Franck Vandenbroucke dénonce l’hypocrisie de la N-VA, le MR et Anders sur le statut BIMÂ
La ministre Eléonore Simonet (MR) a été invitée à entreprendre des démarches pour bénéficier de l’intervention majorée dans le remboursement de ses soins de santé, malgré des revenus jugés trop élevés pour recevoir un tel statut. Frank Vandenbroucke a déclaré que l’exploitation de cette affaire est abusive et a souligné que les données fiscales des députés ne sont pas utilisées par les mutualités pour envoyer ce genre de courrier.
Interrogée mercredi sur Bel-RTL, la ministre Eléonore Simonet (MR) a critiqué la manière dont les mutualités contactent leurs affiliés pour les inciter à demander l’intervention majoritaire dans le remboursement de leurs soins de santé. Elle a présenté un courrier l’exhortant, selon ses propos, à entamer les démarches nécessaires alors que, en tant que ministre, ses revenus sont manifestement trop élevés pour bénéficier d’un tel statut.
Cette affaire a suscité beaucoup de réactions, mais, selon le ministre Frank Vandenbroucke, interrogé par les députés Alexia Bertrand (Anders), Frieda Gijbels (N-VA) et Daniel Bacquelaine (MR), l’exploitation de cette situation est abusive. Le courrier envoyé est basé sur les revenus connus du fisc, qui, dans ce cas, concernent les revenus de 2024. À cette époque, Mme Simonet était avocate stagiaire et vient d’être élue députée régionale en juin. Or, les revenus des députés ne sont pas pris en compte dans les données fiscales utilisées par les mutualités pour envoyer ce genre de courrier.
« C’est simple comme bonjour », a déclaré Frank Vandenbroucke, ministre fédéral de la Santé. « Si c’est tellement scandaleux que Mme Simonet se soit vu proposer le statut BIM, que faut-il faire ? Il faut accepter ma proposition : utiliser toutes les bases de données disponibles pour garantir que toutes les personnes qui en ont besoin bénéficient de l’intervention majorée, et celles qui n’y ont pas droit, n’en bénéficient pas. Les trois partis qui se manifestent ici sont les trois partis qui empêchent cette solution », a-t-il souligné.
De plus, avant d’accorder une telle demande, la mutualité effectue un examen des revenus de l’affilié, a rappelé le ministre. Bien accueilli par les partis de gauche, le ministre n’a pas hésité à accuser les trois députés d’« hypocrisie ».
Les intéressés n’ont pas apprécié cette remarque. Mme Bertrand a reproché au ministre socialiste de profiter de ce problème des BIM pour imposer un cadastre des fortunes. « Vous avez utilisé votre temps de parole pour calomnier une collègue sans répondre à nos questions. Vous n’avez pas plus de déontologie que les mutualités », a déclaré M. Bacquelaine.
À la fin de la séance, alors que la Chambre s’apprêtait à voter une motion à la suite d’une interpellation adressée au ministre – une formalité -, le chef de groupe MR, Benoît Piedboeuf, a pris la parole. « Nous allons voter la motion, mais nous avons hésité. La question méritait au moins une réponse technique et argumentée. Au lieu de cela, nous avons eu des attaques personnelles (“scandaleuse”, a ajouté Denis Ducarme) contre l’une de nos collègues. On s’attendait à beaucoup mieux », a-t-il exprimé.
Mme Simonet a également reproché à M. Vandenbroucke de « détourner l’attention par des attaques personnelles ». « Il serait plus utile d’apporter des réponses concrètes aux questions légitimes sur l’octroi et la gestion du statut BIM », a-t-elle déclaré. Concernant le courrier en question, la ministre libérale a affirmé : « La démarche proactive menée par les mutuelles doit pouvoir être contestée, d’autant plus lorsque l’on ne remplit objectivement pas les conditions requises pour bénéficier de ce statut ».

