
« Regards au quotidien » de Mokhtar Hnen : Héritage de la Médina de Tunis
Mokhtar Hnen, âgé de plus de 80 ans, continue à peindre et à exposer ses œuvres depuis 60 ans, avec actuellement 25 de ses œuvres exposées à la Galerie Ain (Salambo-le Kram). L’exposition personnelle « Regards au quotidien » se poursuit jusqu’au 20 juin 2026 et présente une large palette de sujets tels que « Marché de Halfaouine », « Hammam » et « le marchand d’oranges ».

Les tableaux de Mokhtar Hnen reflètent avec précision des métiers d’antan ainsi que des paysages urbains, véhiculant une vision à la fois nostalgique et vivante du patrimoine tunisien. Mokhtar Hnen est l’un des derniers membres de sa génération à pratiquer une peinture figurative riche en lumière.
La Presse — Lors de son exposition personnelle «Regards au quotidien», l’artiste adopte un style réaliste et impressionniste pour immortaliser l’architecture traditionnelle et les scènes de la vie populaire de la Médina de Tunis, mettant en avant son désir de préserver la mémoire des quartiers aujourd’hui disparus ou en dégradation. Ses œuvres saisissent avec précision les métiers anciens et les paysages urbains, fournissant une lecture à la fois nostalgique et vivante du patrimoine tunisien. Mokhtar Hnen est l’un des derniers représentants de sa génération à s’investir dans une peinture figurative riche en lumière.
À plus de 80 ans, Mokhtar Hnen poursuit sa carrière artistique, exposant ses œuvres depuis 60 ans. Il continue de peindre le même motif : la Médina de Tunis, avec parfois quelques excursions à Bizerte, la ville de son enfance. Actuellement, 25 de ses œuvres sont présentées à la Galerie Ain (Salambo-le Kram), à laquelle il est resté fidèlement attaché. Son lien profond avec la Médina de Tunis découle de sa formation.
Par le passé, employé dans un Centre d’animation culturelle et passionné de peinture, il s’est inscrit par hasard à un concours de dessin à l’École des Beaux-Arts de Tunis, située à Bab Sidi Abdessalem, qui offrait une formation professionnelle. C’est dans cet établissement qu’il a appris les techniques de peinture. Les enseignants Pierre Berjole et Henri Saâda envoyaient leurs élèves dans la Médina et ses environs pour réaliser des croquis, des exercices permettant de mieux saisir les proportions des habitations, d’affiner leur regard et de comprendre la réalité des quartiers de la Médina.
Après cette étape, Mokhtar Hnen parvient à obtenir un séjour à Cagnes-sur-Mer en France, puis à Paris, où il explore les rues de Montmartre et du Mont-Saint-Michel pour perfectionner ses compétences en dessin et en peinture, tout en effectuant de petits boulots pour subvenir à ses besoins. Il a même appris à jouer de la trompette et a travaillé dans un cirque, ce qui lui a permis de parcourir le monde. Malgré ses nombreuses aventures et voyages, il est resté attaché à la Médina de Tunis, qu’il a choisie comme sujet principal de ses compositions.
Depuis plus de cinquante ans, il consacre son œuvre à l’architecture et à la vie sociale d’un monde qu’il connaît intimement. Il est le dernier de sa génération à continuer à exercer ce métier, la plupart de ses collègues artistes étant décédés. Il a opté pour un style réaliste en peinture. Sa technique figurative, marquée par une touche impressionniste, anime ses tableaux colorés et lumineux. Il excelle dans la reproduction des détails d’une médina en ruine.
Pour conserver la mémoire des quartiers dont une grande partie a disparu, il revisite une époque révolue, tout en utilisant la technique figurative dans son travail. L’histoire qu’il narre est reconstituée à partir des nécessités contemporaines. Il propose une interprétation du passé, sans rechercher un retour en arrière. Notre mémoire reconstruit ainsi le passé. Toutefois, ses œuvres révèlent parfois une infraction aux règles du figuratif, avec des visages souvent suggérés plutôt que clairement définis. Outre l’architecture de la Médina qu’il reconstitue, les métiers demeurent également des sujets de prédilection.
Dans «Ses regards au quotidien», il décline une large palette : Marché de Halfaouine, Zawiat Bab Lakouass, Hammam, Bédouine préparant le couscous, marchand d’oranges, fleuriste, aiguiseur de couteaux, cordonnier et ses escapades bucoliques comme chemin vers le village, mais aussi d’autres impasses et ruelles qui résonnent avec les souvenirs des visiteurs de cette exposition, qui se poursuivra jusqu’au 20 juin 2026.
