Handball : Metz remporte enfin sa première Ligue des champions féminine.
Metz a remporté la Ligue des champions féminine en battant Györ en finale (31-29) à Budapest. Emmanuel Mayonnade, entraîneur de Metz, a déclaré : « Ça fait 60 ans que le club existe, et ça fait 60 ans qu’on attend ce moment ».

Pour la première fois dans leur histoire, les handballeuses de Metz remportent la Ligue des champions féminine en battant en finale le double champion en titre, Györ, sur le score de 31-29, dimanche à Budapest. Après avoir éliminé le CSM Bucarest (32-27) en demi-finale et effacé quatre récents échecs aux portes de la finale (2019, 2022, 2024 et 2025), les Lorraines ont fêté ce succès devant 700 supporters venus de Moselle, vêtus de jaune.
« Ça fait 60 ans que le club existe, et ça fait 60 ans qu’on attend ce moment », a déclaré leur entraîneur Emmanuel Mayonnade au micro, 45 minutes avant le début du match, en soulignant l’importance de ce moment pour le club créé il y a 61 ans. Ce triomphe couronne les efforts européens de Metz, qui participe à sa 38e campagne consécutive, incluant quatre demi-finales de Ligue des champions, ainsi que quatre demi-finales de Coupe d’Europe et une finale de Coupe d’Europe, depuis sa première en 1989-1990, marquée par le premier des 27 titres de champion de France.
Une décennie de construction avec Mayonnade
Les 14 Coupes de France viennent s’ajouter à ce palmarès, faisant de Metz l’un des clubs les plus titrés de France, tous sports confondus. « Metz est un club à part. Ai-je le droit de dire que c’est légitime que le plus grand club du handball français féminin soit le premier à gagner la Ligue des champions féminine ? Ce n’est peut-être pas offensant pour les autres », a noté Emmanuel Mayonnade, qui a souligné « le sentiment du devoir accompli » dimanche.
Olivier Krumbholz, un enfant du coin, débute à la fin des années 1980 avec l’ASPTT Metz, aujourd’hui devenu un club emblématique. Il quittera le club en 1995, dix ans avant que Thierry Weizman ne prenne la présidence. Ce dernier a redressé un club en difficulté, le transformant économiquement et sportivement en l’un des meilleurs d’Europe et en pépinière de joueuses françaises. Cette ascension est également due à Emmanuel Mayonnade, qui a pris la direction de l’équipe en 2015.
L’impact de Johanna Bundsen
La gardienne de but, qui célébrera ses 43 ans dans quatre jours, a brillé chaque année en Ligue des champions, malgré un budget (5 millions d’euros) beaucoup plus faible que celui de la concurrence, qui se renforce chaque été, comme les Hongroises de Györ, qui accueilleront cet été la capitaine messine et pivot des Bleues, Sarah Bouktit.
Cependant, le savoir-faire de Metz Handball et de Mayonnade permet d’intégrer des talents prometteurs, tant français qu’internationaux, pour compenser ces départs, comme Lylou Borg, dont le but crucial après six minutes de disette a soulagé l’équipe dans le « money time » (31-28, 57e). D’autres signatures marquantes, notamment celle de la gardienne suédoise Johanna Bundsen l’été dernier, ont également renforcé l’équipe.
« Le cœur chaud et la tête froide »
Brillante en demi-finale, Johanna Bundsen a encore réalisé un arrêt crucial face à Anna Lagerquist, à trois minutes de la fin (31-28). Avant cela, les Messines avaient creusé un écart de six buts (28-22, 45e), grâce à la performance exceptionnelle de Sarah Bouktit (12 buts sur 15 tirs), élue meilleure joueuse du Final Four. Elles ont ensuite dû résister à la formidable remontée hongroise dans une ambiance assourdissante, jusqu’à ce que Lucie Granier provoque un passage en force décisif à 50 secondes de la fin.
« On dit souvent qu’il faut avoir le cœur chaud et la tête froide. C’est ce qu’a eu l’équipe en finale. C’est ce qu’on a essayé de travailler cette saison avec le coach, qui a su gérer son stress », a déclaré Lucie Granier.
Sa coéquipière Léna Grandveau, qui a enregistré dix passes décisives en finale, savoure ce moment ultime de leurs carrières : « C’est un moment incroyable dans nos carrières, dans nos vies. L’année dernière, nous étions déçues d’être dans les tribunes en finale, classées quatrièmes. Cette Ligue des champions, c’était notre rêve, et je m’en souviendrai toute ma vie ».

