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L’OTAN avertit d’un risque d’attaque russe d’ici 2029.

L’OTAN se prépare à une éventuelle attaque russe contre son territoire avant la fin de la décennie, selon le général allemand Christian Freuding. Des images satellites ont montré que de nouvelles casernes militaires sont en cours de construction près de Petchenga, avec une augmentation prévue des effectifs militaires de 4 000 à près de 10 000 hommes.


L’OTAN se prépare à un scénario qu’elle juge de plus en plus probable : une attaque russe contre son territoire avant la fin de la décennie. C’est l’avertissement formulé par le général allemand Christian Freuding dans un entretien accordé récemment au site anglophone Politico.

« L’année 2029 n’est pas une date fixée arbitrairement par l’Allemagne. Cette estimation découle d’analyses des services de renseignement partagées au sein de l’OTAN », a déclaré le général. « Les 32 États membres de l’Alliance estiment en effet que la Russie pourrait être en capacité d’attaquer un pays de l’OTAN à l’horizon 2029. »

Des simulations récentes, réalisées cette année par le quotidien allemand Die Welt en collaboration avec le German Wargaming Center de l’Université militaire Helmut Schmidt, montrent que sans le soutien et le leadership affirmés des États-Unis, l’Europe aurait du mal à réagir rapidement et efficacement à une escalade militaire russe dans les pays baltes.

L’analyse du général allemand fait suite à une enquête conjointe menée par plusieurs médias nordiques, notamment les chaînes de télévision publiques suédoise (la SVT), norvégienne (la NRK), danoise (DR) et le site d’information balte Delfi. Cette investigation révèle que la Russie continue d’étendre sa présence militaire près des frontières des pays de l’OTAN et se prépare à un éventuel conflit.

Les journalistes mentionnent des responsables des services de renseignement nordiques et des hauts gradés militaires. Selon eux, le risque d’une attaque russe serait très élevé dans les trois prochaines années. « Ce sera une guerre menée sur tous les fronts. Elle se déroulera sur terre, dans les airs, en mer, dans l’espace et dans le cyberespace », a déclaré Brian Nissen, commandant des forces de l’OTAN dans les pays baltes et la Pologne.

D’après les médias nordiques, la Russie renforce actuellement sa présence militaire dans cinq zones près des frontières de l’OTAN. Ces constats se basent sur des images satellites analysées par le journal britannique The Telegraph. Cette liste n’est pas exhaustive, des rapports mentionnant également un renforcement des infrastructures militaires russes près des frontières de l’OTAN en Russie et en Biélorussie.

La SVT, la NRK et DR signalent spécifiquement la région de Petchenga dans l’oblast de Mourmansk proche de la Norvège, les environs de Kandalakcha dans le même oblast près de la Finlande, le village de Novaja Vilga près de Petrozavodsk en Carélie, la base de Louga dans l’oblast de Léningrad près de l’Estonie, ainsi que l’enclave de Kaliningrad située entre la Pologne et la Lituanie.

Des images satellites confirment que de nouvelles casernes militaires sont en construction près de Petchenga. Le ministère russe de la Défense a indiqué que les unités sur place passeraient du niveau de brigade à celui de division. Selon Marko Eklund, ancien officier du renseignement finlandais, cela pourrait correspondre à une hausse des effectifs d’environ 4 000 à près de 10 000 hommes, et le site pourrait accueillir jusqu’à 17 000 soldats une fois les travaux finalisés.

Moscou construit également une nouvelle base près de Kandalakcha, destinée à accueillir une brigade d’artillerie pour soutenir les forces russes. Une autre installation est en construction à Novaja Vilga, près de Petrozavodsk.

À la base de Louga, les images satellites montrent une augmentation du nombre de véhicules militaires, tout comme à la base navale de Baltïïsk, dans la région de Kaliningrad. Dans ces deux sites, les effectifs passent du niveau de brigade à celui de division.

En se basant sur des sources du renseignement, la chaîne danoise DR indique que la Russie pourrait utiliser la région de Kaliningrad pour effectuer des débarquements sur des îles stratégiques en mer Baltique, notamment Gotland en Suède, Bornholm au Danemark et les îles Åland, autonome en Finlande.

Selon le commandant des forces armées finlandaises, Pasi Välimäki, les effectifs militaires russes près de la frontière avec la Finlande pourraient fortement augmenter, passant d’environ 20 000 soldats à près de 80 000. Par ailleurs, la SVT et la NRK précisent que la capacité cumulée des cinq bases russes évoquées permettrait de mobiliser jusqu’à 115 000 militaires vers l’Europe du Nord et les pays baltes.

« Il s’agit d’une menace à prendre très au sérieux. Nous ne pensons pas qu’il s’agisse uniquement d’une démonstration de force. Il s’agit plutôt pour la Russie de se doter des capacités nécessaires à un éventuel conflit de grande ampleur contre l’OTAN », a affirmé Thomas Nilsson, directeur du renseignement militaire et de la sécurité en Suède.

Plusieurs analystes estiment que la Russie pourrait chercher à exploiter pleinement ses infrastructures militaires situées près des frontières de l’OTAN lorsque l’intensité des conflits en Ukraine diminuera. « Tant que la Russie reste engagée en Ukraine, le niveau de menace directe demeure limité. En revanche, la situation pourrait évoluer rapidement en cas d’accalmie du conflit », conclut le commandant Brian Nissen.

Un article rédigé par Petra Hosenseidlová (ČT), publié le 16 juin 2026 à 06 h 00.