
Les papas d’aujourd’hui ne prennent pas moins de congés parentaux.
Au premier trimestre de cette année, un nombre record de papas a profité du système de congé parental. Fin avril 2026, 41.597 pères belges et 66.286 mères belges étaient en congé parental payé dans le secteur privé.
La formule choisie par de nombreux pères est de prendre un jour de congé parental chaque semaine. Au premier trimestre de cette année, un nombre record de pères a profité du système de congé parental.
« « C’est plus que du dépannage », raconte un père rencontré. « On n’a pas forcément de la famille qui peut aider dans les environs, donc on se retrouve vraiment juste à deux à gérer un petit. Avec un jour supplémentaire par-ci par-là, ça donne du temps soit pour s’occuper du petit, soit juste pour prendre du temps pour la maison ou pour nous, donc c’est un vrai luxe ». »
Les témoignages de pères se multiplient. Un autre confie : « « Le fait que ça puisse aller jusqu’à ses 12 ans, c’est pas mal aussi, parce que si par exemple il arrive quelque chose ou peu importe, ça vous permet de prendre ce congé pour vous occuper de votre enfant » ».
Pour un père, « « C’était indispensable parce que ma femme a accouché. Avec l’aîné, puisque ce sont des grossesses assez rapprochées, je me devais d’être présent » ». Ces témoignages illustrent la diversité des raisons pour lesquelles les pères utilisent ce congé.
Cependant, bien qu’il y ait une augmentation du nombre de pères prenant des congés parentaux, deux tiers de ces congés sont toujours attribués aux mères. Ce choix est souvent lié à des considérations financières. « « Le congé parental est très mal indemnisé », constate Céline Cocq, chargée d’études à la Ligue des Familles. « Pour donner une idée, si vous prenez un mois, vous avez une indemnité de 900 euros. C’est quand même, pour la plupart des gens, une perte de salaire assez conséquente. Pour nous, c’est sûr que si on augmente l’indemnité, si on revalorise ce congé parental, probablement que les hommes seront plus enclins à le prendre et que le trou se comblera plus vite ». »
L’écart est encore plus marqué chez les parents indépendants. Johan, père de deux enfants, n’a pas droit au congé parental. « Si je veux passer du temps avec mon fils, je dois faire des choix, » explique-t-il. « Les papas, heureusement, commencent à être un peu plus sensibilisés à ça. Et ils se rendent compte que c’est important et qu’il y a autre chose que le travail. Et que ce n’est pas que les mères qui doivent tout porter. Ceci dit, ce qui est difficile, c’est que tout nous pousse en tant qu’hommes à rester focus sur notre travail, sur notre carrière, et pas à s’occuper des enfants. C’est dommage qu’il n’y ait pas plus qui soit fait dans le système, parce que les institutions ont ce pouvoir-là. »
À partir de 2028, les parents indépendants pourront bénéficier d’une semaine de congé parental, avec une augmentation progressive de cette période pour atteindre quatre mois, comme pour les salariés.
Pour la première fois depuis l’introduction du congé parental il y a vingt ans, son utilisation est en régression, annonce le prestataire de services RH SD Worx. Non seulement le congé parental payé est en baisse, mais le crédit-temps à temps partiel pour la garde d’un enfant de moins de 8 ans suit également une tendance à la baisse.
« « Début mai 2026, on compte en Belgique moins de parents en congé parental payé qu’un an plus tôt. Deux mouvements opposés se dessinent : davantage de papas (+ 370) prennent un congé parental payé, alors qu’en parallèle, moins de mamans le font (- 475) », précise Anneleen Verstraeten, conseillère juridique chez SD Worx. »
Concrètement, fin avril 2026, 41.597 pères belges et 66.286 mères belges prenaient un congé parental payé dans le secteur privé. En 2025, plus de 106.000 parents prenaient encore un congé parental payé (moyenne annuelle). Cette moyenne annuelle est estimée à 105.379 parents pour les quatre premiers mois de 2026, selon SD Worx.
SD Worx souligne toutefois que le pic du congé parental payé se situe traditionnellement pendant les mois d’été, atteignant son apogée en août.
Le crédit-temps à temps partiel (pour la garde d’un enfant de moins de 8 ans) continue également de diminuer. Pour les quatre premiers mois de 2026, SD Worx constate une baisse de 1,65 % par rapport à l’année précédente. En avril 2026, 24.106 parents étaient encore en crédit-temps à temps partiel. En crédit-temps à temps plein, ils ne sont plus que 2.110 pour la garde d’un enfant de moins de 8 ans.
