Roland-Garros : le tennis ne sert pas seulement le sport.
Roland-Garros commercialise près de 125.000 packages hospitalités, quasiment tous vendus chaque année. Les packages destinés aux marques et entreprises rapportent à la Fédération française de tennis 20% du chiffre d’affaires du tournoi, estimé à 400 millions d’euros cette année.
Comme sur la terre battue, dans les salons feutrés de Roland-Garros, les échanges de cartes de visite et de contrats sont fréquents, tout comme le renvoi de balle. Le tournoi dispose de 50 espaces d’hospitalité : des zones VIP situées autour des courts principaux, au cœur des Jardins des Serres d’Auteuil et le long des grandes allées du stade. Ces espaces permettent d’associer billets et restauration pour les échanges professionnels. Gradins et milieu d’affaires s’y côtoient.
Le tennis est donc aussi un outil pour le business, qui représente environ 20 % du chiffre d’affaires du tournoi. Bien sûr, cette pratique n’est pas exclusive au tennis, mais Roland-Garros possède un attrait que d’autres événements n’ont pas, ce qui se reflète dans les tarifs.
Roland-Garros : une image forte et porteuse
Roland-Garros bénéficie d’une image puissante : un tournoi printanier à Paris, où le luxe et la gastronomie se rencontrent, symbolisant le tennis au service des affaires dans une ambiance détendue. Une journée à Roland-Garros dure entre 6 et 8 heures. Les invités ne restent pas assis, mais circulent entre les courts, les restaurants, les salons et les boutiques. Les pauses entre les matchs et les changements de côté facilitent les échanges. Les entreprises y invitent des clients ou partenaires pour renforcer leurs relations ou envisager de nouvelles collaborations, moyennant un coût. Sur le site de Roland-Garros, 80 % des forfaits sont proposés à des prix allant de 300 à 3 655 euros par personne.
Les marques achètent des billets, privatisent des salons, louent des loges et invitent des partenaires à déjeuner ou à un cocktail. Environ 125 000 forfaits d’hospitalité sont proposés par le tournoi chaque année, quasiment tous vendus.
Un cinquième du chiffre d’affaires du tournoi
Ces forfaits destinés aux marques et entreprises génèrent également des revenus pour la Fédération française de tennis : ils représentent 20 % du chiffre d’affaires du tournoi, estimé à 400 millions d’euros cette année. La FFT embrasse pleinement ce modèle, soutenant que ces revenus générés par les hospitalités sont devenus cruciaux pour l’équilibre économique du tournoi. Le directeur commercial affirme qu’ils permettent de proposer des billets à des prix « attractifs » pour le grand public.
Il convient également de noter que ce commerce a un revers, plutôt inattendu : des tribunes vides, à l’exception des week-ends de finale. Les places inoccupées sont aussi dues à la durée prolongée de l’événement : lors d’une présence de huit heures, les invités passent par la boutique, prennent une coupe de Champagne, s’isolent pour discuter affaires et ne peuvent pas entrer et sortir des courts librement (uniquement pendant les changements de côté). En somme, à Paris, le tennis est un sport d’échanges.

