je voulais qu’ils accordent le même temps aux deux zones, quitte à nettoyer d’abord celle où on attaque. Mais ils n’étaient pas responsables. Sur le moment, le fait d’attendre deux heures et d’arriver pour voir que la pelouse n’avait pas été protégée, c’était un petit énervement. »

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Un petit désagrément, qui n’a pas empêché les Bleus de retrouver leur élan. Pas véritablement perturbés par cette interruption, les Français ont rapidement pris le large au score, marquant seulement neuf minutes après le retour des vestiaires, grâce à Kylian Mbappé. Il y en avait un qui avait envie de jouer.