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Roland-Garros 2026 : Arnaldi, grosse cote, peut vraiment gagner

Matteo Arnaldi est actuellement classé 104e mondial et a remporté 277 coups gagnants depuis le début du tournoi de Roland-Garros. Marcel Du Coudray, son ancien entraîneur, indique que « Matteo a un goût pour la préparation physique que j’ai rarement vu » et qu’il « veut apprendre sans cesse ».

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

Il avait attiré notre attention il y a deux ans. Son jeu n’était pas exceptionnel, mais il possédait une détermination défensive presque semblable à celle de Nadal, un supplément d’âme qui le poussait à toujours remettre la balle en jeu, et surtout, il était une véritable bête noire pour tout joueur français. Sa mise à l’écart à seulement 24 ans nous avait surpris, mais désormais, alors que Matteo Arnaldi se trouve à deux matchs de remporter Roland-Garros, cela semble évident : ce jeune homme a quelque chose qui peut le mener très loin.

Une douleur persistante au pied

Son endurance physique est remarquable. Arnaldi est sur le point de dépasser le record historique du temps passé sur le court en Grand Chelem, et cela alors qu’il peinait à courir il y a encore six mois à cause d’une fracture du sésamoïde médial du pied droit, une blessure assez pénible. « Ce n’est pas comparable à ce dont souffrait Nadal, c’est plutôt situé sous le pied, précise Marcel Du Coudray, l’entraîneur sud-africain qui a travaillé avec lui ces derniers mois avant leur séparation début avril. Il s’est blessé à Wimbledon l’année dernière, et la douleur est restée ; il n’arrivait même plus à marcher à un moment. »

Il va mieux à Paris, mais selon nos informations, le 104e mondial souffrira probablement encore, à l’instar de Nadal. D’ailleurs, il n’avait presque pas gagné de matchs cette année avant un succès miraculeux au challenger de Cagliari début mai, avec une nouvelle équipe encadrante. Une victoire âprement disputée, à l’image de presque tous ses matchs à Roland, remportés après des combats mémorables et inattendus : demandez à Tiafoe, qui pensait avoir la victoire en main avec une balle de 5-1 au dernier set, avant de finir désemparé. Marcel Du Coudray ajoute :

« Ce qui arrive à Matteo est une surprise, c’est vrai, mais c’est le genre de surprises qu’on peut anticiper dans ce tournoi singulier. Dès qu’il n’a plus eu de problèmes physiques et que l’on a considéré ses qualités sur terre battue… Quand son manager m’a contacté pour me demander de l’entraîner, je lui ai simplement demandé s’il était facile à coacher. Je n’ai pas été déçu, Matteo est prêt à travailler très dur et désire toujours apprendre. »

Ce compliment n’est pas un éloge gratuit. Le coach sud-africain a fait ses preuves en menant Davydenko jusqu’à la 3e place mondiale, et le Russe était réputé sur le circuit pour son éthique de travail. « Matteo a un goût pour la préparation physique que j’ai rarement rencontré, ajoute-t-il. Il apprécie cela, possède des capacités exceptionnelles et une flexibilité incroyable. Pour lui, le temps passé sur le court n’est jamais un souci. »

« Je suis fier du travail que nous avons réalisé ensemble »

Ce fut évident lors de son match contre Berrettini en quarts. Dix minutes pour se mettre en route, le temps de perdre son service deux fois, puis il s’est déplacé comme un Arnaud Clément à son meilleur niveau, si l’on devait le comparer à un joueur français. Impressionnant, tout comme sa capacité à réaliser des coups gagnants en grande quantité, 277 depuis le début du tournoi, largement en tête parmi tous les joueurs, alors qu’on se souvenait d’un joueur dont les coups n’étaient pas très puissants lors de ses débuts.

Marcel Du Coudray et Matteo Arnaldi à Miami en mars dernier.
Marcel Du Coudray et Matteo Arnaldi à Miami en mars dernier. - Instagram / Capture d’écran 20 Minutes

« Paradoxalement, sa blessure lui a permis d’apporter les ajustements techniques nécessaires à son service et à son coup droit, remarque De Coudray. Je suis assez fier du travail que nous avons accompli ensemble. » N’est-il pas un peu frustré de ne pas bénéficier de cette ascension, lui qui a été « remercié » juste avant qu’Arnaldi ne commence à enchaîner les victoires ?

L’entraîneur sud-africain admet qu’il reçoit des taquineries de la part de ses amis ces deux ou trois derniers jours, sur le ton de « T’es sûr que tu ne peux pas récupérer une part de ses gains ? » Mais il affirme qu’il parvient à bien dormir la nuit : « Chaque relation d’entraînement a une fin, chaque entraîneur apporte une pièce au puzzle. Je suis un peu triste de ne pas être à Paris, mais je suis aussi très heureux pour lui », déclare-t-il avec sportivité.

Un potentiel vainqueur ?

En réalité, c’était la première fois qu’Arnaldi sortait de son environnement italien en choisissant un entraîneur étranger, ce qui a créé un problème que De Coudray n’avait pas prévu. « Il n’était pas très à l’aise en anglais, et Matteo est de nature anxieuse, raconte ce dernier. Il a besoin de pouvoir communiquer pendant les matchs, et avec moi, il passait trop de temps à réfléchir à ce qu’il devait me dire ou à comprendre mes réponses, ce qui était trop stressant pour lui. »

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Le futur adversaire de Cobolli a résolu ce problème en se (re)tournant vers une équipe entièrement italienne, mais Marcel Du Coudray considère-t-il ce facteur « stress » comme un obstacle mental insurmontable d’ici dimanche ? « Je n’ai pas de boule de cristal, mais je crois vraiment que Matteo peut gagner Roland. Pour moi, les quatre demi-finalistes sont sur le même pied d’égalité, je ne considère pas Zverev comme le grand favori. Et quand tu as confiance en toi comme Matteo, tout est possible. » On n’est pas loin de partager son avis.