
L’UE reprend lundi les négociations d’adhésion de l’Ukraine.
L’Union européenne a annoncé qu’elle reprendrait lundi les négociations d’adhésion avec l’Ukraine, après des mois de blocage liés au veto hongrois. Tous les États membres ont convenu d’ouvrir le premier « cluster » de négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie.
L’Union européenne a annoncé qu’elle reprendrait lundi les négociations d’adhésion avec l’Ukraine, après plusieurs mois de blocage en raison du veto hongrois. Ce changement a été rendu possible par un revirement politique à Budapest, relançant ainsi les discussions.
Un calendrier similaire est prévu pour la Moldavie. « Tous les États membres ont convenu d’ouvrir le premier « cluster » de négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie », ont déclaré Antonio Costa et Ursula von der Leyen. Cette décision est qualifiée de tournant dans le processus d’élargissement.
Une étape symbolique mais stratégique
Pour Bruxelles, le message est sans équivoque. « C’est une reconnaissance de la détermination, du courage et du travail acharné dont ont fait preuve les deux pays pour faire progresser les réformes, malgré d’immenses défis », ont affirmé Antonio Costa et Ursula von der Leyen. Les deux dirigeants considèrent cela comme une « étape majeure ». Ce constat cache un enjeu politique important : confirmer que l’Ukraine, engagée dans un conflit contre la Russie, s’inscrit toujours dans une trajectoire européenne. Cette relance était attendue depuis longtemps.
Les négociations débutent par un premier bloc. Ce « cluster » se concentrera sur les valeurs et principes fondamentaux que Kiev et Chisinau doivent respecter pour intégrer l’UE. En tout, six « clusters » sont prévus, comprenant des dizaines de chapitres allant de l’environnement au marché intérieur. L’objectif est de garantir que les pays candidats adoptent l’ensemble des règles européennes, connues sous le nom d’« acquis communautaire ».
Un veto hongrois finalement levé
Le processus avait été ralenti durant des mois. La Hongrie de Viktor Orbán s’opposait à la poursuite des discussions, bloquant toute avancée depuis 2024. La situation a évolué après l’élection de son opposant Peter Magyar. Ce changement politique a permis de lever le veto et d’ouvrir les négociations. Cette étape était nécessaire, car chaque avancée requiert l’accord unanime des 27 États membres.
Cette reprise ne constitue qu’un début. L’adhésion de l’Ukraine est un processus long, qui pourrait nécessiter plusieurs années avant d’aboutir. Même en cas de succès, l’entrée dans l’UE devra être validée par tous les États membres et ratifiée par chacun, soit via un vote parlementaire, soit par un référendum. Ce parcours est exigeant, mais Bruxelles est prête à l’assumer.
Pour les dirigeants européens, la stratégie est limpide. « L’élargissement est un choix stratégique », ont souligné Antonio Costa et Ursula von der Leyen. « Dans un monde marqué par une incertitude croissante, une Union européenne plus large est dans notre intérêt commun », ont-ils ajouté. Cette dynamique politique forte va bien au-delà du seul dossier ukrainien et redessine les contours de l’Union.
