Belgique

Certificats médicaux : le SPF Emploi détermine des durées de référence pour 20 maladies

Le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale a publié vingt fiches cette semaine, à l’attention des médecins, pour les aider à déterminer la durée d’un certificat médical pour vingt affections courantes. Lawrence Cuvelier, président du GBO, a déclaré que ces fiches « sont irréprochables sur le plan scientifique », mais qu’il est important de « méfions-nous des choses trop réglées » en médecine.


Le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale a mis en ligne cette semaine vingt fiches à l’intention des médecins, destinées à les aider à estimer la durée d’un certificat médical pour un ensemble de vingt affections courantes, telles que l’asthme, le diabète de type 1, les cervicalgies, l’épilepsie, la fibromyalgie, la migraine, la sclérose en plaques et les troubles obsessionnels compulsifs.

Ces fiches fournissent des informations concernant la maladie ainsi qu’un « trajet de rétablissement » comportant des conseils sur les médicaments à prescrire, et un « trajet de retour au travail » avec des recommandations telles que la consultation d’un médecin-conseil.

De plus, elles incluent un tableau indiquant des durées de référence « pour l’arrêt de travail en fonction du rétablissement », offrant des moyennes pour la délivrance d’un certificat médical. Par exemple, la fiche sur la migraine stipule qu’en cas de migraine légère, la durée minimale peut être de 0 jour et la maximale de 3 jours, tandis que pour une migraine chronique sévère, la durée minimale recommandée est de 5 jours et la maximale de 30 jours.

Le professeur Lode Godderis a contribué à l’élaboration de ces fiches et a exprimé lors d’une interview à la VRT que déterminer la durée d’absence d’un patient souffrant, par exemple, d’un tennis-elbow s’avère souvent complexe. Il souligne qu’il est nécessaire de bénéficier d’une aide à la prescription tout en tenant compte des symptômes en rapport avec le travail et du poste occupé.

Maaike Van Overloop, présidente de l’association des médecins généralistes en Flandre, a déclaré à la VRT que son organisation a participé à ce projet, affirmant que ces fiches peuvent servir de support pour échanger avec les patients.

Lawrence Cuvelier, président du Groupement belge des omnipraticiens, a également partagé le point de vue des médecins généralistes francophones. Il a jugé les fiches « irréprochables sur le plan scientifique » tout en appelant à la prudence. Il a indiqué que, bien qu’elles soient indicatives, une trop grande rigidité pourrait nuire à la pratique médicale, car chaque situation et chaque patient est unique, ce qui constitue à la fois un défi et une richesse pour la médecine.

Cuvelier a également exprimé ses craintes quant à la pression qui pourrait s’exercer sur les médecins, mettant en avant le risque que la qualité de la relation médecin-patient en souffre. Selon lui, cette dynamique est délicate, car l’incapacité au travail dépend d’une multitude de facteurs, y compris le patient, le médecin, l’employeur et l’environnement social dans lequel ils évoluent.