François Englert, prix Nobel de physique, est décédé à 93 ans.
François Englert, né à Etterbeek en 1932, a obtenu le prix Nobel en 2013. Il avait également reçu le prix Francqui en 1982 et le prix Wolf de physique en 2004.

Pouvez-vous résumer le concept du boson de Higgs-Englert en deux minutes ? « Non, c’est impossible » répondait François Englert.
Avec ses lunettes carrées, sa barbe blanche et son crâne dégarni, François Englert ne se laissait pas emporter par les ornements. Né à Etterbeek en 1932, ce professeur de physique a vu sa carrière transformée en 2013 avec l’attribution du prix Nobel. Cela a constitué une fierté non seulement pour l’Université libre de Bruxelles (ULB), où il était directeur du département de physique théorique, mais aussi pour la Belgique dans son ensemble.
À l’annonce de l’attribution du prix par l’académie Nobel, le monde politique belge lui a rendu un hommage fort. S’il souriait, il se contentait de peu de commentaires. Expliquer ses recherches et les vulgariser ? Il était conscient de la difficulté de l’exercice et craignait d’être mal compris.
Prix Nobel partagé avec Peter Higgs
Né en 1932 à Etterbeek, François Englert est un survivant de la Shoah. Issu d’une famille juive d’origine polonaise, il a été un « enfant caché » durant la Seconde Guerre mondiale. Pour lui éviter de tomber entre les mains de la Gestapo et d’être déporté, la famille Jourdan l’a accueilli à Profondeville, plus précisément à Lustin. Alors âgé de 9 ans, il devait se faire passer pour le fils de cette famille qui tenait un café-restaurant.
Ses parents, eux, ont été logés chez une autre famille, à proximité. Au bout d’un an, leur cachette est découverte. Il échappe de peu à l’arrestation en se réfugiant chez Achille Moreels, puis est pris en charge par l’Abbé Warnan, qui le baptise et l’inscrit sous une fausse identité dans la commune.
La famille s’installe à Annevoie sous une fausse identité, et François Englert est scolarisé avec son frère au collège Notre-Dame de Dinant. Le lauréat du prix Nobel a longtemps été discret sur cet épisode de sa vie. En 2017, il témoigne dans le journal Paris-Match : « Je culpabilisais de n’avoir pas entamé suffisamment de démarches pour rendre hommage aux personnes qui m’ont sauvé ».
À la libération, François Englert et ses parents retrouvent Bruxelles. Il poursuit ses études secondaires à l’Athénée royal de Koekelberg avant d’intégrer l’Université libre de Bruxelles. Il obtient un diplôme d’ingénieur civil en 1955, suivi d’une licence de physique deux ans plus tard. Il se rend ensuite à l’université Cornell aux États-Unis, où il travaille sous la direction de Robert Brout, avant de revenir à l’ULB comme chargé de cours en 1961, puis comme professeur en 1964.
Avec Robert Brout, qui a traversé l’Atlantique pour le rejoindre, il fonde le service de physique théorique de l’ULB en 1980.
En plus du prix Nobel, François Englert avait été récompensé par le prix Francqui en 1982 et le prix Wolf de physique en 2004.
Il avait été fait Commandeur du Mérite Wallon en 2012 et élevé au rang de Baron en 2014.
