Émeutes à Belfast : violences anti-immigrés et attaques au couteau
Hadi Alodid, un Soudanais âgé de 30 ans, est entré en Irlande du nord en 2023 depuis la République d’Irlande, en provenance de Paris. Des centaines de personnes, souvent le visage masqué, se sont rassemblées à Belfast, où un bus, des voitures et des maisons ont été incendiés.
La vidéo de l’agression a suscité une onde de choc à travers le pays. On y observe un homme assis sur une victime au sol, lui portant des coups et l’agressant avec un couteau. Le jour suivant cette attaque, de violents incidents se sont produits mardi soir à Belfast lors de manifestations anti-immigrés. L’Irlande du Nord craignait une nouvelle nuit de violences ce mercredi. Voici les éléments à retenir.
**Qui est l’auteur de l’agression au couteau ?**
Hadi Alodid, un Soudanais de 30 ans, est entré en Irlande du Nord en 2023 depuis la République d’Irlande, après avoir quitté Paris. Il a obtenu le statut de réfugié, avec un titre de séjour valide jusqu’en 2028.
Lors de son comparution devant le juge, il a choisi de renoncer à la présence d’un avocat, assisté par un interprète arabophone. À l’issue de l’audience, il a été placé en détention provisoire. La police nord-irlandaise n’envisage pas, à ce stade, de piste terroriste.
La victime, un homme d’environ quarante ans, a été hospitalisée avec « de graves lacérations au dos et au visage », selon les déclarations de la police. Il a perdu son œil gauche. Sa famille a lancé un appel au calme.
**De quoi sont accusés les réseaux sociaux ?**
Suite à la diffusion de la vidéo, des figures de l’extrême droite britannique, dont le militant Tommy Robinson, ont appelé mardi à manifester à travers le pays. Ce message a été soutenu par le patron de la plateforme X, Elon Musk, qui les a incités à « manifester souvent et fortement ».
Les autorités ont dénoncé le rôle joué par les réseaux sociaux, accusant certains d’avoir alimenté la colère en ligne. Le régulateur des médias Ofcom a averti les plateformes de leurs obligations légales.
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a également exhorté les « fournisseurs » de ces plateformes de réseaux sociaux à « prendre au sérieux leur responsabilité face à la déshumanisation, aux discours de haine, à la violence et à l’incitation à la violence, qui sont inacceptables ».
**Que s’est-il passé à Belfast lors des émeutes ?**
Des centaines de personnes, souvent masquées, se sont rassemblées à Belfast. Des bus, des voitures et des maisons ont été incendiés. « Vers 19h30, ils ont commencé à mettre le feu à des poubelles », puis ils « ont lancé des cocktails Molotov », a précisé un habitant d’origine indienne.
« Rien ne peut justifier la violence et le désordre que nous avons vus, menaçant nos communautés, ni les actes de ceux qui les ont encouragés, sur Internet ou ailleurs », a déclaré le Premier ministre britannique Keir Starmer. « Il est clair que des personnes ont été prises pour cible hier soir en raison de leurs origines ».
Des manifestations anti-immigrés violentes avaient déjà secoué l’Irlande du Nord par le passé, notamment en 2024 et 2025. Une semaine plus tôt, à Southampton, une manifestation contre la gestion d’un meurtre par la police locale, qualifiée de « raciste », avait également dégénéré.

