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Guerre au Moyen-Orient : Israël ne bloque pas les négociations Iran-États-Unis.

Le Conseil suprême de sécurité nationale d’Iran a averti d’une réponse « imminente » au raid israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. Trois personnes ont été tuées dimanche dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, et « six blessés » ont été hospitalisés, selon la défense civile libanaise.


Les déclarations se sont multipliées ce dimanche, suscitant des incertitudes quant à un possible accord de cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis. La dernière en date provient d’Iran ce dimanche soir. Le Conseil suprême de sécurité nationale, la plus haute autorité en matière de sécurité en Iran, a averti d’une réponse « imminente » au raid israélien effectué plus tôt sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien.

« La réponse des combattants de l’islam est imminente […] Le Liban est notre vie et la violation des lignes rouges de la République islamique ne sera pas tolérée », a déclaré Mohammad-Bagher Zolghadr, secrétaire du Conseil, sur le réseau social X.

Les vols au départ des aéroports de l’ouest de l’Iran ont été annulés suite à la menace de Téhéran de frapper Israël en réponse à son bombardement de la banlieue sud de Beyrouth, selon une annonce de la télévision d’État iranienne.

« Les vols au départ des aéroports de l’ouest du pays ont été annulés jusqu’à nouvel ordre », a rapporté le média.

Plus tôt dans la journée, le principal négociateur iranien avait également déploré « l’agression » israélienne contre la banlieue sud de la capitale libanaise, affirmant que celle-ci « a une fois de plus démontré que les États-Unis n’ont soit pas la volonté de respecter leurs engagements, soit la capacité de le faire ». L’Iran a conditionné tout accord avec les États-Unis à un cessez-le-feu complet, y compris au Liban.

« Si vous n’avez ni la volonté ni la capacité de tenir vos engagements, il est inutile de parler de poursuivre dans cette voie », a ajouté sur X l’influent président du Parlement iranien, faisant référence aux négociations en cours.

Un haut responsable de l’état-major iranien a également pris position dans ce sens, avertissant que les frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth ne resteraient pas « impunies ». « Il ne fait aucun doute que ces crimes ne resteront pas impunis », a déclaré le général Mohammad-Jafar Assadi, vice-responsable du commandement interarmées iranien, rapporté par l’agence Defa Press.

L’armée israélienne a déclaré dimanche se préparer à une « attaque potentielle » sur son territoire, dans un communiqué militaire. « À la suite de la frappe menée par Tsahal à Beyrouth, le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, tient des évaluations de situation continues avec l’ensemble des commandants concernés », précise le communiqué, ajoutant que l’armée « se prépare à une potentielle attaque en direction du territoire israélien dans les prochaines heures ».

L’affaire de « quelques heures » selon Trump

De son côté, le président des États-Unis s’est exprimé auprès du média Axios ce dimanche, affirmant qu’un accord pour un cessez-le-feu avec l’Iran serait signé « dans quelques heures ». « Ça a tout chamboulé. Ça a retardé la signature de quelques heures. Ça devait avoir lieu maintenant. C’est désormais prévu dans quelques heures », a déclaré le républicain lors d’un appel téléphonique, manifestant sa frustration envers le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu’il a réprimandé à propos des frappes contre Beyrouth.

Plus tôt dans la journée, il avait déjà déclaré sur son réseau Truth Social : « L’attaque de ce matin à Beyrouth n’aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier où nous sommes si près d’un accord de paix avec l’Iran. » « Nous sommes très proches d’un accord qui apportera la paix dans la région, y compris au Liban, et toutes les parties devraient faire preuve de retenue. Il ne devrait plus y avoir d’attaques israéliennes nulle part au Liban, mais il ne devrait pas non plus y avoir d’attaques de la part d’aucune autre partie, y compris le Hezbollah, contre Israël […] Ne gâchons pas tout ! », a-t-il ajouté.

Trois morts dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth

Trois personnes ont été tuées dimanche lors d’une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, la deuxième en une semaine par Israël, qui affirme avoir riposté à des tirs du Hezbollah pro-iranien sur le nord de son territoire.

À la suite de cette attaque, l’Iran a accusé les États-Unis de ne pas respecter leurs engagements et son négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, a jugé « inutile de poursuivre » les pourparlers avec les États-Unis « si » les engagements n’étaient pas tenus.

Ces frappes pourraient compromettre la signature d’un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient que Donald Trump a annoncé pour dimanche. L’Iran a d’ailleurs déjà averti Israël que viser la capitale libanaise constituait une ligne rouge, justification donnée pour des tirs de missiles contre l’État hébreu il y a une semaine.

Israël a annoncé avoir effectué des frappes « dans le quartier de la Dahiyé, à Beyrouth […] en réponse aux tirs du Hezbollah en direction du territoire israélien”, a indiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un communiqué avec le ministre de la Défense Israël Katz, ajoutant que « d’Israël ne tolérera aucune attaque sur son territoire ».

L’armée israélienne a précisé avoir « frappé avec précision » un site d’infrastructure du Hezbollah, la banlieue sud de la capitale étant considérée comme l’un des bastions du mouvement chiite. L’agence nationale d’information libanaise (Ani) a signalé une frappe à Ghobeiry, un des faubourgs sud de Beyrouth.

Un correspondant de l’AFP a vu de la fumée et de la poussière sur s’élevant près d’un appartement endommagé. Des débris couvraient la rue commerçante, où des habitants recherchaient des survivants, dans une atmosphère de panique.

Trois corps ont été récupérés des décombres et « six blessés » ont été hospitalisés, selon la défense civile libanaise. L’armée israélienne avait également indiqué que le territoire israélien avait été la cible de drones tirés depuis le Liban, sans faire de victimes. Le Hezbollah a déclaré dimanche avoir mené plusieurs attaques contre des soldats israéliens dans le sud du Liban, mais n’a pas fait état d’attaques contre le nord d’Israël à ce stade.

Des responsables israéliens, y compris le Premier ministre, avaient averti que leur pays frapperait le sud de Beyrouth si le Hezbollah, soutenu par l’Iran, visait des localités du nord d’Israël, une position soutenue également par Washington.

Plus tôt dimanche, deux ministres israéliens d’extrême droite avaient appelé à des frappes de représailles sur les banlieues sud de Beyrouth.

Par ailleurs, l’agence de presse officielle libanaise Ani a rapporté des frappes israéliennes sur plus d’une douzaine de localités dans le sud du pays, avant et après les avertissements de l’armée israélienne qui avait demandé l’évacuation d’environ une trentaine de local.