
Journée du 1er mai : Le Sénat soutient les boulangers et fleuristes
Le Sénat a adopté un projet de loi permettant aux boulangers et fleuristes de faire travailler leurs salariés le 1er-Mai, par 229 voix contre 110. Le texte doit maintenant être examiné à l’Assemblée nationale, avec l’objectif d’une adoption définitive avant le 1er mai 2027.
Le débat refait surface chaque année. Le Sénat a adopté mardi un projet de loi autorisant les boulangers et fleuristes à employer leurs salariés le 1er Mai. Ce sujet sensible concerne le seul jour férié chômé et payé pour tous, ravivant les divisions politiques quelques semaines après une Fête du travail déjà très marquée.
Porté par le gouvernement, ce texte vise à clarifier une situation ambiguë. Il a été adopté sans modification, avec 229 voix pour et 110 contre. Comme prévu, la droite et les centristes ont soutenu cette mesure, tandis que la gauche s’y est opposée, relayant les critiques des syndicats.
## Un texte pour lever le flou juridique
Pour justifier la réforme, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, décrit ce texte comme une « clarification ». Actuellement, le Code du travail autorise déjà certaines activités à fonctionner le 1er Mai, mais sans spécifications. Cela a conduit à une zone grise, avec des tolérances suivies de contrôles et d’amendes depuis 2023. Le projet de loi tente d’y mettre fin. Il stipule que les boulangers-pâtissiers et les fleuristes peuvent employer des salariés ce jour-là, sous réserve qu’un accord de branche organise leur volontariat et leur rémunération, établissant ainsi des règles là où l’incertitude prévalait.
Ce sujet va au-delà des deux professions concernées. Ces dernières semaines, le Premier ministre Sébastien Lecornu et Gabriel Attal avaient déjà été vus dans des boulangeries pour défendre « la liberté de travailler ». Une image forte, mais qui a également exacerbé les oppositions. « C’est une solution solide sur le plan juridique, intelligente sur le plan pratique et respectueuse de notre histoire sociale », a déclaré Jean-Pierre Farandou devant les sénateurs. Selon lui, l’obligation d’un accord de branche va « renforcer le pouvoir des syndicats ».
## Une « brèche » dénoncée par la gauche
Pour l’opposition, le danger réside ailleurs. Les groupes socialiste, communiste et écologiste craignent l’ouverture d’une « brèche dans le droit du travail ». Ils considèrent cela comme une remise en cause progressive d’un acquis historique, symbole des luttes sociales. La CGT va plus loin. Sa secrétaire générale, Sophie Binet, critique les « petits calculs politiciens » du gouvernement. Elle pense que cette mesure profitera surtout à « la grande distribution, à Interflora, à Marie Blachère, à Eric Kayser, à Paul, à toutes les grandes chaînes qui vampirisent aujourd’hui l’artisanat ».
Certains élus en faveur du texte le jugent néanmoins trop limité. « C’est un premier pas », admet Olivier Henno, rapporteur du texte au Sénat. Cependant, il déplore qu’il n’inclue pas d’autres secteurs, comme les métiers de bouche ou les entreprises culturelles. Observer les réactions des professions exclues, comme les bouchers ou les poissonniers, révèle une « rupture manifeste d’égalité ». Le débat sur le travail le 1er Mai est donc loin d’être résolu.
## Prochaine étape à l’Assemblée
Le texte doit désormais être examiné à l’Assemblée nationale. Les débats s’annoncent plus tendus, dans une chambre politiquement plus fragmentée. Cet examen ne devrait pas avoir lieu avant septembre. L’objectif affiché par le gouvernement est clair : obtenir une adoption définitive avant le 1er Mai 2027.
