
Réforme de l’enseignement : Elisabeth Degryse plaide pour une trêve pendant les examens.
La session d’examens de juin suscite des opinions variées concernant son maintien dans le contexte actuel. Selon Valérie Glatigny, ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, « il y a des examens internes qui peuvent être organisés ou pas dans les établissements, mais il y a aussi des épreuves certificatives externes (CEB, CE1D, CESS) que nous comptons maintenir parce que c’est dans l’intérêt des élèves, en particulier des élèves les plus fragiles ».
La tenue des examens de juin est-elle envisageable ? Cette question a été soulevée mercredi lors de l’émission « QR le débat », et les réponses sont variées. Alain Koeune, président de la FEADI (Fédération des associations de direction de l’enseignement secondaire catholique), a déclaré : « Le mouvement de colère est partout, mais s’est manifesté de manière différente selon les cultures scolaires et les régions. Dans certaines écoles, il n’y a plus eu cours depuis plusieurs semaines. Il convient de se demander si le maintien des épreuves est pertinent dans ce contexte où les élèves n’ont pas pu être préparés. »
Il a également indiqué que dans d’autres établissements, malgré les perturbations, des épreuves pourraient être programmées pour les élèves en difficulté, afin de compléter les informations nécessaires pour leur avenir académique. Dans certaines écoles où l’enseignement a continué normalement, les examens doivent se tenir pour permettre aux élèves de conclure leur année dans des conditions satisfaisantes.
À Liège, le directeur du Collège Sainte-Véronique a annoncé que les examens internes ne pourront pas être maintenus. Mathias Tyssens a expliqué : « Liège est une ville frondeuse et malheureusement, le mouvement va sûrement s’amplifier au détriment des élèves. Nous sommes en faveur de l’organisation d’examens, car passer un examen est une compétence en soi. Étant donné que les universités et Hautes Écoles maintiennent les examens, les élèves doivent être préparés. Toutefois, je suis désormais contraint de supprimer les examens, sauf pour les épreuves externes, et je ne peux garantir qu’elles se dérouleront dans de bonnes conditions. »
Il a également souligné qu’un élève qui n’a pas pu aborder toute la matière et échoue pourrait voir son travail annuel pris en compte par le conseil de classe, qui pourrait lui délivrer son certificat malgré tout.
Pour Valérie Glatigny, ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, il existe des examens internes qui peuvent être organisés au sein des établissements. Cependant, les épreuves certificatives externes (CEB, CE1D, CESS) seront maintenues dans l’intérêt des élèves, en particulier des plus vulnérables. Elle a déclaré : « Ce sont des jalons importants pour que l’élève et ses parents sachent où ils en sont. Et dans la législation, il est toujours possible d’adapter un peu. »
Roland Lahaye, secrétaire général CSC Enseignement, a exprimé une position plus stricte en affirmant que les examens ne devraient pas avoir lieu dans le contexte actuel, car on ne peut garantir leur sérénité. Selon lui, un pilotage efficace dépend d’une participation équitable des écoles. Il a ajouté que la culture de l’évaluation devrait être remise en question, car en Fédération Wallonie-Bruxelles, une année n’est considérée comme réussie que si les examens de juin sont organisés.
Martin Casier, chef de groupe PS en Fédération Wallonie-Bruxelles, a fait remarquer que les décisions doivent revenir aux écoles, car les conseils de classe joueront le rôle clé dans la délivrance des certificats. Il a insisté sur la nécessité que les établissements prennent soin des élèves en difficulté.
Enfin, Elisabeth Degryse, ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a appelé à une trêve, déclarant que l’accent doit être mis sur les élèves et l’organisation des épreuves certificatives ou des examens internes d’ici le 2 juillet, afin de leur démontrer que les désaccords peuvent être mis de côté pour leur réussite.
