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Que révèle l’appel tendu entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou ?

Le président des États-Unis, Donald Trump, a eu un appel avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, il y a quelques jours, ce qui semble traduire une certaine discorde entre les deux pays concernant la situation au Moyen-Orient. Selon François Gemenne, « il n’y a plus désormais qu’un tiers des jeunes juifs américains qui se définissent comme sionistes ».


Le ton a récemment monté entre le président des États-Unis, Donald Trump, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, lors d’un appel téléphonique. Cet échange semble illustrer une certaine discordance entre les deux nations, particulièrement concernant la situation au Moyen-Orient.

Dans le podcast Pod Force One, le président américain a expliqué qu’il était agacé par la poursuite des combats d’Israël au Liban. Avant cet appel, l’armée israélienne prévoyait de bombarder Beyrouth, ce qui aurait accru les tensions entre les États-Unis et l’Iran, ce dernier utilisant le conflit pour exercer une pression dans ses négociations avec Washington.

En février 2026, les États-Unis et Israël avaient mené des attaques en Iran, poussant ce pays à fermer le détroit d’Ormuz, essentiel pour le transit d’une part significative de l’énergie pétrolière mondiale. Aujourd’hui, ce détroit est utilisé comme moyen de pression contre Trump et les États-Unis, qui en dépendent partiellement. Pour Pauline Simonet, « Donald Trump veut absolument tenter de signer cet accord avec l’Iran. Il a compris que l’Iran veut absolument mêler les deux questions, justement, pour obtenir cet accord avec Donald Trump. »

Cet appel intervient également dans un contexte d’impopularité croissante de l’intervention militaire américaine au Moyen-Orient : « Quand on regarde les sondages d’opinion, de plus en plus, la population américaine se détache d’Israël. Et ça, c’est un point d’inflexion fondamental. Il n’y a plus désormais qu’un tiers des jeunes juifs américains qui se définissent comme sionistes, par exemple. Encore récemment, le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, a zappé la parade en soutien à l’État d’Israël », explique François Gemenne, ajoutant que « démocrates et républicains américains ne sont plus unis dans un soutien indéfectible à Israël ». À l’approche des élections de mi-mandat, Donald Trump « ne sait pas, d’une certaine manière, comment se dépêtrer de cette situation ». Cet appel pourrait donc être une façon pour le président américain de montrer qu’il se démarque un peu du Premier ministre israélien.

L’inflation croissante aux États-Unis ne laisse également « pas trop le choix » au président. Selon François Gemenne, « il va bien falloir effectivement pour des raisons strictement économiques et pour éviter une spirale inflationniste, notamment sur les prix de l’alimentation, […] un apaisement au Moyen-Orient ».

La situation pourrait se tendre pour Israël, fragilisant son alliance avec les États-Unis, un allié qu’il considérait jusqu’alors inébranlable. Alors qu’il y a quelques années, le soutien des pays occidentaux à Israël était majoritaire, ce soutien apparaît désormais fragile. François Gemenne note que « des positions qui étaient jadis uniquement portées par des pays comme l’Irlande ou comme l’Espagne sont désormais rejointes par des pays comme la France, l’Italie ou la Pologne ». Il ajoute que « Israël a beau obtenir des victoires militaires indéniables à Gaza ou au Liban, il perd durablement la guerre de communication et la guerre d’image. Et effectivement je crains que ces succès militaires traduisent aussi des défaites considérables dans la guerre de l’opinion. Et ça, c’est une guerre qu’Israël a durablement perdue ».

Selon Pauline Simonet, un appel entre Trump et le président français, Emmanuel Macron, peu avant l’appel avec Netanyahou, aurait incité Trump à utiliser des termes forts : « Il y a eu un appel, un appel assez long entre le président français et son homologue américain. Et puis cet appel avec Benjamin Netanyahou, effectivement […] où il dit à Benjamin Netanyahou, cette phrase aussi […] ‘le monde te déteste et le monde déteste Israël à cause de toi’. […] C’est une phrase que l’Élysée aurait soufflée à l’oreille de Donald Trump en insistant sur le fait que, non seulement c’est mauvais pour les États-Unis, mais c’est mauvais globalement pour Israël, tout ce qui est fait au Liban ».

Ces tensions pourraient-elles mener à un apaisement des conflits au Moyen-Orient ? Pauline Simonet invite à éviter des conclusions hâtives : « Je vois plutôt une zone grise, une espèce de cessez-le-feu […] qui va être brisé régulièrement sur le long terme, maintenant au Moyen-Orient, puisque l’Iran a découvert ce secret du détroit d’Ormuz où il peut nuire au pays du Golfe. Donc on va avoir une zone grise pendant un bon moment. Mais la guerre de haute intensité, ça paraît compliqué un retour de cette guerre-là pour les deux parties ».

► Écoutez ci-dessus l’intégralité de ce débat dans le podcast de Matin Première.