France

Affaire Lyhanna : Darmanin s’excuse, « l’institution judiciaire n’a pas su protéger »

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a présenté vendredi ses excuses à la famille de Lyhanna, après la confirmation de la mort de la fillette de 11 ans disparue depuis le 29 mai dans le Gers. Selon la procureure de la République d’Auch, Jérôme B., 41 ans, mis en examen pour enlèvement et séquestration, avait déjà fait l’objet de plaintes pour viol en 2022 et en 2025.


Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a présenté ses excuses à la famille de Lyhanna, suite à la confirmation de la mort de la fillette de 11 ans disparue depuis le 29 mai dans le Gers. Interrogé sur TF1, il a déclaré que « l’institution judiciaire n’(a) pas su protéger » l’enfant.

Le corps de Lyhanna a été identifié grâce à une analyse ADN après avoir été retrouvé dans un silo désaffecté à Puycasquier. Gérald Darmanin a critiqué le suivi judiciaire des plaintes portées contre le principal suspect, affirmant que « on a failli dans le suivi des plaintes » et qualifiant cela d’« immense échec », tout en exprimant sa « fureur » face aux éléments révélés depuis le début de l’enquête.

**Des responsabilités pourraient être engagées**

Le ministre a réagi aux antécédents de Jérôme B., 41 ans, mis en examen pour enlèvement et séquestration et placé en détention provisoire. Selon la procureure de la République d’Auch, cet homme avait déjà été l’objet de plaintes pour viol en 2022 et 2025. La première plainte a été classée sans suite, tandis qu’une enquête est toujours en cours concernant la seconde.

Estimant que des responsabilités pourraient être engagées, Gérald Darmanin a déclaré que, « si jamais les intuitions qui sont les miennes […] sont avérées », il proposerait « évidemment des sanctions » contre des magistrats en cas de « défaillances » ou de « fautes professionnelles ». Il a rappelé que « l’indépendance » des magistrats, « ce n’est pas l’irresponsabilité ».

**Des excuses à la famille de Lyhanna**

Le garde des Sceaux a également « présenté (ses) excuses » à la famille de la victime ainsi qu’aux Français « légitimement choqués, terrifiés de voir de telles défaillances ». Ses déclarations interviennent alors qu’une enquête administrative a été confiée à l’Inspection générale de la justice et à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale afin d’éclaircir les conditions de traitement des plaintes visant le suspect.

Plus tôt dans la journée, Emmanuel Macron a évoqué un possible dysfonctionnement. Depuis le Monténégro, le chef de l’État a estimé qu’« il y a un dysfonctionnement […] et c’est inacceptable », affirmant ne vouloir « entendre aucun argument de moyens dans cette affaire ». Les premières conclusions de l’enquête administrative sont attendues dans un délai de quinze jours.