Finales NBA : Filiation en question entre Tony Parker et Victor Wembanyama ?
Victor Wembanyama, âgé de 22 ans, a souligné le rôle majeur joué par David Robinson, Tim Duncan et Manu Ginobili dans sa préparation avant les finales NBA contre les New York Knicks. Tony Parker, ex-meneur de jeu aux quatre bagues de champion NBA, a commencé un stage de préparation avec l’équipe de France U17 en vue de la Coupe du monde de la catégorie, sans assister aux finales des Spurs.
« Nous sommes vraiment dans les meilleures conditions pour réussir ici. Les légendes des Spurs nous soutiennent et nous orientent dans la bonne direction. » Avant le début des finales NBA contre les New York Knicks, Victor Wembanyama (22 ans) a mis en avant l’importance des conseils de David Robinson, Tim Duncan et Manu Ginobili pour l’équipe jeune. Depuis sa draft NBA et son arrivée à San Antonio il y a trois ans, « Wemby » avait eu l’occasion de dîner avec ces trois champions emblématiques.
Le rookie français confiait : « En quelques heures, j’ai appris plus sur la NBA que dans toute ma vie. C’est extrêmement réconfortant de constater à quel point ils sont tous les trois bienveillants et généreux : ils désiraient vraiment partager leur expérience avec moi. » En 2023 comme en 2026, un absent notable se fait ressentir parmi les icônes texanes qui veillent sur leur successeur : l’autre figure clé du « Big Three » de l’époque Duncan-Ginobili, le Français Tony Parker.
« C’est le meilleur joueur NBA, et de loin »
La connexion entre « TP » et « Wemby » semble donc évidente : un talent précoce, un attachement au maillot bleu, une volonté de conquérir rapidement la plus grande ligue de basket au monde, et une entrée commune dans l’univers des Spurs sous la direction de Gregg Popovich. Pourtant, en trois saisons, les occasions de croiser les deux leaders des différentes générations en équipe de France sur la scène publique sont très rares.
Tony Parker a partagé sur Instagram des photos d’une visite de « Wemby » dans sa villa de San Antonio en juillet 2023, trois mois avant une sympathique interview pour le Skweek Show by Tony Parker. On peut aussi évoquer des accolades échangées lors de la demi-finale des JO de Paris 2024 ou lors d’un NBA Paris Game 2025 à Bercy.
On aurait pu s’attendre à une connexion plus forte tout au long de cette fulgurante ascension des Spurs, passant de la 13e place à l’Ouest en 2025 aux finales NBA (match 2 à suivre en direct sur 20 Minutes à 2h30 dans la nuit de vendredi à samedi). Néanmoins, « TP » était ravi d’être interviewé au sujet du phénomène français de 2,24 m des Spurs, jeudi à Lyon.
« Victor est incroyable, c’est phénoménal ce qu’il réalise à son âge. Pour moi, c’est le meilleur joueur NBA, et de loin. Je suis très heureux pour Victor, je suis très fier de lui. Nous nous sommes échangés des messages il y a quelques jours et je lui ai dit : « C’est franchement impressionnant et très inspirant. »
Son absence en play-offs et en Betclic Elite surprend
L’ancien meneur de jeu aux quatre bagues de champion NBA a débuté lundi un stage de préparation avec l’équipe de France U17 en vue de la Coupe du monde de la catégorie, pour sa première expérience en tant qu’entraîneur principal, à 44 ans. C’est pourquoi il ne pourra assister à aucune rencontre des Spurs en finales, douze ans après leur dernier titre remporté avec « TP ».
« Tout le monde du côté des Spurs m’a envoyé des messages pour le match 1 des finales, en me demandant « Tony, tu es où ? « , dit-il en souriant. En tant qu’entraîneur, je ne peux pas me permettre de partir en plein stage. Si je n’avais pas les U17, il va de soi que je serais à San Antonio pour encourager les Spurs avec Tim Duncan, David Robinson et Manu Ginobili. » Certains fans de la franchise regrettent son absence lors des précédents tours des play-offs à l’Ouest, notamment pour l’incroyable match 7 à OKC samedi.
Cependant, Tony Parker avait ce soir-là privilégié la finale de la Ligue des champions PSG-Arsenal à Budapest, où il a fait une apparition remarquée sur le plateau de CBS, accompagné de son ami Thierry Henry. Cette décision a agacé certains fans de l’Asvel, club qu’il préside depuis 2014 et qui a été éliminé par Cholet lors des quarts de finale de Betclic Elite.
« Comme un désamour entre les Spurs et lui »
« Tony restera à jamais le premier basketteur français à avoir remporté un titre NBA, souligne Jean-Patrick Nourricier, président de l’association Spurs Nation France, créée en 2017. J’ai à chaque fois un immense respect pour ce qu’il a accompli, tant pour San Antonio que pour le basket français. Mais de l’extérieur, on a l’impression qu’il y a comme un désamour entre les Spurs et lui. J’étais par exemple surpris qu’il ne soit pas aux côtés de Gregg Popovich lors de son départ à la retraite. »
Au point qu’un fervent supporter des Spurs depuis les années 1990 s’interroge : « Personne parmi les fans des Spurs n’oublie la période du « Big Three », mais la vitesse avec laquelle Victor a propulsé cette équipe en finales est juste « alienesque ». Il y a un vent de fraîcheur, les gens sont emballés. Tony doit-il craindre que son palmarès et ses records soient éclipsés par son cadet, alors que leur brève collaboration à l’Asvel a pris fin prématurément ?
Victor, tout juste champion de France, son seul titre jusqu’alors, a réalisé des finales éreintantes contre Monaco (3-2), auxquelles il n’a pas participé en raison d’une blessure, et celui qu’on ne nommait pas encore « Wemby » a décidé de quitter l’Asvel au bout d’une seule saison. « Je ne comprends pas, s’agaçait alors le président du club villeurbannais. C’est dommage qu’il ne nous donne pas l’opportunité de continuer. Nous avions un projet de deux ans et nous souhaitions tout construire autour de lui. »
Son départ de l’Asvel a été dur à digérer
Frustré par son utilisation par son entraîneur TJ Parker (le petit frère de Tony), dans un rôle de pivot exclusif, et son temps de jeu restreint (9,4 points en moyenne sur 18 minutes), Victor Wembanyama va rejoindre à 18 ans Boulogne-Levallois, alors dirigé par le sélectionneur des Bleus Vincent Collet, en vue de sa saison pré-Draft NBA. Cela va entraîner une médiatisation sans précédent pour cette équipe des Mets (leurs matchs étaient diffusés toute la saison par la NBA !), un stage de pré-saison à Las Vegas, des finales de Betclic Elite et des statistiques impressionnantes pour lui (MVP avec une moyenne de 21,6 points).
De plus, l’impact financier devient colossal en raison du premier choix de Draft 2023 de « Wemby », entraînant une indemnité d’un million de dollars touchée par les Mets et non plus par l’Asvel, ce qui a dû exaspérer « TP ». « Le regret, c’est que je ne sais pas s’il a vraiment progressé cette saison », confiait-il même dans Le Progrès en avril 2023 à propos de celui qui deviendra une star.
Le temps a fait son œuvre, si l’on en juge par la réaction du nouveau sélectionneur des Bleuets interrogé jeudi sur cette période et leur relation actuelle : « Nous avons été champions de France ensemble avec l’Asvel, cela crée forcément des liens. Et le fait qu’il soit ensuite à San Antonio, là où j’ai joué presque vingt ans, a également renforcé notre lien. Tout ce que je souhaite à Victor et à son équipe des Spurs, c’est de remporter un titre. Je suis excité de les voir en finales. »
Parker est « très fier d’avoir inspiré » Wembanyama
Durant les JO de Paris 2024, au micro de Yahoo Sports, Tony Parker avait évoqué son impact sur Victor Wembanyama : « Quand San Antonio l’a drafté en numéro 1, il a posté sur ses réseaux une photo où il portait mon maillot des Spurs alors qu’il avait 10 ans. Il ne m’avait jamais montré cette photo auparavant. Quand je pense à l’inspiration que Michael Jordan a eue sur moi, je suis très fier d’inspirer à mon tour quelqu’un comme lui. »

