Belgique

Les victimes de Strépy-Bracquegnies déclarent : ‘On va enfin pouvoir commencer notre deuil’

Grégory D’Andrea, le frère de l’une des sept victimes tuées à Strépy-Bracquegnies il y a quatre ans, a déclaré : « C’était le minimum à mes yeux. » Paolo Falzone encourt une peine de 30 ans de prison.


« Justice a été faite », déclare immédiatement Grégory D’Andrea, frère de l’une des sept victimes tuées à Strépy-Bracquegnies il y a quatre ans. « C’était le minimum à mes yeux. Bien sûr, j’aurais espéré qu’il soit jugé pour assassinat dans le cas de mon frère, mais je respecte la décision. Espérons à présent que la peine soit à la hauteur. »

Paolo Falzone risque une peine de 30 ans de prison. À la fin du prononcé, la question de la peine émerge dans de nombreuses discussions. Cependant, plusieurs parties civiles préfèrent accueillir ce moment. Pour Nicolas D’Andrea, l’autre frère, l’essentiel s’est joué aujourd’hui.

« Je n’ai pas trop envie de m’accrocher à la peine, surtout compte tenu des conditions de détention en Belgique et des réductions possibles. Moi, ce que je retiens, c’est que les sept meurtres ont été entendus. C’est la grosse étape qui va nous permettre d’avancer et de commencer notre deuil. »

L’avocat des parties civiles, Me Mayence, s’est également déclaré satisfait de la décision, même si l’assassinat n’a pas été retenu par le jury. « C’est surtout très important pour les victimes d’être reconnues cette fois-ci vraiment dans ce qu’elles ont vécu, c’est-à-dire tout sauf un simple accident de roulage. » Une proche de victime a ajouté : « Vous n’imaginez pas l’impact que le mot coupable peut avoir sur nous. »

David Gelay, un autre avocat de parties civiles, a discuté avec celles-ci à la sortie de l’audience. Il a confirmé le sentiment général de satisfaction après le verdict. « Mes clients vont pouvoir enfin dire à leur père sur la tombe de celui-ci en se recueillant : ‘papa, justice t’a été rendue’. »

Florian Devise, autre représentant des victimes du procès, a réagi aux nombreuses demandes d’interview. « Je suis soulagé. Je ne peux pas dire que je suis content, mais ça fait du bien à entendre. » Il a décrit cette journée mémorable qu’il ne pourra jamais oublier. « Quand on est arrivé ce matin, il suffisait de voir nos têtes : ça n’allait pas. Le stress était là. Mais maintenant, on peut se prendre dans les bras. J’espère que cette situation permettra de prendre conscience de ce qui peut se passer quand on est derrière un volant. »

Du côté de la défense, Frank Discepoli, qui a plaidé pour l’homicide involontaire, a exprimé sa déception quant au verdict. « Nous aurions souhaité avoir des réponses à nos légitimes arguments et interrogations. S’il voulait tuer ces gens, pourquoi a-t-il freiné ? Et pourquoi ne considère-t-on pas qu’il ait pu avoir été surpris ? »

« Nous aurions aimé davantage de motivations, mais la loi ne l’impose pas dans le cas d’un jury populaire. Cela me frustre, mais c’est le système légal de la cour d’assises aujourd’hui en Belgique. »

Les familles et le public quittent progressivement la salle puis le Lotto Mons Expo après de longues et émouvantes étreintes. « Il y aura un avant et un après procès », conclut la veuve de Frédéric D’Andrea, Sandra. « À partir du moment où on est la femme de ou l’enfant de victime du drame de Strépy, on n’est plus qu’une étiquette. J’espère que cette étiquette va pouvoir tomber et que nous allons pouvoir revivre. »