Belgique

Maud De Ridder de Mars Attacks : ‘Nous ne voulons rien négocier’

Maud De Ridder affirme : « Jamais nous ne pénaliserons les élèves » et souligne que les épreuves externes ne représentent qu’une partie de l’évaluation globale. Le collectif Mars Attacks réclame le retrait des réformes votées et déclare ne plus croire à un dialogue avec Valérie Glatigny, la ministre de l’Éducation et de l’Enseignement.

Les élèves « jamais pénalisés », assure-t-elle

La suppression d’épreuves certificatives suscite cependant l’inquiétude de nombreux parents. Certains critiquent un mouvement devenu excessif et craignent que les élèves n’en pâtissent face au conflit entre enseignants et gouvernement.

Nous l’avons toujours dit : jamais nous ne pénaliserons les élèves.

Maud De Ridder rejette cette accusation. « Jamais nous ne pénaliserons les élèves », déclare-t-elle. La professeure souligne que les épreuves externes ne représentent qu’une partie minime de l’évaluation complète. Selon elle, le conseil de classe a suffisamment d’éléments pour décider de la réussite des élèves grâce au travail accompli tout au long de l’année scolaire. Elle admet pourtant que la fin d’année est « extrêmement éprouvante » et marquée par « la fatigue, l’incompréhension et l’incertitude ».

« Nous assistons à la démolition de l’école publique »

Au-delà de la contestation immédiate, Mars Attacks vise à critiquer de manière plus vaste les réformes adoptées récemment. Pour Maud De Ridder, celles-ci sont « purement idéologiques » et pourraient creuser les inégalités scolaires dans un système éducatif déjà considéré comme l’un des plus inégalitaires d’Europe.

Nous voulons une école gratuite, inclusive, ambitieuse et de qualité pour tous les élèves.

« Nous sommes vraiment en train d’assister à la démolition en règle de l’école publique », juge-t-elle. Le collectif préconise une école « gratuite, inclusive, ambitieuse et de qualité », où tous les élèves bénéficient d’une formation commune la plus longue possible.

Un mouvement « apartisan », mais un combat politique assumé

Ancienne échevine Écolo, Maud De Ridder est fréquemment accusée de donner une teinte politique au mouvement. Cependant, elle dément que Mars Attacks soit affilié à un parti. « C’est un mouvement pluriel qui est né dans les salles des professeurs », affirme-t-elle, en précisant que des opinions politiques variées s’y côtoient.

Notre combat est politique.

Elle admet néanmoins que la lutte a une dimension politique. « Notre combat est politique. Nous défendons une vision de l’école qui est juste, inclusive, gratuite. Nous voulons que tous nos élèves puissent bénéficier d’une formation commune le plus longtemps possible. »

Une vision qui inclut également, selon elle, un refinancement important de l’éducation. Face aux arguments budgétaires du gouvernement, elle estime que les ressources existent et milite pour une réforme fiscale qui concerne davantage les grandes fortunes.

La désobéissance civile comme stratégie

Une des particularités de Mars Attacks réside dans son recours à la désobéissance civile. Maud De Ridder ne cherche pas à adoucir son discours sur ce point. « Oui, il me semble », déclare-t-elle en réponse à la question de savoir si cette approche est devenue nécessaire. Puis, elle affirme sans réserve la ligne adoptée par le collectif : « Notre mouvement est radical. Nous ne voulons rien négocier. Notre message est clair depuis des mois ! »

Le collectif demande le retrait immédiat des réformes votées et annonce ne plus croire en la possibilité d’un dialogue avec Valérie Glatigny, la ministre de l’Éducation et de l’Enseignement. Selon l’enseignante, les demandes de concertation faites ces derniers mois sont restées sans réponse.

Une détermination intacte malgré les critiques

Les méthodes employées par le collectif suscitent néanmoins des controverses. Certains responsables politiques ont condamné la mise en ligne sur les réseaux sociaux des noms et photos des députés ayant soutenu les réformes, accompagnés du slogan « Ni oubli ni pardon ».

Maud De Ridder admet que certaines « formules peuvent sembler un peu cash », mais refuse de considérer cela comme une forme de violence.

Nous sommes déterminés. Nous ne lâcherons rien, ni aujourd’hui ni demain.

Ce message résume l’état d’esprit d’une partie des enseignants mobilisés. Malgré le vote des réformes et la possibilité de sanctions, Mars Attacks entend poursuivre la contestation, avec la conviction répétée tout au long de l’entretien : l’avenir de l’école publique est en jeu.