Une lycéenne nigériane ne sort pas un clip YouTube pour sa régularisation
Une lycéenne nigériane de 19 ans, Ayomide, a été déboutée du droit d’asile et va se retrouver « en situation irrégulière, sans logement d’ici la fin du mois de juin ». Le personnel et les élèves du lycée Jacques Duhamel de Dole ont décidé de se mobiliser pour soutenir sa future « demande de régularisation pour motif exceptionnel » auprès de la préfecture.
Elle souhaite chanter « pour la France » dans l’espoir d’obtenir une régularisation exceptionnelle. Déboutée du droit d’asile, une lycéenne nigériane de 19 ans a choisi de défendre sa cause à travers un clip diffusé sur YouTube.
« Je ne demande qu’à vivre la liberté… l’égalité… la fraternité », chante Ayomide dans Mains serrées, un texte composé pour elle par Damien Mollet, conseiller principal d’éducation (CPE) au lycée Jacques Duhamel de Dole (Jura), où elle est scolarisée.
**Demande d’asile rejetée en mai**
Avec sa mère, son frère et sa sœur, Ayomide est arrivée en France il y a environ deux ans après avoir « fui le Nigeria » où ils étaient « menacés », explique Damien Mollet. La demande d’asile de la famille ayant été rejetée en mai, elle se trouve « en situation irrégulière, sans logement d’ici la fin du mois de juin », précise le CPE.
« Indignés et bouleversés par cette situation », le personnel et les élèves du lycée ont décidé de se mobiliser pour la soutenir dans une future « demande de régularisation pour motif exceptionnel » auprès de la préfecture, indique l’un de ses professeurs, Quentin Besançon.
**Une pétition mise en ligne**
C’est ainsi qu’est née l’idée de ce clip, présenté par la voix de la jeune fille, reconnue l’an dernier lors du spectacle de fin d’année du lycée. « Tout le monde est tombé sous le charme […], on a été scotché. Elle a une voix magnifique, elle est très charismatique », encense son professeur, tout en soulignant la « détermination remarquable » de la lycéenne qui a appris le français en « moins de deux ans ».
« Nous ne pouvons accepter qu’un tel exemple de courage, de travail et d’intégration se termine par une mise à la rue et une expulsion », écrit-il sur la pétition mise en ligne pour que « Ayomide et sa famille puissent rester en France ».
La jeune femme, qui vient de passer le bac de français et se produit désormais régulièrement avec la classe de chant du conservatoire de Dole, ne « veut pas retourner dans un pays qui n’est pas libre ». « J’espère qu’on pourra rester en France, à Dole, continuer nos études et à chanter et vivre », affirme-t-elle.
