FranceSport

Charlie Dalin, vainqueur du Vendée Globe 2024, meurt à 42 ans.

Charlie Dalin est décédé à l’âge de 42 ans, atteint d’une tumeur stromale gastro-intestinale, a annoncé sa famille ce jeudi. Diagnostiquée à l’automne 2023, la maladie n’avait pas empêché le skippeur de participer à l’Everest des mers sur son Imoca, Macif, un an plus tard.


Charlie Dalin gardait l’espoir de revenir un jour sur une transatlantique pour défier les océans, comme il l’avait fait avec brio en 2024 en remportant le Vendée Globe en battant le record avec un temps de 64 jours, 19 heures, 22 minutes et 49 secondes. Malheureusement, atteint d’une tumeur stromale gastro-intestinale, une forme rare de cancer, le marin normand s’est éteint à l’âge de 42 ans, comme l’a annoncé sa famille ce jeudi. « C’est avec une profonde tristesse que notre famille et moi-même annonçons le décès de mon mari Charlie Dalin, des suites d’une longue maladie », a écrit sa femme, Perrine Le Pape, dans un message transmis à l’AFP.

Diagnostiquée à l’automne 2023, la maladie n’avait pas empêché le skippeur de participer à l’Everest des mers sur son Imoca, Macif, un an plus tard. « Si les médecins avaient eu des doutes, je n’y serais pas allé, racontait-il lors de la sortie de son livre *La Force du destin* (Gallimard), en octobre. Je n’aurais pas pris de risques vis-à-vis de ma femme et de mon fils. Navigateur, c’est mon métier, ils étaient contents que je reprenne le large. »

### Carrière entre parenthèses à cause de la maladie

Sur son bateau, Charlie Dalin était obligé de prendre une pilule quotidiennement tout en essayant de dormir le plus possible. « La maladie m’a aussi fait relativiser, expliquait-il. Pouvoir m’élancer, c’était déjà une victoire. On le dit souvent mais dans mon cas cela n’a jamais été aussi vrai. J’ai eu des douleurs au ventre, je me suis juste dit : “Tu n’as pas le temps de t’occuper de ça.” Quand je suis revenu à terre, je l’avais presque oublié. »

Quelques semaines après son retour victorieux aux Sables-d’Olonne (Vendée), quatre ans après avoir été proche de remporter le Vendée Globe, Charlie Dalin avait dû subir une opération, la maladie ayant progressé. Il avait alors mis sa carrière entre parenthèses et confié son Imoca au navigateur britannique Sam Goodchild pour les courses de l’année, y compris la Transat Café L’Or, où il a terminé à la troisième place en novembre 2025.

### Marin de l’année 2025

À la fin de l’année, Charlie Dalin avait été récompensé par le prix de Marin de l’année, à l’unanimité des votes, une première dans l’histoire de cette distinction annuelle organisée par la Fédération française de voile. « Ça me manque les courses, les départs, cette euphorie, cette ébullition au départ comme aux arrivées, assurait-il, ému. J’ai l’impression de revivre un petit peu ça ce soir, ça fait du bien. »

Il travaillait à Lorient comme conseiller architecte naval au sein de l’écurie Macif, participant à la conception du prochain Imoca de l’équipe. Il se laissait encore la possibilité de participer cette année à la Route du Rhum, qu’il avait terminée à la deuxième place en 2022, si son état de santé le permettait.

« Charlie laisse une empreinte indélébile dans l’histoire du Vendée Globe, par son talent et par sa combativité, sur l’océan comme face à l’épreuve qu’il affrontait, a réagi Alain Leboeuf, le président du Vendée Globe. Derrière le champion, je n’oublie pas l’homme, et le respect qu’il inspirait à tous ceux qui l’ont côtoyé. Je pense à son épouse, à son fils, à toute sa famille. Je leur adresse, au nom de toute l’organisation, mon soutien, mon profond respect et toute mon affection dans cette épreuve. »