Tunisie

Campagnes de propreté : jamais efficaces et souvent fantaisistes !

L’été a commencé à s’installer, annonçant ainsi une période de surconsommation et d’usage d’emballages jetables, produisant davantage de déchets qu’au cours de l’année. Partout, aux confins de nos contrées, rien n’indique une certaine conscience de l’ampleur de la dégradation de l’environnement dans toutes ses dimensions.


L’été s’installe, marquant une période de surconsommation et d’utilisation d’emballages jetables, générant ainsi plus de déchets qu’à d’autres moments de l’année. À cela s’ajoute une pollution chronique qui perdure, malgré les initiatives sporadiques mises en place pour y remédier.

Ces jours-ci, dans de nombreuses régions côtières et urbaines, des campagnes de propreté et des actions collectives de nettoyage sont organisées, mobilisant des ressources humaines et matérielles. Cependant, ces efforts, bien que louables, semblent souvent ponctuels et liés à des événements particuliers, comme les visites de hauts fonctionnaires, ce qui donne l’impression que ces initiatives ne sont pas des actions régulières et que la propreté est un travail quotidien.

La gestion d’une ville ne dépend pas uniquement des municipalités, bien qu’elles soient responsabilisées pour la propreté. C’est une responsabilité collective. Malgré les appels à un engagement envers un environnement sain, peu de personnes semblent réellement attentives à cette problématique. Dans notre pays, il semble manquer une prise de conscience quant à l’ampleur de la dégradation environnementale. Multipler les campagnes de nettoyage n’indique pas nécessairement que la situation s’améliore. L’écocitoyenneté doit être cultivée au quotidien. Notre relation avec l’environnement ne doit pas être éphémère ou événementielle.

En dehors des constructions urbaines souvent chaotiques, les nombreux déchets visibles sont saisissants. À cela s’ajoute la prolifération des animaux errants, qui représentent un véritable danger. Nos quartiers, mal gérés, souffrent de l’incivisme et de l’indifférence, conduisant à leur abandon. Cela soulève des revendications pour le droit à un environnement sain, afin de protester contre les abus de gestion écologique et infrastructurelle.

Pourtant, le silence est de mise. Les municipalités, qui devraient être en première ligne, semblent inactives. Même face aux plaintes concernant des injustices ou des travaux incomplets, elles ne réagissent pas, donnant l’impression d’agir de manière autonome. Cela soulève des questions sur le rôle du ministère de l’Environnement, existant depuis plus de trente ans, et sur l’efficacité de ses organismes, censés protéger l’environnement. En réalité, des entités comme l’Anpe, l’Apal et l’Anged semblent ne pas avoir réussi à remplir leurs missions, possiblement en raison d’un manque de moyens pour honorer leurs engagements.