
Espagne : Enquête pour fraude fiscale sur des bijoux de Zapatero
José Luis Rodríguez Zapatero est accusé de ne pas pouvoir « justifier du paiement des droits de douane, des taxes spéciales ou des impôts associés à l’importation » de bijoux d’une valeur totale de « 1.323.915 euros » après la découverte de ceux-ci lors d’une perquisition le 19 mai. Les déboires judiciaires de José Luis Rodríguez Zapatero ont ébranlé le gouvernement du Premier ministre actuel, le socialiste Pedro Sánchez, qui a maintenu son soutien envers son prédécesseur malgré la pression croissante.
Des bijoux qui pourraient coûter cher à l’ancien Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero, une figure historique et respectée de la gauche espagnole, qui se retrouve désormais face à des problèmes juridiques, étant déjà visé par une enquête pour trafic d’influence.
Il est également soupçonné de fraude fiscale et de contrebande présumées suite à la découverte, le 19 mai, de bijoux dans son bureau lors d’une perquisition, comme l’a annoncé la justice espagnole.
José Luis Rodríguez Zapatero est accusé de ne pas pouvoir « justifier du paiement des droits de douane, des taxes spéciales ou des impôts associés à l’importation » de ces bijoux d’une valeur totale de « 1.323.915 euros », selon un document publié par l’Audience nationale, chargée des investigations. Ces accusations s’ajoutent à celles de trafic d’influence et de blanchiment de capitaux dans cette enquête désormais multi-volets, qui concernait initialement le rôle de José Luis Rodríguez Zapatero dans le sauvetage en 2021 d’une petite compagnie aérienne. Inculpé depuis le 19 mai pour cette partie du dossier, il a été convoqué les 17 et 18 juin pour être entendu en tant que « chef présumé d’une structure stable et hiérarchisée » visant à obtenir des pots-de-vin, selon l’Audience nationale. José Luis Rodríguez nie ces accusations.
Parmi les points marquants de cette enquête, dont l’AFP a eu connaissance, figure la découverte, lors d’une perquisition menée le 19 mai, de bijoux et de montres de luxe dans un coffre-fort appartenant à l’ancien chef du gouvernement socialiste (2004-2011). Son entourage a attribué ces objets à des héritages familiaux. Son avocat a, pour sa part, évoqué publiquement un montant bien inférieur à celui d’1,3 million d’euros estimé par les enquêteurs. Ce vendredi, la justice a mentionné dans l’ordonnance « des biens de luxe de grande valeur », comportant de multiples colliers, bracelets, boucles d’oreilles et bagues, ainsi que des montres.
Les déboires judiciaires de José Luis Rodríguez Zapatero ont eu un impact indirect sur le gouvernement du Premier ministre actuel, le socialiste Pedro Sánchez, l’opposition appelant à sa démission et à des élections anticipées. Le chef de gouvernement, dont la femme, le frère et l’ancien bras droit en politique sont également impliqués dans des affaires judiciaires, a jusqu’à présent maintenu son soutien envers son prédécesseur de gauche.
Cependant, la pression a augmenté ces derniers jours, malgré la parenthèse provoquée par le voyage du pape en Espagne, avec des révélations gênantes pour l’exécutif concernant une présumée officine au sein du Parti socialiste (PSOE) chargée, selon les enquêteurs, d’interférer dans les enquêtes visant les proches de Pedro Sánchez. Ce dernier affirme n’avoir « jamais eu connaissance » d’une telle initiative.
