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Incident à l’ISS : la NASA protège les astronautes en raison de fuites.

La Nasa a demandé aux membres de l’équipage de l’ISS, dont la Française Sophie Adenot, de se préparer à une évacuation en raison de fuites dans le module russe Zvezda, mais l’alerte a été levée moins d’une heure plus tard. Les réparations ont été « mises en pause » par l’agence spatiale russe et la Nasa a ordonné de mettre fin à la procédure de mise à l’abri.


Alerte terminée dans l’ISS. La NASA a annoncé, ce vendredi après-midi, avoir ordonné la mise à l’abri des astronautes de Crew-12, parmi lesquels se trouve la Française Sophie Adenot, dans leur capsule amarrée en raison de travaux de réparation de fuites par des astronautes russes. Bethany Stevens, porte-parole de l’agence spatiale américaine, a précisé sur X que cette décision avait été prise « par abondance de précaution ».

Cependant, l’alerte n’a pas duré longtemps, car la même source a indiqué, moins d’une heure plus tard, que l’alerte était levée, les réparations ayant été « mises en pause » par l’agence spatiale russe. La NASA a donc « indiqué aux membres d’équipage à l’intérieur de la capsule Dragon de mettre fin à leur procédure de mise à l’abri et de retourner à leurs opérations planifiées dans la Station », a écrit Bethany Stevens. Cet épisode est analysé par Olivier Sanguy, responsable de l’actualité spatiale à la Cité de l’espace de Toulouse.

Que s’est-il passé exactement ? La fuite concernée s’est produite dans le module russe Zvezda, qui est l’un des plus anciens modules de l’ISS. Ce module représente principalement la zone de vie de la Station, du côté russe. Des vaisseaux spatiaux, notamment des cargos russes, peuvent s’amarrer à l’arrière de ce module, et il existe un tunnel de jonction entre les deux. Toutefois, cela fait plusieurs années que l’agence spatiale russe Roscosmos, en collaboration avec les partenaires de l’ISS, a constaté des fuites dans ce tunnel.

Ces fuites varient dans le temps, et aujourd’hui, les Russes ont décidé de procéder à des réparations. Par précaution, la NASA a demandé aux cinq autres astronautes de la Station, des Américains ainsi que la Française Sophie Adenot, de se préparer à évacuer.

Qu’entend-on par « prêts à partir » ? Selon les informations disponibles, ils étaient déjà en combinaison, au moins prêts à entrer dans la capsule. Ils se trouvaient peut-être même à l’intérieur et prêts à effectuer la procédure de départ. En cas d’événement incontrôlable, il est possible d’évacuer rapidement la Station. Un scénario extrême pourrait impliquer qu’un débris perce un module, entraînant une perte de pression incontrôlable. Dans ce cas, l’ensemble de l’équipage devrait rentrer sur Terre.

Le principe est que chacun a une place réservée. Ils sont sept à bord de la Station : quatre sont arrivés côté américain avec les capsules Crew Dragon de SpaceX, et trois sont arrivés côté russe avec le Soyouz. Ce vendredi, les deux cosmonautes russes travaillaient sur la fuite, tandis que l’Américain Chris Williams, également arrivé avec eux en Soyouz, était concerné par la mise à l’abri dans le Crew Dragon. La logique était qu’il valait mieux qu’il rentre avec ses compatriotes plutôt que de prendre le risque de ne pas avoir le temps de rejoindre le Soyouz. Cependant, la capsule Dragon n’est jamais partie de la Station.

Pourquoi de telles précautions ? En cas de réparations défaillantes, il pourrait y avoir une fuite majeure. La première option consiste à évacuer le module concerné et à l’isoler, car il existe des sas, permettant à l’équipage de rester en sécurité dans le reste de la Station. Dans le cas d’une décompression explosive, où le module pourrait éclater, une évacuation immédiate serait nécessaire.

Ces procédures d’évacuation sont établies car la sécurité de l’équipage est primordiale. Si l’on comprend qu’il n’est plus possible de préserver la Station sans mettre en danger l’équipage, la solution est d’évacuer l’équipage, et tant pis pour la Station. Cette fois, la procédure a été interrompue, permettant ainsi aux astronautes de revenir dans l’ISS.

Ce genre d’événement s’est-il déjà produit ? Des procédures similaires ont déjà été engagées par le passé. Par exemple, lors d’incertitudes concernant la trajectoire d’un débris relativement important, les astronautes se préparent, s’installent dans les véhicules de départ et attendent jusqu’à ce que le débris soit passé.

De même, ce type de procédure a été observé lors de la deuxième mission de Thomas Pesquet, lorsque le module Nauka a fait tourner la Station sur elle-même à cause de moteurs qui se sont activés involontairement. Les astronautes se sont mis en sécurité dans les véhicules de retour en attendant la résolution du problème. On reste toujours dans un cadre de prudence, à l’instar de ce qui se passe dans un avion lors de l’atterrissage. On met les passagers en position de sécurité, mais cela ne signifie pas que l’avion va s’écraser.